Benoît XVI plaide pour « le respect de la dignité des femmes »

Réflexions de Benoît XVI à l’occasion du 8 mars

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ROME, Dimanche 8 mars 2009 (ZENIT.org) - Benoît XVI plaide pour « le respect de la dignité des femmes » et « la mise en valeur de leurs potentialités ».

Le pape a en effet mentionné, après l'angélus de ce dimanche, la Journée de la femme, en disant : « La date d'aujourd'hui, le 8 mars, nous invite à réfléchir à la situation de la femme et à renouveler notre engagement pour que chaque femme puisse toujours et partout vivre et manifester en plénitude ses capacités en obtenant le plein respect de sa dignité ».

Le pape a cité à ce propos le concile Vatican II et le magistère des papes. Benoît XVI ne cite pas directement le Message du concile aux femmes, en date du 8 décembre 1965, en pleine Guerre froide, ce qui se ressent dans le ton des pères du concile.

En revanche, il cite Mulieris Dignitatem, la Lettre apostolique de Jean-Paul II du 15 août 1988.

Mais, ajoute le pape, « plus que les documents, ce qui compte, ce sont les vies des saints ». Et de citer Mère Teresa de Calcutta sous les applaudissements qui le font s'arrêter.

Le pape évoque cette « humble fille de l'Albanie, devenue, par grâce de Dieu, un exemple pour le monde dans l'exercice de la charité et le service de la promotion humaine ».

« Combien d'autres femmes travaillent tous les jours, de façon cachée, pour le bien de l'humanité et pour le Royaume de Dieu ! »

Le pape a dit prier aujourd'hui spécialement pour toutes les femmes « afin qu'elles soient toujours plus respectées dans leur dignité et mises en valeur dans leurs potentialités positives ».

On se souvient qu'en 2004 déjà, le cardinal Joseph Ratzinger, se faisant l'exégète de Jean-Paul II, avait en quelque sorte rassemblé différentes données de l'anthropologie développée au cours du pontificat, dans une « Lettre aux évêques de l'Eglise catholique sur la collaboration de l'homme et de la femme dans l'Eglise et dans le monde », en date du 31 mai 2004 et publiée le 31 juillet.

S'appuyant sur Mulieris Dignitatem, mais aussi sur d'autres documents de Jean-Paul II comme Familiaris Consortio, sa Lettre aux Familles ou sa Lettre aux femmes (1995, Année internationale de la Femme), le préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi avait renvoyées dos à dos deux conceptions de la femme plaçant la femme en rivale de l'homme d'une part ou tendant à gommer la différence sexuelle d'autre part, pour parler, justement, des conditions d'une vraie « collaboration ».

Ce document, réfutant un certain féminisme, n'en reflétait pas moins une volonté de promotion de la femme à l'intérieur de l'Eglise, comme dans ce passage : « Pour ce qui est de l'Église, le signe de la femme est plus que jamais central et fécond » (n. 15).

Dans sa Lettre aux femmes, relevait le cardinal Ratzinger, Jean-Paul II soulignait ce qu'il appelait « le génie de la femme », expliquant que du fait de la maternité, la femme a, plus sans doute que les hommes, la « capacité de l'autre » (n. 13). C'est que la femme « garde l'intuition profonde que le meilleur de sa vie est fait d'activités ordonnées à l'éveil de l'autre, à sa croissance, à sa protection », expliquait le futur Benoît XVI (ibid.).