Benoît XVI explique l’Apocalypse aux enfants de la première communion

Vêpres du dimanche en la cathédrale de Munich

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ROME, Lundi 11 septembre 2006 (ZENIT.org) – Benoît XVI manifeste sa sollicitude pour les enfants qui font leur première communion et pour ceux qui les accompagnent : parents, catéchistes, prêtres et enseignants, en les réunissant en la cathédrale de Munich et en expliquant pour eux mot à mot un passage de l’Ecriture : il pose des questions au texte et cherche les réponses qu’il renferme.



Les vêpres solennelles se sont déroulées en effet en leur présence, en la cathédrale de Munich en fin d’après-midi. Le pape était acclamé par la foule enthousiaste qui suit tous ses déplacements : il l’avait salué, dans l’après-midi, depuis le balcon de la résidence de l’archevêque.

Les archevêques de Munich
Arrivé à la cathédrale Notre-Dame vers 17 h 30, le pape s’est d’abord rendu en la chapelle du Saint-Sacrement puis dans la crypte, sur les tombeaux de ses prédécesseurs dont le fameux cardinal Michael von Faulhaber, courageux opposant à Hitler, ou le cardinal Julius Döpfner, important au concile, et auquel Joseph Ratzinger succéda en 1977 : il a été consacré dans cette cathédrale, la « Liebfraukirche », le 28 mai, avant d’être créé cardinal, le 28 juin de la même année. La crypte abrite aussi la tombe d’un saint très vénéré, saint Benno, évêque de Meissen (1066-1106).

Après la procession accompagnée par le chant « Tu es Petrus », et la salutation du cardinal Friedrich Wetter, le pape a présidé le chant de l’office par la foule des quelque 3000 fidèles présents, de la chorale, et de l’orchestre.

Commentant la lecture de l’apocalypse (ch. 7, versets 9 à 17) qui annonce la venue de « l’Agneau » devenu « pasteur » et « guide » des fidèles « vers les sources de la vie », le pape expliquait : « Le ‘Voyant’ a la possibilité de regarder en haut, vers le ciel, et en avant, dans l’avenir. Mais c’est justement ainsi qu’il peut aussi parler de la terre et du présent, de notre vie. En effet, au cours de notre vie, nous sommes tous en marche, avançant vers l’avenir. Et nous voulons trouver le juste chemin, découvrir la vraie vie, et non pas finir dans une impasse ou dans le désert. (…) Nous voulons jouir de la vie, nous voulons, comme l’a dit Jésus ‘avoir la vie en abondance’ ».

Or, continuait Benoît XVI, le « voyant » parle d’un « monde réconcilié », « d’un monde où les hommes ‘de toute nation, race, peuple et langue’ sont réunis dans la joie ».

Le pape interrogeait : « Comment une telle chose peut-elle advenir ? quel est le chemin qui y mène ? »

« Ces personnes vivent avec Dieu »
Et de répondre en citant la lecture : « La première chose, la plus importante : ces personnes vivent avec Dieu. Il a étendu ‘sur eux sa tente’ (7,15) ».

Mais, continuait le pape, « Qu’est-ce que c’est que cette ‘tente de Dieu’ ? Où se trouve-t-elle ? Comment y parvenir ? »

« Le Voyant fait peut-être allusion au premier chapitre de l’Evangile de Jean où on lit : ‘Et le Verbe s’est fait chair et il a dressé sa tente au milieu de nous’ (1, 14). Dieu n’est pas loin de nous, en un lieu très éloigné de l’univers, là où personne ne peut arriver. Il a dressé sa tente au milieu de nous : en Jésus, il est devenu l’un de nous, avec chair et sang comme nous. Voilà sa tente ».

Prévenant une autre objection qui viendrait de la représentation que l’on se fait de l’Ascension du Christ au Ciel, le pape précisait : « Et lors de l’Ascension, il n’est pas allé en un lieu loin de nous. Sa tente, Lui-même avec son Corps, demeure au milieu de nous comme l’un de nous ».

« Nous pouvons le tutoyer, encourageait Benoît XVI, et parler avec Lui. Il nous écoute et si nous sommes attentifs, nous l’entendons aussi nous répondre ».

« Je le répète, insistait le pédagogue : en Jésus c’est Dieu qui ‘fait sa tente’ au milieu de nous. Mais je le répète aussi : Où cela se produit-il précisément ? Notre lecture a deux réponses à cette question ».

Le baptême pour vivre avec Dieu
« Elle nous dit des hommes réconciliés, expliquait Benoît XVI, qu’ils ont ‘lavé leurs robes et les ont blanchies dans le sang de l’Agneau’ (7, 14). Cela nous semble très étrange. Dans le langage codé du Voyant c’est une allusion au baptême. L’expression ‘sang de l’Agneau’ exprime l’amour de Jésus qu’il a conservé jusqu’à sa mort sanglante. Cet amour divin et humain tout ensemble est le bain dans lequel il nous plonge dans le baptême, le bain par lequel il nous lave, nous rendant ainsi purs pour Dieu, pour vivre en sa compagnie ».

Dans son homélie de la messe du matin, le pape avait déjà souligné cependant que le baptême n’est pas un chose « magique » et qu’il fait appel à la liberté humaine (cf. Zenit du 10 septembre).

Il rappelle maintenant : « L’acte du baptême n’est pourtant qu’un début. En marchant avec Jésus, dans la foi et dans la vie avec lui, son amour nous touche pour nous purifier et pour nous rendre lumineux. Nous avons entendu que dans le bain de l’amour, les vêtements sont devenus blancs. Selon l’idée du monde antique, le blanc était la couleur de la lumière. Les vêtements blancs signifient que dans la foi nous devenons lumière, nous déposons les ténèbres, le mensonge, les faux-semblants, le mal en général, et nous devenons des personnes claires, adéquates à Dieu ».

L’habit du baptême et de la Première communion
« L’habit du baptême, fait observer le pape, comme celui que vous revêtez pour la première communion, veulent nous le rappeler et nous dire : ‘Par la vie avec Jésus, et avec la commuanuté des croyants, avec l’Eglise, toi aussi tu deviens une personne lumineuse, une personne de vérité, et de bonté, une personne où transparaît la splendeur du bien, de la bonté de Dieu lui-même’.

Mais le pape avait posé une autre question : où trouver Jésus ?
Toujours dans le langage « codé » du Voyant, souligne le pape, il dit que « l’Agneau guide la multitude de personnes de toute culture et nation, aux sources d’eau vive ».

Reprenant un thème de son homélie pour la fête du Saint-Sacrement, en juin dernier au Latran, le pape rappelle : « Sans l’eau, il n’y a pas de vie. Elles le savaient bien ces personnes dont la patrie était à la frontière du désert. Ainsi, l’eau jaillissait et devenait pour eux le symbole par excellence de la vie. L’Agneau, c’est-à-dire Jésus, conduit les hommes aux sources de la vie ».

Mais que sont ces sources ? Le pape répond : « La Sainte-Ecriture fait partie de ces sources, car Dieu nous y parle et nous dit comment vivre de façon juste ».

Mais ce n’est qu’une partie de la réponse : dans ces sources, il y a « davantage ». « La source authentique, affirme le pape, c’est Jésus lui-même, en qui Dieu se donne à nous. Et il le fait surtout dans la sainte Communion, dans laquelle nous pouvons, pour ainsi dire, boire directement à la source de la vie : Il vient à nous et s’unit à chacun de nous. Nous pouvons le constater : grâce à l’Eucharistie, le Sacrement de la Communion, se forme une communauté qui dépasse toutes les frontières et qui embrasse toutes les langues – nous le voyons ici : il y a des évêques de toutes langues et de toutes les parties du monde – grâce à la communion, se forme l’Eglise universelle, où Dieu parle et viet avec nous ».

Le pape invitait à la communion en disant : « Et nous devons donc recevoir la sainte communion comme rencontre avec Jésus, avec Dieu lui-même, qui nous conduit aux sources de la vraie vie ».