Benoît XVI encourage la réflexion théologique des femmes

Hildegarde de Bingen : sagesse spirituelle et sainteté de sa vie

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ROME, Mercredi 8 septembre 2010 (ZENIT.org) - Le pape Benoît XVI encourage la participation des chrétiennes à la réflexion théologique.

Le pape a en effet commencé la semaine dernière une nouvelle série de catéchèses pour présenter des femmes dont le témoignage a marqué l'histoire de l'Eglise au Moyen Age.

Benoît XVI a mis en valeur la « sagesse spirituelle et la sainteté de la vie » de sainte Hildegarde de Bingen (XIIe s.), à laquelle il a consacré une deuxième catéchèse, ce mercredi matin, en la salle Paul VI du Vatican (cf. Ci-dessous, Documents, pour le texte intégral).

Le pape a souligné l'enseignement théologique de la sainte : « Les visions mystiques d'Hildegarde sont riches de contenus théologiques. Elles font référence aux événements principaux de l'histoire du salut, et adoptent un langage principalement poétique et symbolique »

Benoît XVI insiste sur la contribution des chrétiennes à la réflexion théologique : « La théologie peut également recevoir une contribution particulière des femmes, car elles sont capables de parler de Dieu et des mystères de la foi à travers leur intelligence et leur sensibilité particulières ».

« J'encourage donc toutes celles qui accomplissent ce service à l'accomplir avec un profond esprit ecclésial, en nourrissant leur réflexion à la prière et en puisant à la grande richesse, encore en partie inexplorée, de la tradition mystique médiévale, surtout celle représentée par des modèles lumineux, comme le fut précisément Hildegarde de Bingen », a demandé Benoît XVI.

Le pape a ensuite cité d'autres œuvres de sainte Hildegarde, soulignant l'apport des monastères féminins du Moyen Age : « Hildegarde manifeste la versatilité des intérêts et la vivacité culturelle des monastères féminins du Moyen âge, à contre-courant des préjugés qui pèsent encore sur l'époque. Hildegarde s'occupa de médecine et de sciences naturelles, ainsi que de musique, étant dotée de talent artistique. Elle composa aussi des hymnes, des antiennes et des chants, réunis sous le titre de Symphonia Harmoniae Caelestium Revelationum (Symphonie de l'harmonie des révélations célestes), qui étaient joyeusement interprétés dans ses monastères, diffusant un climat de sérénité, et qui sont également parvenus jusqu'à nous. Pour elle, la création tout entière est une symphonie de l'Esprit Saint, qui est en soi joie et jubilation ».

Le pape souligne aussi la « popularité » dont Hildegarde était entourée ce qui la poussa à entretenir une grande correspondance.

Elle interpellait aussi les grands de son temps : « Lorsque l'empereur Frédéric Barberousse fut à l'origine d'un schisme ecclésial opposant trois antipapes au Pape légitime Alexandre III, Hildegarde, inspirée par ses visions, n'hésita pas à lui rappeler qu'il était lui aussi sujet au jugement de Dieu. Avec l'audace qui caractérise chaque prophète, elle écrivit à l'empereur ces mots de la part de Dieu : « Attention, attention à cette mauvaise conduite des impies qui me méprisent ! Prête-moi attention, ô roi, si tu veux vivre ! Autrement mon épée te transpercera ! ».

Pour sainte Hildegarde, souligne en outre le pape, « le véritable renouvellement de la communauté ecclésiale ne s'obtient pas tant avec le changement des structures, qu'avec un esprit de pénitence sincère et un chemin actif de conversion ».

Le pape souligne l'actualité de ce message : « Il s'agit là d'un message que nous ne devrions jamais oublier. Invoquons toujours l'Esprit Saint afin qu'il suscite dans l'Eglise des femmes saintes et courageuses, comme sainte Hildegarde de Bingen, qui, en valorisant les dons reçus par Dieu, apportent leur contribution précieuse et spécifique à la croissance spirituelle de nos communautés ! »

Anita S. Bourdin