Benoît XVI au Liban : un « nouveau départ » pour la nation

Chrétiens et musulmans unis pour répandre son « message fraternel »

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Robert Cheaib
Traduction d’Océane Le Gall

ROME, jeudi 27 septembre 2012 (ZENIT.org) – A la suite de la visite de Benoît XVI au Liban, les chefs religieux musulmans et chrétiens du territoire confirment leur engagement à « répandre le message fraternel » que le pape leur a laissé, à « développer son contenu » dans les familles, les écoles et la société. Selon eux, c’est un « nouveau départ » pour la nation.

Tous les chefs des communautés religieuses locales étaient en effet présents au sommet islamo-chrétien que le patriarcat de l’Eglise maronite au Liban à Bkerké avait organisé, le 24 septembre 2012, pour faire un point sur la situation régionale et mesurer en même temps les effets et les défis de la visite historique du pape sur leur territoire (14-16 septembre 2012).

Dans un communiqué commun publié à l’issue de la rencontre, les chefs religieux se disent satisfaits des paroles prononcées par le pape et affirment leur engagement à « œuvrer ensemble pour diffuser ce texte auprès des Libanais et le transmettre aux chefs communautaires des pays environnants ». Pour eux, la visite du pape constitue « un nouveau point de départ pour la nation ».  

La rencontre réunissait, côté musulman : le grand mufti de la République libanaise le cheikh Muhammad Rachid Qabbani, représentant les sunnites, le vice-président du Conseil suprême islamique chiite, l’imam Abd el-Amir Qabalan, représentant les chiites, le cheikh Naïm Hassan, chef spirituel des druzes, et le président du Conseil islamique Alawite, le cheikh Assad Assi.

Côté chrétien, les personnalités religieuses étaient : le catholicos des arméniens orthodoxes, Aram I Chechechyan, le patriarche de l’Eglise syrienne orthodoxe, Mar Ignatius Youssef III Younan, le président de la communauté évangélique au Liban et en Syrie, le pasteur Salim Sahyouny, ainsi que d’autres évêques représentant les différentes communautés chrétiennes du Liban.

Dans leur communiqué final, les chefs religieux apprécient notamment que le pape « malgré la fragilité des équilibres internes et les craintes d’une possible contagion de la part du conflit syrien » ait rappelé à tous que « le Liban est avant tout un espace d’interaction et de dialogue autour d’une civilisation de paix et de diversité dans l’unité, et non une scène de discorde ».

Cela est, disent-ils, le signe que le Successeur de Pierre « continue à considérer le Liban comme porteur d’un message historique au monde entier, surtout en ce qui concerne le dialogue des civilisations et des religions ».

A propos de l’exhortation apostolique post-synodale remise aux évêques du Proche-Orient, les dignitaires religieux ont dit « approuver » ses contenus, estimant que l’insistance du pape sur « la nécessité d’une bonne cohabitation entre les cultures et les religions » est « signe d’une confiance renouvelée en la mission du Liban déjà réaffirmée par le bienheureux Jean-Paul II » lors de sa visite apostolique au Liban en 1997.

En écho aux paroles du pape qui a appelé les jeunes à ne pas céder à la tentation de goûter « au miel amer de l’immigration », les responsables religieux ont exhorté les libanais à rester sur leur terre et à ne pas se laisser entraîner par « la vague d’immigration qui appauvrit le Levant et le prive de ses meilleurs enfants et de ses meilleurs forces dynamiques, qui affaiblit le tissu national libanais, mettant en danger l’identité de la République ».

Les responsables religieux libanais, dans leur communiqué final, condamnent par ailleurs à l’unanimité le film « The Innocence of Muslims » dont la bande annonce a été mise en ligne sur Youtube, reconnaissant qu’« une attaque contre n’importe quelle confession constitue une attaque contre toutes les religions ».

Ils dénoncent également  les réactions violentes qui « ont fait des victimes innocentes et qui ont été dirigées contre les chrétiens et des lieux de culte dans certains pays ».

La visite de Benoît XVI au Liban a été longuement préparée par les chrétiens du Liban. Les évêques maronites, quelques jours avant, avaient souhaité qu’elle soit « un véritable printemps arabe », semant la paix, le partage et le respect de l’autre.

Numériquement, la participation à la visite a été très forte, réunissant une bonne partie de la société libanaise, dont des représentants des communautés islamiques et chrétiennes. Les échos qui l’ont suivie sont très positifs tant dans la presse laïque, que de la part des divers chefs religieux catholiques, orthodoxes et musulmans.