Benoît XVI exprime sa préoccupation face à la précarité du travail

Le pape demande des conditions de travail plus « dignes »

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ROME, vendredi 2 janvier 2009 (ZENIT.org) - Benoît XVI exprime sa préoccupation pour le travail précaire et les conditions de travail actuelles. 

Il y a quarante ans, Paul VI n'avait pas célébré la messe de minuit au Vatican : «  La nuit de Noël 1968, le pape Paul VI célébra la sainte messe dans l'établissement de l'Italsider - aujourd'hui ILVA - de Tarente », a rappelé Benoît XVI.  

Et pour célébrer cet anniversaire l'archevêque de Tarente, Mgr Benigno Luigi Papa, a présidé une messe de Noël, le 26 dècembre, au même endroit, a annoncé le pape avant d'ajouter : « A lui et à tous les travailleurs, ma chaleureuse salutation ». 

« Je saisis cette occasion, a ajouté Benoît XVI, pour exprimer ma préoccupation pour l'augmentation de formes de travail précaire et je lance un appel pour que les conditions de travail soient toujours plus dignes pour tous ». 

L'archevêque de Tarente (Pouilles, Italie), a célébré la messe dans un hangar des aciéries en présence de quelque deux mille personnes, en majeure partie des ouvriers et leurs familles. 

« Il appartient à la mission de l'Eglise, a affirmé l'archevêque, de suivre de près le sort des hommes et des femmes qui ont le droit de trouver dans le travail non seulement un moyen de subsistance, mais aussi la possibilité d'exprimer ses capacités personnelles, de contribuer à la croissance culturelle et sociale du territoire, et de faire de son travail un moyen de sanctification personnelle et de participation à l'œuvre de rédemption de la famille humaine ». 

Dès 1993, Mgr Papa a payé de sa personne pour demander qu'un plan de restructuration des aciéries s'accompagne d'une vraie industrialisation de la région des Pouilles de façon à retrouver du travail à 10.000 ouvriers. 

Ce même 26 décembre, un autre évêque italien, de Terni, Mgr Vincenzo Paglia a dénoncé, dans son homélie, le drame des accidents du travail, nombreux en Italie, à partir de la tragédie des 7 ouvriers morts l'an dernier à la suite d'un incendie survenu dans une aciérie du groupe métallurgique Thyssenkrupp, à Turin, le 6 décembre 2007. 

L'Italie a enregistré, par exemple, en 2005, 918 morts sur les lieux de travail, c'est-à-dire presque un quart des accidents de travail mortels de l'Union européenne, qui s'élevaient alors à 4.011 (dont pour 593 en France la même année et 83 en Belgique), selon des données comparatives de l'UE publiées en avril dernier. 

En 2007, les « morts blanches » d'ouvriers, comme on les appelle en Italie, se sont élevées à 1.170, soit presque le double des accidents du travail mortels en France, et 30 % de plus qu'en Espagne ou en Allemagne.

Anita S. Bourdin