Bilan d'un synode "qui marquera l'histoire"

Regard du rassemblement italien du Renouveau dans l'Esprit

| 1471 clics

Antonio Padovano

Traduction d’Océane Le Gall 

ROME, mardi 6 novembre 2012 (ZENIT.org) – Le synode sur le Nouvelle évangélisation pour la transmisisond e la foi "marquera l’histoire, avec sa nouvelle génération d’évêques et  ses vœux d’une évangélisation comme une nouvelle Pentecôte": c'est le bilan d’une table ronde organisée le 2 novembre dernier au Palais des congrès à Rimini, en Italie, à l’occasion du rassemblement national des animateurs du Renouveau dans l’Esprit (RnS).

Modérée par Antonio Gaspari, coordinateur éditorial de ZENIT, cette table-ronde a été marquée par les interventions du cardinal Francesco Coccopalmerio, président du Conseil pontifical pour les textes législatifs, Mgr Mathieu Madera Lebouakehan, évêque de Port-Gentil (Gabon) et Salvatore Martinez, président italien du mouvement catholique du Renouveau dans l’Esprit.

« Ce synode est le douzième synode que je suis, a  dit Antonio Gaspari, et je dois dire comme simple observateur externe qu’il a été le meilleur, le plus enthousiasmant, le plus innovateur, celui qui a le plus donné un signe de renouveau de l’Eglise ».

Le cardinal Coccopalmerio est revenu sur ses interventions au Synode, en particulier sur celle qu’il a consacrée à l’évangélisation du droit.

Partant de l’intervention de Benoît XVI au Bundestag, le président du Conseil pontifical a relevé que la situation du concept de droit est « dramatique ».

Le droit qui est expliqué dans les lois, a-t-il expliqué, est quelque chose qui a trait à la personne humaine et la personne humaine a des biens fondamentaux que le législateur doit connaître et respecter. D’où l’importance qu’il y ait un équilibre entre les lois et les biens de la personne humaine.

« Si le législateur ne reconnaît pas ces biens de la personnes  et qu’il fait ce qu’il veut dans ses lois, il bouleverse l’ordre des choses », a précisé le cardinal, soulignant que le droit est un domaine qui doit être évangélisé, pour que la personne humaine et ses biens fondamentaux soient reconnus, respectés et protégés, et que le législateur doit « s’adapter à la réalité ».

Le cardinal Coccopalmerio a aussi renouvelé l’invitation aux autres confessions chrétiennes à participer à cette œuvre de nouvelle évangélisation.

Mgr Mathieu Madera Lebouakehan a précisé que la conversion et la nouvelle évangélisation n’est pas seulement une question pour l’Europe et pour les pays de vieille évangélisation, mais aussi pour l’Afrique et les pays de première évangélisation.

A ce propos, la crise économique, a dit l’évêque de Port-Gentil, est pour l’Eglise « un kairos de la nouvelle évangélisation ».

Il propose à cet effet une structure qu’il a appelée « tente économie ou finance » fondée sur  des expériences pratiquées au sein de l’Eglise : le monachisme, les communautés religieuses, les prélatures, les mouvements ecclésiaux, les Focolaris avec leur économie de communion, Les Pèlerins de Saint Michel et l’Institut Louis Even et son Crédit Social, pour un système financier sans dettes au service de l’homme.

« Cette structure inspirée de l’Esprit Saint, a-t-il conclu, serait une aide pour l’Eglise et pour l’humanité ».

Pour sa part, Salvatore Martinez est revenu sur l’importance du laïcat, sur celui des charismes et des nouvelles communautés, soulignée au fil des discussions durant le synode, et sur la  place qui a été donnée à la dimension spirituelle, soit à la primauté de l’Esprit saint, qui doit accompagner cette nouvelle évangélisation.

« On a remarqué une grande ouverture à ces thèmes », a commenté le président du RnS qui voit en ce synode le signe tangible d’une entrée dans le nouveau millénaire.

Selon lui, ce synode a permis « d’entrer concrètement et pleinement dans les attentes du nouveau millénaire » : « N’oublions pas que nous sommes la première génération du premier siècle de ce troisième millénaire » et que « seules trois générations dans l’histoire ont eu ce privilège », a-t-il dit.

«  Ce synode m’a donné la perception que l’Église a vraiment fait son entrée dans le Novo Millennio Ineunte », a conclu SalvatorMartinez, après avoir relevé que « le mot Renouveau a été l’un des plus utilisés par l’Assemblée ».