Benoît XVI exhorte à « persévérer » au service des Eglises d'Orient

Et lance un appel « pressant et douloureux » pour la Syrie

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Anne Kurian

ROME, jeudi 21 juin 2012 (ZENIT.org) – « Persévérer » : tel est le mot d’ordre de Benoît XVI aux participants de l’assemblée de la Roaco, devant lesquels il a exprimé un appel « pressant et douloureux » pour la Syrie.

La 85e assemblée de la Réunion des Œuvres d’Aide aux Eglises Orientales (Roaco) s’est en effet ouverte le 19 juin (cf. Zenit du 19 juin 2012). Benoît XVI les a reçus en audience aujourd’hui, 21 juin 2012, au Vatican.

Etaient présents notamment le cardinal Leonardo Sandri, préfet de la Congrégation pour les Eglises orientales, Mgr Antonio Franco, délégué apostolique de Terre Sainte, le P. Pizzaballa, supérieur de la Custodie de Terre Sainte, le cardinal George Alencherry, archevêque de l’Église syro-malabare de l’Inde, Mgr Sviatoslav Shevchuk, archevêque de l’Église grecque-catholique d’Ukraine, Mgr Mario Zenari, nonce Apostolique en Syrie et Mgr Antoine Audo, président de Caritas Syrie.

Benoît XVI s’est réjoui de la présence de nombreux représentants du monde entier, rappelant à ce sujet que « la dimension universelle » qui caractérise « profondément » l’Eglise est « une des notes essentielles de son « mystère ».

Pour le pape, les Œuvres d’Aide aux Églises Orientales sont un « témoignage providentiel » de l’identité de l’Eglise : ils sont, a-t-il dit, des « signes éloquents » de la « charité qui jaillit du cœur du Christ ». Grâce à eux, l’Église est présentée au monde « dans sa mission et son identité la plus vraie », c’est-à-dire « au service de Dieu qui est Amour ».

Persévérer dans le service

Le pape a réitéré son encouragement à « persévérer » dans leur service auprès des Églises orientales, comme il l’avait fait en 2007 lors de sa visite du dicastère pour les Églises orientales : « Je désire répéter avec force cette exhortation pour souligner aussi les nécessités urgentes du moment présent ».

En effet, a-t-il constaté, la « conjoncture économique et sociale actuelle », qui engendre « insécurité et instabilité » concerne « de manière particulière » l’Orient, « mère patrie d’antiques traditions chrétiennes ».

Sur ces terres d’Orient, même « le domaine œcuménique et interreligieux » est touché, a-t-il souligné, par des facteurs qui « alimentent les blessures endémiques de l’histoire » et qui rendent plus fragiles « le dialogue, la paix et la coexistence entre les peuples, ainsi que le respect authentique des droits humains ».

Parmi ces droits, le pape a mis l’accent sur le droit à la liberté « religieuse personnelle et communautaire », qui doit être garanti « dans sa profession publique, et non seulement en termes cultuels, mais aussi pastoraux, éducatifs, caritatifs et sociaux ».

Appel pour la Syrie

Benoît XVI a également réaffirmé sa « proximité » pour les « grandes souffrances » des Syriens, leur souhaitant de « ne pas perdre la lumière de l’espérance en ces moments d’obscurité ».

Le pape a adressé un appel « pressant et douloureux » pour que « la nécessaire assistance humanitaire » leur soit garantie, rappelant que « la valeur de la vie humaine est un bien précieux à sauvegarder toujours ».

Il a demandé aussi de prier pour que ceux qui ont une responsabilité obtiennent « la sagesse du cœur », afin que « cessent toute effusion de sang et la violence » et que prenne place « la réconciliation, la concorde et la paix ».

Pour cela, souligne-t-il, il ne faut « épargner aucun effort » : la situation « dure déjà depuis longtemps » et risque de devenir « un conflit généralisé qui aurait des conséquences fortement négatives pour le pays et pour toute la région ».

Le pape a enfin confié à l’intercession de la Vierge Marie son prochain voyage au Liban (septembre 2012) offrant son « affection de père et de frère » à l’Église et à la nation libanaises.