Benoît XVI avant Pâques au Mexique et à Cuba

Solennité de Notre Dame de Guadalupe à Saint-Pierre

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ROME, lundi 12 décembre 2011 (ZENIT.org) – Benoît XVI se rendra, avant Pâques – en mars ?- , au Mexique et à Cuba : le pape l’a annoncé pendant son homélie de la messe pour le bicentenaire de l’indépendance des peuples d’Amérique latine, célébrée en la solennité de la Vierge de Guadalupe, ce lundi 12 décembre, à Saint-Pierre.

Misa Criolla, rythmes latino-américains, et liturgie romaine, se sont épousés pour célébrer l’Impératrice du continent américain, celle que l’hymne final chantait : « Vierge de Guadalupe, Etoile du matin, yeux noirs et peau sombre, ma petite Vierge américaine. Protectrice des pauvres, creuset de toutes les races, tu as transformé notre peuple en continent de l’espérance ».

Nouvelle évangélisation, mission du pape

Tous les peuples étaient représentés par les drapeaux de leurs pays, qui ont fait leur entrée solennelle à Saint-Pierre, portés par des jeunes, qui sont cette espérance du continent.

Et c’est sous le signe de l’espérance aussi que Benoît XVI a annoncé son voyage en disant : « Avec ces vifs désirs, et soutenus par l’aide de la Providence divine, j’ai l’intention d’entreprendre un voyage apostolique avant la sainte Pâque, au Mexique et à Cuba, pour y proclamer…”.

La basilique vaticane jusqu’ici silencieuse n’a pu retenir un tonnerre d’applaudissements et Benoît XVI a laissé l’assemblée manifester son ethousiasme avant de reprendre: “Pour y proclamer la Parole du Christ et afin que se consolide la conviction que ce temps est précieux pour évangéliser avec une foi solide, une espérance vive, et une charité ardente.”

Car la nouvelle évangélisation, le pape l’a rappelé, a été évoquée pour la première fois par Jean-Paul II justement à propos de ce continent.

“Quand l’Eglise se préparait à rappeler le 5e centenaire de la plantation de Croix du Christ dans la bonne terre du continent américain, le bienheureux Jean-Paul II a formulé sur son sol, pour la prmeière fois, le programme d’une évangélisation nouvelle “dans son ardeur, ses méthodes, son expression” (Discours à l’Assemblée du CELAM, 9 mars 1983, AAS 75, 1983, 778)”.

Par ce voyage, Benoît XVI exprime sa volonté de prendre part lui aussi à cette évangélisation “nouvelle” dont Jean-Paul II disait, dans le même discours, que ce n’est pas une “ré-évangélisation”.

“Depuis ma responsabilité de confirmer dans la foi, a expliqué Benoît XVI, je désire moi aussi stimuler l’élan apostolique que promeut et soutient la “mission continentale” lancée à Aparecida, afin que “la foi chrétienne irrigue plus profondément le coeur des personnes et des peuples latino-américains, en tant qu’événement fondateur et rencontre vivifiante avec le Christ” (Ve Conférence générale de l’épiscopat latino-américain et des Caraïbes, Document conclusif, 13)”.

Vocation à l’espérance

Le pape affirme la vocation du continent à l’espérance: “C’est ainsi que se multiplieront les authentiques disciples et misisonnaires du Seigneur, et que se renouvellera la vocation de l’Amérique latine et des Caraïbes à l’espérance”.

Benoît XVI a formulé le voeu “que la lumière de Dieu brille toujours davantage sur le visage de chacun des enfants de cette terre bien-aimée et que sa grâce rédemptrice oriente leurs décisions pour qu’ils continuent d’avancer sans défaillir pour la construction d’une société cimentée par le développement du bien et le triomphe de l’amour et la diffusion de la justice.”

Justice, bien commun… le pape invite à l’espérance tout en énumérant les défis qui attendent encore ce continent en phase, dit-il “d’intégration”, et “d’émergence” dans le “concert” des Nations.

Premiers défis, la défense de la vie humaine et de la paix : “Il est important que ses différents peuples sauvegardent leur riche trésor de foi et leur dynamisme historique et culturel en étant toujours des défenseurs de la vie humaine de sa conception jusqu’à sa fin naturelle et des promoteurs de la paix”.

Deuxièmes défis, la famille et l’éducation: “Ils doivent également protéger la famille dans sa nature authentique et sa mission, en intensifiant en même temps une vaste tâche éducative capillaire qui préparer droitement les personnes et les rendent conscientes de leurs capacités de façon à ce qu’elles affrontent leur destin de façon digne et responsable.”

Réconciliation et fraternité

Telles sont les prémisses àpour affronter  tous les autres défis sociaux et politiques, de la protection de la Création à la lutte contre la drogue, la corruption oula criminalité: “Vous êtes aussi appelés à promouvoir de plus en plus des initiatives judicieuses et des programmes efficaces pour favoriser la réconciliation et la fraternité, augmenter la solidarité et la protection de l’environnement, en fortifiant en même temps les efforts pour surmonter la misère, l’analphabétisme, et la corruption, et à éradiquer toute injustice, toute violence, la criminalité, l’insécurité des villes, le trafic de drogue et l’extorsion”.

Le pape a confié tous ces projets à la “médiation amoureuse de Sainte Marie de Guadalupe, notre mère du Ciel, ainsi que le destin actuel des nations latino-américaines et des Caraïbes sur le chemin qu’elles parcourent vers un “matin meilleur”.”

Pour la nouvelle évangélisation, le pape a aussi invoqué les nombreux “saints et de bienheureux que l’Esprit a suscités  tout au long de l’histoire de ce continent” et qui ont offert “des modèles héroïques de vertus chrétiennes dans la diversité des états de vie, et de milieux sociaux”, afin que “leur exemple favorise toujours davantage une nouvelle évangélisation sous le regard du Christ, Sauveur de l’homme et force de la vie de celui-ci.”

L’hymne final chantait encore : « Juan Diego ne s’explique pas comment il a pu se faire que la Reine des cieux soit venue nous rendre visite : il a pleuré, l’Indien, et le rosier a fleuri, Dieu lui a donné une mère, de la même couleur que lui. Désormais l’Indien et l’Espagnol ne sont plus ennemis, par sa grâce la Vierge les a unis. Et tout au long des siècles, elle dure la foi de l’Amérique qui crie, qui veut renaître ».

Anita S. Bourdin