Bosnie-Herzégovine: Les évêques travaillent pour l'avenir des catholiques

Une situation alarmante

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ROME, mercredi 29 février 2012 (ZENIT.org) – L’avenir des catholiques de Bosnie-Herzégovine dépend notamment de la capacité de leurs évêques d’élaborer des plans pastoraux communs, indique un télégramme du cardinal Bertone.

La 14e réunion commune de la Conférence épiscopale bosniaque et de la Conférence épiscopale croate s’est tenue les 30 et 31 janvier à Sarajevo, sous la présidence de Mgr Franjo Komarica, évêque de Banja Luka, et Mgr Marin Srakic, archevêque de Dakovo-Osjek, en présence de tous les évêques de Bosnie et de 19 évêques de Croatie, et du nonce apostolique, Mgr Alessandro D’Errico, rapporte L’Osservatore Romano en italien de ce 29 février 2012. En effet, dans leur très grande majorité les catholiques de Bosnie sont des Croates.

Lors de la messe solennelle du 30 janvier, en la cathédrale de Sarajevo, le nonce a reconnu : « Nous sommes confrontés à une question très délicate qui concerne l’avenir même de la foi catholique dans le pays. (…) Les données statistiques recueillies chaque année par les curies diocésaines ne sont pas encourageantes. (…) Les évêques ont exprimé leur préoccupation pour la situation, tout en ayant très confiance dans l’action de l’Esprit de Dieu qui conduit l’histoire ».

Il a cité le message adressé aux évêques par le cardinal secrétaire d’Etat au nom du pape Benoît XVI : devant la «  gravité de la situation », le cardinal Bertone invite les évêques à ne pas se « résigner » ni se « décourager », mais à élaborer des stratégies pastorales communes.

Le pape Benoît XVI souhaite, dit-il, que la « réflexion collégiale des évêques des deux conférences épiscopales puisse contribuer à inspirer des initiatives utiles, pour faire en sorte que le peuple croate soit ne mesure de continuer à remplir sa mission ecclésiale en Bosnie-Herzégovine, et a offrir sa précieuse contribution pour la vie civile du pays ».

Il voit dans cette réunion des deux épiscopats « un nouveau signe de l’unité de l’Eglise catholique en Croatie et en Bosnie » et de la « vision commune du rôle, des responsabilités et des activités de l’Eglise », accompagnée de la « même dévotion » envers le Successeur de Pierre et d’un « engagement ecclésial sincère devant les défis que le peuple croate doit affronter dans la région, et avec des intervention exemplaires de solidarité envers les couches sociales les plus pauvres et nécessiteuses ». Le cardinal Bertone souhaite donc l’élaboration de « lignes pastorales communes ».

Pour surmonter ces difficultés il invite les pasteurs à « intensifier leur engagement en faveur des catholiques de Bosnie », et il demande « des initiatives concrètes pour endiguer le phénomène de l’émigration de la population catholique du pays ». Il rappelle la disponibilité de l’Eglise à collaborer avec les autorités civiles et à avec toutes « les personnes de bonne volonté » notamment pour favoriser la paix.

Il cite les alarmantes statistiques officielles : les catholiques de Bosnie sont passés de 800.000 à 440.000, de 1991 à aujourd’hui, en raison de la guerre des années 90, des réfugiés, de la situation économique qui pousse de nombreux jeunes à quitter les pays, mais aussi la baisse du taux de natalité, et l’arrêt démographique.

C’est pourquoi il encourage la mobilisation des évêques pour l’avenir des catholiques du pays pour favoriser l’amélioration des conditions de vie, notamment des jeunes « qui ont besoin de postes de travail pour pouvoir rester en Bosnie-Herzégovine ».

Le cardinal Vinko Puljic, archevêque de Sarajevo, a récemment déploré le « nettoyage ethnique » visant les catholiques avec « l’approbation tacite » de la communauté internationale (cf. Zenit du 25 janvier 2012).

Anita Bourdin