Benoît XVI indique comment « vaincre les esprits maléfiques »

Rencontre au séminaire Saint-Gall de Ouidah

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ROME, samedi 19 novembre 2011 (ZENIT.org) – Benoît XVI indique dans l’amour de Dieu, sa Parole, les sacrements, « l’antidote » au syncrétisme, les armes pour vaincre les « esprits maléfiques ».

Lors de sa rencontre avec les prêtres, les consacrés, les séminaristes, les laïcs, les catéchistes, au séminaire Saint-Gall de Ouidah, ce samedi 19 novembre, Benoît XVI a en effet affronté une question délicate, pas seulement pour l’Afrique.

"L’amour pour le Dieu révélé et pour sa Parole, l’amour pour les sacrements et pour l’Église, sont un antidote efficace contre des syncrétismes qui égarent », a déclaré Benoît XVI.

Il a ajouté : « Cet amour favorise une juste intégration des valeurs authentiques des cultures dans la foi chrétienne. Il libère de l’occultisme et vainc les esprits maléfiques, car il est mû par la puissance même de la Sainte Trinité. »

« Vécu profondément, cet amour est aussi un ferment de communion qui brise toute barrière, favorisant ainsi l’édification d’une Église dans laquelle il n’y a pas de ségrégation entre les baptisés, car tous ne font qu’un dans le Christ Jésus », a conclu le pape.

Alors qu’il était coadjuteur de Cotonou, et encore sous le régime marxiste, Mgr Isidore de Sousa a participé au congrès national missionnaire à Lisieux, en avril 1984 (28-30 avril). Il a raconté cette anecdote.

Alors qu’il célébrait Pâques, il a posé à l’assemblée les questions rituelles, avant de professer la foi chrétienne : « Renoncez vous à satan », etc. Il s’est alors rendu compte que l’assemblée répondait avec peut-être trop de facilité. Il a ajouté : « Renoncez vous aux amulettes que vous portez autour des bras, du cou, des reins ? » Silence. Il insiste. Silence. Il insiste : des rires. A la fin de la célébration, Mgr de Sousa a demandé à un servant de messe : « Pourquoi ont-il ri ? » Le jeune lui a répondu : « Jésus est gentil, mais pas le sorcier : ils ont peur ».

Mgr de Sousa a conclu : « Ils ne savent pas encore que Jésus est Seigneur. Pour chasser la peur, il faut annoncer que « Jésus est Seigneur ». »

Le pape sait qu’il se trouve – et la presse locale a titré dans ce sens – « au pays du vaudou », une religion originaire de l'ancien royaume du Dahomey. Ce nom désigne « l'ensemble des dieux ou des forces invisibles dont les hommes essaient de se concilier la puissance ou la bienveillance ». D’aucuns estiment que les chrétiens représentent 27% de la population du Bénin (d'autres disent 34 % de catholiques, soit 3 des 8 milliions d'habitants), les musulmans 22 % et les disciples de la religion traditionnelle vaudou 37 %.

En la cathédrale de Cotonou, hier, 18 novembre, le pape a évoqué la force de la miséricorde. Aujourd’hui, il parle de la puissance de l’amour, de « la puissance même de la Sainte Trinité ».

ASB