« Benoît XVI, les défis d’un pape », biographie, par Eric Lebec

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ROME, Vendredi 13 mai 2005 (ZENIT.org) – Une biographie de Benoît XVI sort en librairie le 25 mai en France et au Canada (éditions de l'Archipel, diffusion Hachette, ISBN 2-84187-719-1) sous le titre : « Benoît XVI, les défis d’un pape ». L’auteur, Eric Lebec, en donne la primeur aux lecteurs de Zenit.



Zenit : Eric Lebec, vous publiez le 25 mai « Benoît XVI, les défis d’un pape » (Editions de l’Archipel, Paris). Un tel livre est-il possible si près de l’élection ?

Eric Lebec : C’est une idée de l’éditeur, Jean-Daniel Belfond, qui m’a commandé ce portrait en 1998. Ce qui montre que les éditeurs ont des (bonnes) idées et qu’il ne doutait pas de l’avenir de la papauté. J’ai donc construit un manuscrit « grand public », qui montre la place du pape dans l’Eglise et dans le monde et j’ai continué à le mettre à jour. En février dernier, je m’y suis consacré deux semaines à plein temps, avec trois hypothèses.

Zenit : Dont la bonne ?

Eric Lebec : Eh non, je suis un mauvais vaticaniste. Le Saint-Esprit, car je suis croyant, a choisi une quatrième hypothèse, quoique le travail fait sur ceux qui sont sortis cardinaux est resté pour partie utile.

Zenit : Vous avez été pris au dépourvu ?

Eric Lebec : Pas tout à fait, car le cardinal Ratzinger est le seul pourpré en activité que je connaisse un peu personnellement, puisque les cardinaux Benelli, Opilio Rossi, Oddi, Philippe sont décédés. J’ai eu l’occasion de rencontrer feu Mgr Graber à Ratisbonne et je connais bien la Haute-Bavière. Mes rencontres avec le cardinal Ratzinger restent marquées par le secret qui respecte les personnes, quoique je l’aie rencontré aussi en privé. C’était dans les années 1981 – 1985. Ensuite, ce sont ses collaborateurs que j’ai rencontré. D’un mot, les questions évoquées ne touchaient pas à la France.

Zenit : Et votre impression ?

Eric Lebec : Permettez d’abord une confession : je suis un étudiant de 1968, secrétaire général du syndicat des élèves de Sciences Politiques à Paris. Donc : un insolent, peu impressionnable. Jean-Paul II, qui m’a reçu une dizaine de fois, me clouait comme un ange. Le cardinal Ratzinger répand la force aimable du Bon Pasteur. Je crois que c’est aussi ce qu’ont ressenti les millions de personnes qui l’ont vu présider les funérailles de Jean-Paul II.

Zenit : Pourquoi Belfond a-t-il fait appel à vous, qui vous dites si médiocre vaticaniste ?

Eric Lebec : Je venais de publier chez Albin Michel une « Histoire secrète de la diplomatie vaticane », qui marche encore bien et qui a été traduite en russe et en portugais. Belfond connaissait mon roman, qu’il a publié « Le Repaire de la loutre » dont quelques chapitres se passent au Vatican, d’après quelques personnages que j’ai beaucoup estimé comme le Père Benoît Duroux OP et le Père Graham SJ. J’ai aussi réalisé plusieurs documentaires, avec André Frossard, et les conseils avisés du cardinal Poupard, un portrait de Jean-Paul II ; un autre pour démontrer le caractère naturel de la mort de Jean-Paul I et surtout une grande série pour France 3 et la RAI, avec La Croix et Le Jour du Seigneur. Un autre petit film m’a fait rencontrer Mgr Jean-Louis Tauran, c’est lui qui a eu le plus de succès avec 63 pays de diffusion. Jeanne Moreau qui était sur le plateau a décidé de se confesser à lui (elle l'a dit à la caméra) ! Le cardinal Tauran a donné un témoignage sacerdotal simple et profond d’une grande pertinence.

Zenit : Vous avez aussi travaillé à Rome ?

Eric Lebec : En effet, j’ai été conseiller des éditions Belser, chargées de publier les grands fac simile de la Bibliothèque Apostolique Vaticane. Ce programme a été perturbé par les occupations externes de l’éditeur, Américain d’origine Serbe, au temps du successeur du cardinal Stickler. C’est très dommage, mais peut-être provisoire. J’étais aussi militant d’une association discrète, « Sint Unum », créée par l’avocat français Jean Violet, qui a travaillé à la représentation du Saint-Siège à l’ONU. Cette association regroupait des gens aussi divers qu’Antoine Pinay, Joseph Strauss, les généraux Grossin et Gelhen, etc. Elle a joué un rôle important dans le maintien de la réconciliation entre la France et l’Allemagne au moment de l’arrivée au pouvoir du général de Gaulle, c’était « du Benoît XVI » avant l’heure. Elle est surtout l’auteur de la « troisième corbeille » des Accords d’Helsinki, avec l’appui d’Henry Kissinger. Elle est aujourd’hui disparue, avec Jean Violet, mais elle a été un instrument apprécié dès ses débuts par le cardinal Tardini et ses successeurs. J’ai donc travaillé « à » Rome, mais je n’ai jamais été un employé du Saint-Siège, honneur et charge hors de ma personne. Je suis désormais un simple laïc qui n’engage que lui-même.

Zenit : Le Vatican est-il votre principal centre d’intérêt professionnel ?

Eric Lebec : Au risque de vexer, je dois dire que non. J’ai réalisé beaucoup plus de documentaires et publié plus de livres sur d’autres sujets, d’abord sur l’environnement et la vie sauvage. Je peux même traiter le problème des loups, pas ceux du pape, mais le « canis lupus ». Comme journaliste, j’ai couvert plusieurs conflits oubliés et j’ai été compagnon d’armes de Patrick Chauvel, le « Rapporteur de guerre », qui signe ma photo en page 4 de couverture. Nous avons ensemble le lien très fort de ceux qui ont risqué leur vie à mains nues.

Zenit : Vous titrez votre livre « les défis d’un pape », croyez-vous qu’il va « réussir » ?

Eric Lebec : Permettez-moi de répondre avec ma femme qui est Cracovienne : « Sto lat », qu’il vive 100 ans ! Benoît XVI a déjà réussi l’essentiel : il est aimé pour ce qu’il est, un homme d’adoration, un réconciliateur par En-Haut.