Benoît XVI confirme son secrétaire d'Etat dans ses fonctions

Et le défend contre des « critiques injustes »

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Anne Kurian

ROME, mercredi 4 juillet 2012 (ZENIT.org) – Benoît XVI confirme dans ses fonctions son secrétaire d’Etat, le cardinal Tarcisio Bertone, dans une lettre du 2 juillet 2012.

La veille de son départ pour Castelgandolfo, sa résidence d’été, Benoît XVI a en effet pris la plume pour manifester sa « confiance » au cardinal Bertone : « Ayant noté avec amertume les critiques injustes émises contre votre personne, j’entends vous renouveler le témoignage de ma confiance personnelle », écrit-il.

Le cardinal Bertone, Salésien de don Bosco, est âgé de 77 ans: il est né le 2 décembre 1934. Le pape Benoît XVI aurait pu accepter sa démission en 2010, lorsqu'il a franchi la limite d'âge canonique de 75 ans pour l'exercice d'une charge épiscopale. Au contraire, Benoît XVI lui avait confirmé sa confiance, dans une lettre publiée le 22 janvier 2010 dans L'Osservatore Romano.

La même année, dans un seconde lettre, du 6 juillet, le pape adressait ses voeux à son secrétaire d'Etat pour son jubilé sacerdotal.

Le pape réitère aujourd'hui sa confiance et plus encore, il défend explicitement son secrétaire d'Etat contre les critiques dont il a fait l'objet ces derniers mois.

Il confirme que le contenu de la lettre écrite le 15 janvier 2010, reste « inchangé ». Dans cette même lettre, Benoît XVI avait rendu hommage à la « compétence », au « dévouement », à la « fine sensibilité », et à l'« humanitas » de celui qui a été également son bras droit à la Congrégation pour la doctrine de la foi.

Le pape exprime maintenant à nouveau sa « profonde reconnaissance » pour la « proximité discrète » et pour le « conseil éclairé » du cardinal : cela a été pour lui « une aide particulière ces derniers mois », confie-t-il.

Ces derniers mois en effet, le Vatican a été secoué notamment par l’affaire rebaptisée "Vatileaks": la publication en Italie de documents réservés du Vatican à la télévision, dans un quotidien et dans un livre.

L’ancien majordome du pape, Paolo Gabriele, trouvé en possession de nombreux documents, est incarcéré au Vatican depuis le 23 mai 2012.

La phase d’instruction de l’enquête avance et pourrait bientôt se terminer, selon le P. Lombardi, porte-parole du Saint-Siège.

Par ailleurs, le cardinal Julián Herranz, président de la Commission de trois cardinaux chargés d'enquêter parallèlement à la justice vaticane, a promis des « surprises », estimant que son travail porte du fruit grâce à la « collaboration de tous ».

Le cardinal Bertone a été mis en cause dans les médias. Il avait lui-même confié qu’il vivait ces évènements « avec douleur » mais qu’ils étaient aussi une occasion « d'unité et de cohésion » pour l’Eglise et la Curie romaine.