Benoît XVI invite l’assemblée synodale à la « joie » chrétienne

Encouragements du pape

| 744 clics

ROME, Mardi 4 octobre 2005 (ZENIT.org) – Benoît XVI invite les membres du synode à « se réjouir » et entrer dans la joie chrétienne : le pape a en effet commenté la lecture de saint Paul aux Corinthiens, lue à l’office liturgique de Tierce, récité avant la première session des travaux du synode, lundi matin, 3 octobre. Le pape expliquait ce que l’apôtre entend par « collégialité », « correction fraternelle » et « consolation divine ».



« Ce texte de l’Heure Tierce d’aujourd’hui implique cinq impératifs et une promesse, indiquait le pape. Essayons de comprendre un peu mieux ce que l’Apôtre entend nous dire à travers ces paroles. Le premier impératif est extrêmement fréquent dans les Lettres de saint Paul, l’on pourrait même dire qu’il s’agit d’un “cantus firmus” de sa pensée: “gaudete” » « réjouissez-vous ».

Il objectait : « Dans une vie si tourmentée comme l’a été la sienne, une vie emplie de persécutions, de faim, de souffrance en tous genres, un mot-clé demeure, toutefois, toujours présent: “gaudete”. Ici, une question s’élève: est-il possible de ressentir la joie en quelque sorte sur commande? », avant de répondre : « L’apôtre peut dire “gaudete” parce que le Seigneur est proche de chacun de nous. Ainsi, cet impératif est en réalité une invitation à percevoir la présence du Seigneur près de nous. C’est une sensibilisation à la présence du Seigneur parmi nous ».

« Réfléchissons, invitait le pape, pour savoir si nous sommes réellement disponibles à ouvrir les portes de notre cœur; ou peut-être ce cœur est-il plein de tant d’autres choses qu’il n’y pas de place pour le Seigneur et que, pour le moment, nous n’avons pas de temps pour le Seigneur. Ainsi, insensibles, sourds à sa présence, emplis d’autres choses, nous n’entendons pas l’essentiel: Il frappe à la porte, Il nous est proche et ainsi la vraie joie est proche, une joie qui est plus forte que toutes les tristesses du monde, de notre vie. Prions, donc, dans le cadre de ce premier impératif: Seigneur rends-nous sensibles à Ta présence, aide-nous à entendre, à ne pas être sourds à Ton appel, aide-nous à avoir un cœur libre, ouvert à Toi ».

Pour ce qui est du second impératif : « Soyez parfaits », le pape faisait observer : « Cette parole nous invite à être ce que nous sommes: des images de Dieu, des êtres créés en relation au Seigneur, “miroir” dans lequel se reflète la lumière du Seigneur. Ne pas vivre le christianisme à la lettre, ne pas entendre la Sainte Écriture à la lettre est souvent difficile, discutable d’un point de vue historique, mais il faut aller au-delà de la lettre, de la réalité présente, vers le Seigneur qui nous parle et ainsi à l’union avec Dieu ».

Le pape évoquait aussi la dimension de réparation et de réconciliation en disant : « C’est également une invitation au Sacrement de la Réconciliation, à travers lequel Dieu lui-même répare cet instrument et nous donne à nouveau la plénitude, la perfection, la fonctionnalité, afin qu’en cette âme-ci puisse à nouveau résonner la louange de Dieu ».

Benoît XVI soulignait tout particulièrement la dimension communautaire et fraternelle de cette conversion : « Corriger son frère est une œuvre de miséricorde. Aucun de nous ne se voit bien lui-même, ne voit bien ses lacunes. Ainsi, il s’agit donc d’un acte d’amour, afin de se compléter l’un l’autre, pour nous aider à mieux nous voir, à nous corriger. Je pense que l’une des fonctions de la collégialité est précisément de nous aider, également au sens de l’impératif précédent, à connaître les lacunes que nous-mêmes nous ne voulons pas voir (…) de nous aider afin que nous nous ouvrions et que nous puissions voir ces choses ».

Le pape soulignait l’exigence « d’humilité » et « d’amour » que suppose cette correction fraternelle, supportable « seulement si cela vient d’un cœur humble qui ne se place pas au-dessus de l’autre, qui ne se considère pas meilleur que l’autre, mais comme un humble instrument afin de s’aider réciproquement ».

Après l’appel à la correction fraternelle, saint Paul évoque la « consolation », soulignait le pape : « Non seulement corriger, mais également consoler, partager les souffrances de l’autre, l’aider dans les difficultés. Et cela aussi me semble un grand acte de véritable affection collégiale. Dans les si nombreuses situations difficiles qui naissent aujourd’hui dans notre pastorale, certains se trouvent réellement un peu désespérés, ne voyant pas comment aller de l’avant. C’est dans un moment semblable que l’on a besoin de consolation, l’on a besoin que quelqu’un soit à nos côtés dans la solitude intérieure et accomplisse l’œuvre de l’Esprit Saint, du Consolateur: l’œuvre de donner courage, de nous porter ensemble, de nous épauler ensemble, aidés par l’Esprit Saint lui-même qui est le grand Paraclet, le Consolateur, notre Avocat qui nous aide. C’est donc une invitation à nous faire nous-mêmes “ad invicem” l’œuvre de l’Esprit Saint Paraclet ».

A propos de la « foi commune », à « vivre », à « communiquer », le pape soulignait le « dernier impératif », qui nous donne entre nous « une paix profonde », qui est de « penser ensemble avec le Christ ».

« Et nous pouvons le faire, recommandait le pape, en lisant la Sainte Écriture, dans laquelle les pensées du Christ se font Parole, nous parlent. En ce sens, nous devrons exercer la “Lectio Divina”, sentir dans les Écritures la pensée du Christ, apprendre à penser avec le Christ, à penser la pensée du Christ, pour avoir les sentiments du Christ, être capables de transmettre aux autres la pensée du Christ, les sentiments du Christ. »

Et de conclure : « Nous sommes alors en union avec Dieu qui est notre paix, avec le Christ qui nous a dit: “Je vous donnerai ma paix”. Nous sommes dans la paix intérieure, car être dans la pensée du Christ unifie notre être. Les difficultés, les contrastes de notre âme s’unissent, nous sommes unis à l’original, à ce dont nous sommes l’image, par la pensée du Christ. Ainsi naît la paix intérieure, et ce n’est qu’en nous fondant sur une paix intérieure profonde que nous pourrons être aussi des personnes de paix dans le monde, et pour les autres ».

Le pape insistait sur la dimension de « consolation » en disant : « Telle est notre grande consolation. Dieu nous précède. Il a déjà tout fait. Il nous a donné la paix, le pardon et l’amour. Il est avec nous. Et ce n’est que parce qu’il est avec nous, parce que dans le Baptême nous avons reçu sa grâce, dans la Confirmation l’Esprit Saint, dans le Sacrement de l’Ordre sa mission, que nous pouvons maintenant agir à notre tour, coopérer avec sa présence qui nous précède. Tout notre agir dont nous parlent les cinq impératifs consiste à coopérer, à collaborer avec le Dieu de paix qui est avec nous ».