Benoît XVI invoque Marie, comme « Reine du saint rosaire »

Vocable du sanctuaire de Pompéi, aux portes de Naples

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ROME, Dimanche 21 octobre 2007 (ZENIT.org) – Lors de l’angélus de ce dimanche, à Naples, Benoît XVI a invoqué Marie comme « Reine du saint rosaire », selon le vocable sous lequel la Vierge est invoquée au sanctuaire de Pompéi, aux portes de Naples, où Jean-Paul II s’était rendu en 2003.



« Confions ces intentions de prière, disait Benoît XVI avant l’angélus, à la Très sainte Vierge Marie, que nous aimons invoquer, au mois d’octobre, sous le titre sous lequel elle est honorée au sanctuaire voisin de Pompéi : Reine du saint rosaire ».

Le sanctuaire de Pompéi (http://www.santuario.it) a été fondé par un laïc italien, le bienheureux Bartolo Longo (1841-1926), que le pape cite à cinq reprises dans sa Lettre apostolique sur le Rosaire de la Vierge Marie, du 16 octobre 2002. Chaque année, le 7 octobre, la fête de Notre Dame du Rosaire conduit à Pompéi un véritable fleuve de pèlerins.

A une époque de scepticisme et d’anticléricalisme, cet homme de loi italien devenu tertiaire dominicain, fonda le sanctuaire de Pompéi dédié à Notre Dame du Rosaire, mais aussi des œuvres charitables en faveur d’enfants de détenus, et la communauté des Filles du Saint Rosaire de Pompéi.

Il enseignait le catéchisme et à prier le rosaire. « Réveille ta confiance en la Très Sainte Vierge Marie ; tu dois avoir la foi de Jacob », écrivait-il en 1905. Il est mort à Pompéi le 5 octobre 1926.

Il a été béatifié par Jean-Paul II le 26 octobre 1980. Le pape le cite à cinq reprises dans sa Lettre apostolique sur le Rosaire.

« Le bienheureux Bartolo Longo eut un charisme spécial, celui de véritable apôtre du Rosaire, écrit Jean-Paul II. Son chemin de sainteté s’appuie sur une inspiration entendue au plus profond de son cœur : ‘Qui propage le Rosaire est sauvé !’. À partir de là, il s’est senti appelé à construire à Pompéi un sanctuaire dédié à la Vierge du Saint Rosaire près des ruines de l’antique cité tout juste pénétrée par l’annonce évangélique avant d’être ensevelie en 79 par l’éruption du Vésuve et de renaître de ses cendres des siècles plus tard, comme témoignage des lumières et des ombres de la civilisation classique. Par son œuvre entière, en particulier par les « Quinze Samedis », Bartolo Longo développa l’âme christologique et contemplative du Rosaire ; il trouva pour cela un encouragement particulier et un soutien chez Léon XIII, le ‘Pape du Rosaire’ ». (RVM, 8).

Le pape écrit encore : « Dans le parcours spirituel du Rosaire, fondé sur la contemplation incessante - en compagnie de Marie - du visage du Christ, on est appelé à poursuivre un tel idéal exigeant de se conformer à Lui grâce à une fréquentation que nous pourrions dire ‘amicale’. Elle nous fait entrer de manière naturelle dans la vie du Christ et pour ainsi dire « respirer » ses sentiments. Le bienheureux Bartolo Longo dit à ce propos : ‘De même que deux amis qui se retrouvent souvent ensemble finissent par se ressembler même dans la manière de vivre, de même, nous aussi, en parlant familièrement avec Jésus et avec la Vierge, par la méditation des Mystères du Rosaire, et en formant ensemble une même vie par la Communion, nous pouvons devenir, autant que notre bassesse le permet, semblables à eux et apprendre par leurs exemples sublimes à vivre de manière humble, pauvre, cachée, patiente et parfaite’ ». (RVM, 15).

Et de souligner l’audace de son message spirituel : « Le Rosaire est à la fois méditation et supplication. L’imploration insistante de la Mère de Dieu s’appuie sur la certitude confiante que son intercession maternelle est toute puissante sur le cœur de son Fils. Elle est ‘toute puissante par grâce’, comme disait, dans une formule dont il faut bien comprendre l’audace, le bienheureux Bartolo Longo dans la Supplique à la Vierge » (RVM, 16).

« Le bienheureux Bartolo Longo, explique encore le pape Wojtyla, voyait aussi le chapelet comme une ‘chaîne’ qui nous relie à Dieu. Une chaîne, certes, mais une douce chaîne ; car tel est toujours la relation avec Dieu qui est Père. Une chaîne ‘filiale’, qui nous accorde à Marie, la ‘servante du Seigneur’ (Lc 1, 38) et, en définitive, au Christ lui-même qui, tout en étant Dieu, s’est fait ‘serviteur’ par amour pour nous (Ph 2,7) » (RVM, 36).

Jean-Paul II laisse à Bartolo Longo le dernier mot de sa lettre apostolique en lançant cet appel : « Je me tourne vers vous, frères et sœurs de toute condition… : reprenez avec confiance le chapelet entre vos mains…. Que mon appel ne reste pas lettre morte ! Au début de la vingt-cinquième année de mon Pontificat, je remets cette Lettre apostolique entre les mains sages de la Vierge Marie, m’inclinant spirituellement devant son image dans le splendide sanctuaire qui lui a été édifié par le bienheureux Bartolo Longo, apôtre du Rosaire. Je fais volontiers miennes les paroles touchantes par lesquelles il termine la célèbre Supplique à la Reine du Saint Rosaire : ‘Ô Rosaire béni par Marie, douce chaîne qui nous relie à Dieu, lien d’amour qui nous unit aux Anges, tour de sagesse face aux assauts de l’enfer, havre de sécurité dans le naufrage commun, nous ne te lâcherons plus. Tu seras notre réconfort à l’heure de l’agonie. À toi, le dernier baiser de la vie qui s’éteint. Et le dernier accent sur nos lèvres sera ton nom suave, ô Reine du Rosaire de Pompéi, ô notre Mère très chère, ô refuge des pécheurs, ô souveraine Consolatrice des affligés. Sois bénie en tout lieu, aujourd’hui et toujours, sur la terre et dans le ciel’ » (RVM, 43).