Benoît XVI sur l’égalité des homosexuels et la liberté

Des précisions par le porte-parole du Saint-Siège

| 3924 clics

ROME, Lundi 8 février 2010 (ZENIT.org) - Le discours adressé par Benoît XVI, le 1 février, aux évêques d'Angleterre et du Pays de Galles a soulevé quelque réaction critique de la part de journaux et sur Internet, ces derniers accusant le pape d'ingérence, après sa prise de position contre un projet de loi sur l'égalité des homosexuels.

A ce propos, le porte-parole du Saint-Siège a souligné que les paroles du pape n'ont pas été comprises correctement, car « garantir les mêmes opportunités pour tous les membres de la société est un noble objectif ». Toutefois, a-t-il ajouté, « il arrive que pour obtenir cela on ait recours à des lois qui imposent des limites injustes à la liberté des communautés religieuses d'agir selon leurs propres convictions ».

« Et si, par ailleurs, ces lois contredisent la loi naturelle, on porte atteinte au fondement qui garantit l'égalité et donc le droit de bénéficier des mêmes chances », explique e père Federico Lombardi, S.J, dans le dernier éditorial d' « Octava Dies », le journal hebdomadaire du Centro Televisivo Vaticano.

En rencontrant les évêques britanniques le pape a dit : « Votre pays est bien connu pour son ferme engagement visant à garantir la même égalité de chances pour tous les membres de la société ».

Mais le pape a fait remarquer que « pour atteindre cet objectif » certaines lois ont eu pour effet d' « imposer des limitations injustes à la liberté des communautés religieuses d'agir selon leur propre croyance. Sous certains aspects, celles-ci violent la loi naturelle sur laquelle se fonde l'égalité de tous les êtres humains et par laquelle celle-ci est garantie ».

Quand le pape a prononcé ces paroles, le projet de loi sur l'égalité des chances était en discussion au parlement britannique. Un projet qui a soulevé des critiques dans divers secteurs, dans la mesure où il oblige les organisations privées à suivre une politique d'embauches qui peut entrer en conflit avec leurs convictions plus profondes.

Quelques unes de ces institutions, et pas seulement catholiques, se sont en effet plaintes, en disant que cette loi les obligerait à embaucher des employés ouvertement homosexuels.

Les paroles du pape, selon le père Lombardi, « touchent un point critique des débats sur l'égalité des droits, très actuels dans beaucoup de pays ; des débats qui renvoient à des aspects fondamentaux de la vision de l'homme : droit à la vie, sexualité, famille ...".

Le porte-parole du Saint-Siège affirme qu'il ne « s'agit en rien d'une interférence de l'Eglise dans la dynamique sociale et politique mais la manifestation, comme il se doit, de ses positions au service du bien commun ».

Le père Lombardi a ensuite cité Sir Jonathan Sacks, grand rabbin des congrégations juives unies du Commonwealth britannique, qui, mettant en garde contre une utilisation idéologique de cette question de l'égalité des droits pour aller jusqu'à attaquer les religions, a écrit sur le Times : « Au lieu de voir les paroles du pape comme une intervention inappropriée, nous devrions plutôt les utiliser comme un encouragement à lancer un débat honnête pour déterminer où est la limite entre notre liberté en tant qu'individu et notre liberté en tant que membres d'une communauté de foi. L'une ne peut être atteinte au détriment de l'autre ».

« Les catholiques ne sont pas les seuls à voir le problème : c'est un problème pour tous, à affronter honnêtement si nous voulons vraiment bâtir ensemble une société meilleure », a conclut le P. Lombardi.