Benoît XVI invite à repenser le modèle de développement

Audience aux membres de l’entreprise romaine ACEA

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ROME, Dimanche 7 Février 2010 (ZENIT.org) - Benoît XVI a invité à repenser le modèle de développement fondé sur « la finance et le profit » et à remettre au centre « l'action de l'homme », en recevant en audience, le 6 février, les dirigeants et le personnel de l'entreprise ACEA.

Une entreprise spécialisée dans les services énergétiques, environnementaux et hydriques, qui fête cette année le centenaire de son existence.

En évoquant la période actuelle, « caractérisée par une grave crise internationale qui a mené le monde à repenser un modèle de développement fondé surtout sur la finance et le profit », le pape a rappelé l'importance de « remettre au centre de l'action de l'homme sa capacité à produire, à innover, à penser et à construire l'avenir ».

Citant l'encyclique Caritas in veritate, Benoît XVI a notamment affirmé la nécessité d'une « plus grande responsabilité sociale de l'entreprise qui pousse à tenir dans une juste considération les attentes et les besoins des travailleurs, des clients, des fournisseurs et de la communauté tout entière, et à avoir une attention particulière envers l'environnement ».

« De cette manière, la production de biens et de services ne sera pas liée exclusivement à la recherche du profit économique mais aussi à la promotion du bien de tous », a-t-il estimé.

Dans son discours, le Saint Père a également salué les efforts de l'ACEA pour s'engager dans « la protection de l'environnement » à travers « la gestion des ressources naturelles, la réduction de l'impact environnemental et le respect de la création ».

« Mais il est également important de favoriser une écologie humaine qui soit en mesure de rendre les ambiances de travail et les relations interpersonnelles dignes de l'homme », a proposé le pape qui a invité à adopter « un modèle de développement basé sur le caractère central de l'être humain, sur la promotion et le partage du bien commun, sur la responsabilité, sur la conscience d'un changement nécessaire des styles de vie ».

A Rome comme dans chaque grande ville, « on ressent les effets d'une culture qui exaspère le concept d'individu : on vit souvent fermés sur soi, repliés sur ses propres problèmes, distraits par les nombreuses préoccupations qui affolent l'esprit et rendent l'homme incapable d'accueillir les joies simples présentes dans la vie de chacun », a ajouté Benoît XVI.

« La protection de la création (...) implique aussi la protection de ces sentiments de bonté, de générosité, de correction et d'honnêteté que Dieu a mis dans le cœur de tout être humain », a-t-il conclu.

Marine Soreau