Benoît XVI demande de garantir les droits et les devoirs à la base de la cohabitation

L’Italie et la Roumanie secouées à la suite d’un tragique fait divers

| 1791 clics

ROME, Dimanche 4 novembre 2007 (ZENIT.org) – Benoît XVI a rappelé les conditions de la rencontre entre les peuples, dans son allocution en italien, après l’angélus du dimanche : il faut « garantir les droits et les devoirs fondant la cohabitation ».



« Je souhaite, disait Benoît XVI, que les relations entre populations migrantes et populations locales adviennent dans l’esprit de haute exigence morale de civisme, qui est le fruit des valeurs spirituelles et culturelles de tout peuple et de tout pays ».

« Que ceux qui ont la responsabilité de la sécurité et de l’accueil sachent faire usage des moyens aptes à garantir les droits et les devoirs qui sont au fondement de toute véritable cohabitation et de toute rencontre entre les peuples », a ajouté le pape sans faire d’allusion spécifique à l’Italie.

Or, l’Italie et la Roumanie ont été secouées, par l’agression, mardi soir, à Rome, d’une femme de 47 ans, Giovanna Reggiani, épouse d’un capitaine de vaisseau. Elle a été attaquée sur le chemin menant de la gare locale à son immeuble dans une banlieue du Nord de la ville. Selon une femme roumaine qui a alerté la police, l’auteur de cette agression mortelle serait un jeune roumain. Après quelques heures de coma, Giovanna Reggiani est décédée.

Ses funérailles ont été retransmises en direct par la télévision roumaine. Une messe a été célébrée à Bucarest à sa mémoire et des messages de condoléances sont arrivés de Roumanie. Mais à Rome, une bande cagoulée a passé à tabac un groupe de Roumains sur un parking de supermarché, et des inscriptions xénophobes sont apparues sur les murs de la capitale.

La communauté roumaine – tziganes et non-tziganes confondus - est la première communauté d’immigrés en Italie, selon un récent rapport de la Caritas italienne, sur 3,7 millions d'étrangers vivant sur la péninsule.

La Caritas évalue leur nombre à 556.000, un chiffre en augmentation depuis janvier 2007 avec l’entrée de la Roumanie dans l’Union européenne.

Selon les statistiques de la police italienne, les Roumains seraient les premiers en termes de criminalité: en 2006, ils représentaient 15,4% des étrangers accusés de meurtre, de violence sexuelle et de vols.

La police a procédé à l’abattement des bidonvilles où ces populations vivaient à Rome, le long du Tibre et de son affluent l’Aniene, dans des baraquements de fortune, sans eau ni électricité. Les rondes et les contrôles d’identité se sont multipliés.

Le gouvernement a procédé à des expulsions et soumet au Parlement un décret pour un renforcement des mesures de sécurité.