Benoît XVI souhaite une collaboration féconde entre chrétiens et musulmans

Le pape s’adresse aux communautés musulmanes d’Allemagne

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ROME, Vendredi 23 septembre 2011 (ZENIT.org) – Benoît XVI a souhaité une « collaboration féconde » entre chrétiens et musulmans sur des thèmes tels que la famille, la défense de la vie ou la promotion d’une plus grande justice sociale. Le pape a aussi plaidé pour un « respect réciproque » qui permette à chacun « de témoigner de manière constructive de ce en quoi il croit, en ne se soustrayant pas à la confrontation avec l’autre ».

Benoît XVI a ouvert la seconde journée de son voyage apostolique en Allemagne par une rencontre, ce vendredi matin à la nonciature apostolique de Berlin, avec une quinzaine de représentants des communautés musulmanes d’Allemagne.

Selon la Conférence épiscopale allemande, le pays compte aujourd’hui entre 4 et 4,5 millions de musulmans dont 70 % sont d’origine turque. Les autres proviennent surtout des pays arabes, des Balkans et de l’Iran. 75 % des musulmans résidant en Allemagne sont sunnites.

Dans son discours, le pape a reconnu que les musulmans accordent « une grande importance à la dimension religieuse » : une position parfois interprétée « comme une provocation dans une société qui tend à marginaliser cet aspect ou à l’admettre tout au plus dans la sphère des choix individuels de chacun ».

« L’Église catholique s’engage fermement pour que soit donnée la juste reconnaissance à la dimension publique de l’appartenance religieuse », a expliqué le pape tout en invitant à ce que « le respect envers l’autre soit toujours maintenu ».

« Le respect réciproque grandit seulement sur la base de l’entente sur quelques valeurs inaliénables, propres à la nature humaine, surtout l’inviolable dignité de toute personne », a-t-il expliqué. « Cette entente ne limite pas l’expression de chaque religion ; au contraire, elle permet à chacun de témoigner de manière constructive de ce en quoi il croit, en ne se soustrayant pas à la confrontation avec l’autre ».

Sur cette base, a ajouté le pape, « une collaboration féconde entre chrétiens et musulmans est possible ». « En tant qu’hommes religieux, à partir de nos convictions respectives, nous pouvons donner un témoignage important dans de nombreux secteurs cruciaux de la vie sociale. Je pense, par exemple, à la sauvegarde de la famille fondée sur le mariage, au respect de la vie dans toutes les phases de son évolution naturelle ou à la promotion d’une plus grande justice sociale ».

D’où l’importance, a-t-il enfin expliqué, de célébrer la Journée de réflexion, de dialogue et de prière pour la paix et la justice dans le monde le 27 octobre prochain à Assise pour les 25 ans de la rencontre historique conduite par le Bienheureux Jean-Paul II.

« Par ce rassemblement nous voulons montrer, avec simplicité, que, en hommes religieux, nous offrons notre contribution particulière pour la construction d’un monde meilleur, reconnaissant en même temps la nécessité, pour l’efficacité de notre action, de progresser dans le dialogue et dans l’estime réciproque ».

Marine Soreau