Bouddhistes et chrétiens ensemble « au service de l’humanité »

Message pour la fête de Vesakh

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ROME, Jeudi 4 mai 2006 (ZENIT.org) – Bouddhistes et chrétiens « au service de l’humanité » : c’est le thème du message, en date du 14 février, adressé, comme chaque année par le conseil pontifical pour le Dialogue interreligieux, actuellement présidé par le cardinal Paul Poupard, aux Bouddhistes, à l’occasion de la fête de Vesakh.



Le message est publié aujourd’hui par la salle de presse du Saint-Siège dans son original en anglais mais avec une traduction officielle en français (cf. ci-dessous, « Documents »).

La fête de Vesakh est en effet la plus importante pour les Bouddhistes. Dans les pays de tradition « therevada », elle tombe cette année le 12 mai.

Les Bouddhistes y commémorent les principaux événements de la vie de Bouddha.

Dans les pays de tradition « mahayana », les différents moments de la vie de Bouddha sont commémorés sur plusieurs jours.

Cependant la fête la plus importante est la fête du Vesakh au cours de laquelle on fait mémoire de la naissance de Siddharta Gautama.

Les réflexions du cardinal Poupard « s’inspirent cette année de la première lettre du pape Benoît XVI aux catholiques du monde entier ».

« Cette lettre « Dieu est Amour », ou « Deus caritas est » (DCE) selon le titre latin, s’interroge sur la nature de l’amour, explique le cardinal français. Sa Sainteté le Pape a la conviction qu’il est nécessaire que ce mot, si fréquemment utilisé et pourtant si souvent incompris, soit ramener à son vrai sens afin d’être une balise lumineuse pour la vie de tous les jours ».

Il résume le document en ces termes : « Le Pape Benoît XVI parle de deux formes d’amour : tout d’abord « eros », l’amour entre un homme et une femme, un amour à la recherche d’une satisfaction personnelle ; puis « agapè », un amour qui cherche le bien de l’autre, quand bien même la personne est différente, voire inconnue. Pour les chrétiens, cette deuxième forme d’amour n’est possible qu’à travers un enracinement dans l’amour pour Dieu comme réponse à l’amour même de Dieu pour les êtres humains. Ainsi, l’amour pour Dieu et l’amour pour nos frères sont inséparables car ils relèvent d’un unique commandement. « L’amour grandit par l’amour. L’amour est « divin » parce qu’il vient de Dieu et qu’il nous unit à Dieu » (DCE 18) ».

Et d’expliquer le fond de la foi chrétienne en précisant : « Nous chrétiens, nous croyons que la manifestation parfaite d’ « agapè » se fonde en Jésus-Christ, le Fils de Dieu fait homme qui, par ses paroles et ses actes, a consacré sa vie entière à répandre la Bonne Nouvelle de l’amour de Dieu. En donnant sa vie pour l’humanité tout entière, Jésus a offert l’expression ultime de cet amour. Plus encore, par le don particulier de lui-même dans l’eucharistie, Jésus est la source de l’ « agapè ». Abreuvés à cette source, les chrétiens s’efforcent de suivre les traces de Jésus en témoignant leur amour à leurs frères et à leurs sœurs, spécialement aux pauvres et à ceux qui souffrent ».

Le message évoque le « dialogue » déjà en cours avec les Bouddhistes en soulignant la force du concept d’amour dans cette tradition religieuse: « Nous avons pu apprécier l’importance que vous les bouddhistes, vous accordez à l’amour pour vos semblables et qui s’exprime dans le concept de « metta », un amour excluant tout désir de possession mais uniquement tourné vers l’aide d’autrui. C’est un amour qui est prêt à sacrifier l’intérêt personnel au bénéfice de toute l’humanité. Ainsi, « metta », selon l’enseignement bouddhiste, ne se limite pas à une pensée bienveillante mais s’ouvre à l’accomplissement d’actes charitables, au service de l’individu et de tous. C’est à vrai dire une bonté universelle. Il ne faut pas non plus oublier une autre vertu, « karuna », à travers laquelle s’exprime une compassion aimante à l’égard de tous les êtres vivants ».

Et d’interroger : « Dans ce monde où le mot amour est si souvent utilisé et galvaudé, ne serait-il pas utile aux bouddhistes et aux chrétiens de redécouvrir son sens original, selon leurs traditions respectives, et partager les uns avec les autres sa compréhension ? Cela pourrait être un encouragement pour les fidèles des deux traditions à travailler ensemble à la construction de relations fondées sur l’amour et la vérité, à nourrir un respect mutuel, à promouvoir le dialogue et à favoriser la collaboration au service de ceux qui sont dans le besoin ».

« Que la fête de Vesakh puisse être un temps au cours duquel l’amitié entre bouddhistes et chrétiens se consolide et où la collaboration, dans un esprit d’ « agapè » et de « metta », se renforce. Dans cet esprit, je vous souhaite un très Joyeux Vesakh », conclut le cardinal Poupard.