Benoît XVI explique l’importance de la spiritualité bénédictine aujourd’hui

Inventer de « nouveaux parcours d’évangélisation »

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ROME, Lundi 21 septembre 2008 (ZENIT.org) - Benoît XVI a souligné l'importance de la spiritualité bénédictine aujourd'hui, dans un monde désacralisé, marqué par une culture du vide. Il invite les Bénédictins à inventer de « nouveaux parcours d'évangélisation ».

Le pape a reçu samedi matin, 20 septembre, à Castel Gandolfo, les participants d'un congrès international qui réunit à Rome tous les quatre ans, les abbés de la confédération des Bénédictins et des supérieurs des Prieurés indépendants. Benoît XVI a reçu lors de la même audience un groupe d'abbesses représentant la « Communio Internationalis Benedectinarum » et des représentants orthodoxes.

« Avancez des propositions d'éventuels nouveaux parcours d'évangélisation », a demandé le pape, leur rappelant leur vocation à annoncer le primat de Dieu « dans un monde désacralisé » et à une « époque marquée par un préoccupante culture du vide et de non-sens ».

« L'engagement de sanctification, personnelle et communautaire, que vous poursuivez et la prière liturgique que vous cultivez vous habilitent à un témoignage d'une efficacité particulière », a insisté le pape.

« Dans vos monastères, vous vous renouvelez les premiers et vous approfondissez quotidiennement la rencontre avec la personne du Christ, que vous avez toujours avec vous comme hôte, et compagnon. C'est pour cela que vos couvents sont des lieux où hommes et femmes, même à notre époque, accourent pour chercher Dieu et apprendre à reconnaître les signes de la présence du Christ, de sa charité, de sa miséricorde ».

« Pour construire une Europe neuve, il faut commencer par les nouvelles générations », a recommandé le pape, pour élargir ensuite le regard à toute la famille humaine.

Benoît XVI a fait observer que dans de nombreuses parties du monde, « spécialement en Asie et en Afrique, on a un grand besoin d'espaces vitaux de rencontre du Seigneur, où, à travers la prière et la contemplation, on retrouve la sérénité et la paix avec soi-même et avec les autres ».

« Na manquez pas d'aller, le cœur ouvert, à la rencontre des attentes de ceux qui, aussi en dehors de l'Europe, expriment le vif désir de votre présence, et de votre apostolat, pour pouvoir puiser aux richesses de la spiritualité bénédictine ».

 « Laissez-vous guider, a poursuivi le pape, par le désir intime de servir tout homme avec charité, sans distinction de race ou de religion ».

Enfin, le pape a ajouté ces encouragements : « Je connais, disait-il, et j'apprécie beaucoup votre généreuse et compétente œuvre culturelle et de formation de tant de vos monastères, qui créent un climat d'accueil fraternel, favorisant une singulière expérience d'Eglise ».

Justement, la « célèbre hospitalité bénédictine », ajoute le pape, constitue une « expérience pleinement spirituelle, humaine et culturelle ».

En même temps, Benoît XVI insiste sur le nécessaire « équilibre » : « le cœur de la communauté doit être grand ouvert, mais les temps et les modes d'accueil doivent être bien proportionnés ».

Aux moniales, le pape a adressé un message d'encouragement devant la souffrance que constitue le petit nombre des vocations, en disant : « On demande à chacun non le succès mais l'engagement de la fidélité ». Il les invite à affronter « ces douloureuses situations de crise avec sérénité ».

Dimanche soir, les Bénédictins présents à cette audience se sont retrouvés en la basilique Saint-Paul hors les Murs, pour des vêpres solennelles autour de la tombe de l'apôtre des Nations, sous la présidence de l'abbé primat, dom Nokter Wolf, arrivé à la fin de son mandat de 8 ans : son successeur doit être prochainement élu.

Anita S. Bourdin