Benoît XVI médite sur la relation d'amour entre Marie et le Christ

Vêpres au sanctuaire marial d'Etzelsbach, en Allemagne

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ROME, Vendredi 23 septembre 2011 (ZENIT.org) –La relation entre Marie et le Christ nous fait comprendre que le vrai développement de la personne n'est pas la réalisation de soi« qui peut facilement se changer en une forme d'égoïsme raffiné » mais le don de soi à l'image de Marie qui reçoit l'amour du cœur du Christ.

C'est ce que le pape Benoît XVI a expliqué ce vendredi, en fin d'après-midi, au sanctuaire d'Etzelsbach où il a présidé les vêpres. Le pape a médité sur la signification de la statue de Marie à l'origine du sanctuaire et des pèlerinages en ce lieu qui remontent probablement au XVIIème siècle.

Selon la tradition locale, alors qu'il cultivait son champ, un paysan vit un jour son cheval tomber, presque à genoux, à deux reprises, à un endroit précis, de manière tout à fait inexplicable. Par curiosité, le paysan se mit à creuser à cet endroit et il y trouva une sculpture en bois représentant la pietà, Notre-Dame des douleurs. Depuis ce jour, les pèlerinages n'ont jamais cessé.

« Regardons son image ! s'est exclamé le pape dans son homélie. Une femme d’âge moyen avec les paupières alourdies de beaucoup de pleurs et en même temps le regard dirigé vers le lointain, comme si elle était en train de méditer dans son cœur sur tout ce qui était arrivé. Sur ses genoux repose le corps inanimé de son Fils ; elle l’étreint délicatement et avec amour, comme un don précieux. Sur le corps dénudé de son Fils, nous voyons les signes de la crucifixion »

Puis le pape a expliqué la « particularité » de la pietà d'Etzelsbach.

« Dans la plupart des représentations de la Pietà, Jésus mort gît avec la tête vers la gauche. Ainsi, l’observateur peut voir la blessure du côté du Crucifié. Ici, à Etzelsbach, au contraire, la blessure du côté est cachée, puisque le corps, précisément, est orienté vers l’autre côté », a-t-il expliqué.

Le pape y voit « une signification profonde » car « dans l’image miraculeuse d’Etzelsbach, les cœurs de Jésus et de sa Mère sont tournés l’un vers l’autre. Ils s’approchent l’un de l’autre. Ils échangent mutuellement leur amour ».

« Nous savons que le cœur est aussi l’organe de la sensibilité plus délicate pour l’autre comme il est également l’organe de la compassion profonde. Dans le cœur de Marie se trouve l’espace pour l’amour que son divin Fils veut donner au monde », a-t-il poursuivi.

« La dévotion mariale se concentre dans la contemplation de la relation entre la Mère et son divin fils », a ajouté Benoît XVI.

« Ce n’est pas l’autoréalisation qui accomplit le vrai développement de la personne, chose qui aujourd’hui est proposée comme modèle de la vie moderne, mais qui peut facilement se changer en une forme d’égoïsme raffiné. C’est plutôt l’attitude de don de soi, qui s’oriente vers le cœur de Marie et par là aussi vers le cœur du Rédempteur », a-t-il souligné.

« En Marie, Dieu a fait tout concourir au bien », a ajouté le pape. « Avec une délicatesse maternelle, elle veut nous faire comprendre que toute notre vie doit être une réponse à l’amour riche en miséricorde de notre Dieu. Comme si elle nous disait : comprends que Dieu, qui est la source de tout bien et ne veut rien d’autre que ton vrai bonheur, a le droit d’exiger de toi une vie qui s’abandonne sans réserve et avec joie à sa volonté et qui mette tout en œuvre pour que les autres fassent de même ».

Le pape a rappelé le thème de son voyage « Là où il y a Dieu, là il y a un avenir », avant de conclure en disant : « En effet : là où nous laissons l’amour de Dieu agir totalement dans notre vie, là le ciel est ouvert. Là il est possible de modeler le présent de façon à ce qu’il corresponde toujours plus à la Bonne Nouvelle de Notre Seigneur Jésus Christ. Là, les petites choses de la vie quotidienne ont leur sens, et là, les grands problèmes trouvent leur solution ».

Gisèle Plantec