Benoît XVI évoque Ignace d’Antioche, le « Docteur de l’Unité »

Audience du mercredi

| 1948 clics

ROME, Mercredi 14 mars 2007 (ZENIT.org) – Benoît XVI a évoqué la figure d’Ignace d’Antioche, disciple de saint Jean et « Docteur de l’Unité », au cours de l’audience du mercredi, place Saint-Pierre, sous le soleil et en présence de quelque 25.000 visiteurs.



Le pape a poursuivi ses catéchèses sur la communion dans l’Eglise, commencée par les figures des apôtres et de leurs collaborateurs, puis continuée, la semaine dernière, par les pères de l’époque apostolique comme saint Clément.

« Comme nous l'avons déjà fait mercredi, nous parlons des personnalités de l'Eglise naissante. La semaine dernière, nous avons parlé du pape Clément Ier, troisième successeur de saint Pierre », rappelait le pape.

« Aujourd'hui, annonçait-il, nous parlons de saint Ignace, qui a été le troisième évêque d'Antioche, de 70 à 107, date de son martyre. A cette époque, Rome, Alexandrie et Antioche étaient les trois grandes métropoles de l'empire romain. Le Concile de Nicée parle de trois ‘primats’ : celui de Rome, mais Alexandrie et Antioche participent également, d'une certaine manière, à un ‘primat’. Saint Ignace était évêque d'Antioche, qui se trouve aujourd'hui en Turquie. Là, à Antioche, comme nous l'apprenons des Actes des Apôtres, se développa une communauté chrétienne florissante : le premier évêque fut l'apôtre Pierre — c'est ce que nous rapporte la tradition — et là, ‘pour la première fois, les disciples reçurent le nom de chrétiens’ ».

Pour ce qui est de la vie de saint Ignace, Benoît XVI précisait: « Eusèbe de Césarée, un historien du IVe siècle, consacre un chapitre entier de son Histoire ecclésiastique à la vie et à l'œuvre littéraire d'Ignace (3, 36). ‘De Syrie’, écrit-il, ‘Ignace fut envoyé à Rome pour être livré en pâture aux bêtes sauvages, à cause du témoignage qu'il avait rendu du Christ. En accomplissant son voyage à travers l'Asie, sous la surveillance sévère des gardes’ (qu'il appelle les « dix léopards » dans sa Lettre aux Romains, 5, 1), ‘dans toutes les villes où il s'arrêtait, à travers des prédications et des avertissements, il renforçait les Eglises ; et surtout, il exhortait, avec la plus grande vigueur, à se garder des hérésies, qui commençaient alors à se multiplier, et recommandait de ne pas se détacher de la tradition apostolique’ ».

Benoît XVI rappelait les étapes du dernier voyage de l’évêque d’Antioche ne ces termes : « La première étape du voyage d'Ignace vers le martyre fut la ville de Smyrne, où était évêque saint Polycarpe, disciple de saint Jean. Ici, Ignace écrivit quatre lettres, respectivement aux Eglises d'Ephèse, de Magnésie, de Tralles et de Rome. ‘Parti de Smyrne’, poursuit Eusèbe ‘Ignace arriva à Troade, et de là, envoya de nouvelles lettres : deux aux Eglises de Philadelphie et de Smyrne, et une à l'évêque Polycarpe. Eusèbe complète ainsi la liste des lettres’, qui nous sont parvenues de l'Eglise du premier siècle comme un trésor précieux. En lisant ces textes, on sent la fraîcheur de la foi de la génération qui avait encore connu les Apôtres. On perçoit également dans ces lettres l'amour ardent d'un saint. Enfin, de Troade, le martyr arriva à Rome où, dans l'amphithéâtre Flavien, il fut livré aux bêtes féroces ».