Brancher les brebis sur la fréquence Evangile

La capacité de communication du pape

Rome, (Zenit.org) Alfonso M. Bruno | 642 clics

Fin juillet, le pape François rencontrera à Rio de Janeiro les participants des Journées mondiales de la Jeunesse. Cet événement, devenu le plus grand et le plus excitant des rassemblements du monde catholique, qui a lieu tous les deux ans, fut une intuition du bienheureux Jean Paul II. En bon communicateur qu’il était, celui-ci avait compris que l’Eglise passait à travers les jeunes et qu’il fallait leur proposer une formule de communion et de communication qui colle à leur culture et à leur langage.

Le pape François, en bon sud-américain, a la capacité d’entrer en relation avec son prochain de manière spontanée et chaleureuse, capable de créer empathie et consensus, des éléments nécessaires pour la perméabilité d’un message comme celui de l’Evangile.

Dans les années 70, Marshall McLuhan, le plus grand des experts en médias de tous les temps, affirmait déjà  que ce n’était pas l’autorité de l’Eglise qui était en cause mais ses formes.

« Les jeunes, écrivait-il, acceptent l’autorité du Disc jockey parce qu’il les met en communication avec ce qui est dans le vent, dans l’air. Ils vibrent à leur unisson. Le nouveau mode de penser et de parler, le nouveau style auquel tous se conforment est acoustique. La nouvelle méthode ne consiste pas à voir ou à faire, mais  à  se mettre au même diapason ou sur la même longueur d’ondes comme on disait autrefois. C’est l’idée même de la communication qui a changé. Dans un monde circonscrit, cohérent, soit dans le monde de Newton, la communication se fait à travers des connexions et liaisons. Dans le monde électronique, il n’y a plus de connexion, mais des surfaces séparées qui vibrent à l’unisson ou alors sont en désaccord ».

Pour exprimer leur idée de communication, les jeunes se servent de certaines expressions anglaises inspirées au monde électronique et acoustique: to be right on (être dans le mille), to be with in (être en phase), to be in  (être dedans), catch the right vibration (vibrer à l’unisson avec), to turn on  (régler un appareil électronique), to tune in (être sur la bonne fréquence). Comme dans l’Evangile de St Jean « Que celui qui a des oreilles pour entendre, entende », se règle sur la bonne fréquence.

Aujourd’hui la plupart des personnes n’ont pas d’oreilles pour comprendre, seulement pour entendre. Entendre c’est se limiter à faire attention, pour s’entendre, avec les yeux, comprendre de quelle manière les paroles arrivent, ce que dit celui qui parle: mais ce n’est pas comprendre, être sur la même fréquence ou la même longueur d’onde que celui qui émet. Le Christ lui-même utilise cette métaphore : il dit entendre par opposition à comprendre.

Les scribes étaient des auditeurs, ils scrutaient les textes « Ici il a été dit ceci … et toi tu dis cette autre chose ». Mais ils ne comprenaient pas : ils n’avaient pas d’oreilles pour comprendre, mais uniquement pour entendre. Cette situation se répète encore aujourd’hui: nous pouvons avoir tous les titres requis, mais ne pas être capables de nous accorder sur la bonne fréquence. Le Christ dit encore: « Les brebis connaissent ma voix. Je connais mes brebis et mes brebis reconnaissent ma voix. Mais si vous, vous n’arrivez pas à me comprendre, vous ne faites pas partie de mon troupeau ».

Il le dit très souvent dans son évangile: la plupart de ces personnes n’appartient pas à mon troupeau, voyage sur une mauvais fréquence. Si elles  entendent ma voix c’est parce que le Père les a mises sur la bonne fréquence. Il les a programmées de l’intérieur, pour qu’elles puissent  comprendre le Christ. Cela, nous le lisons dans St Jean: le Père m’a donné certaines personnes qui savent me comprendre, d’autres qui se contentent d’entendre ; ces derniers ne savent pas régler leur appareil, ne comprennent rien.

C’est effectivement un grand mystère, qui renvoie alors aux paroles récentes du pape François quand il dit à ses prêtres à l’ouverture du Congrès du diocèse de Rome, le 17 juin dernier: « Chers frères, de brebis nous n’en avons qu’une, il en manque 99, allons les chercher », demandons « la grâce de sortir pour annoncer l’Evangile » car » il est plus facile de se trouver chez soi avec une seule brebis, à la brosser, la caresser ». Puis il s’est exclamé: « Mais Le Seigneur attend de nous prêtres et de vous chrétiens, de nous tous, que nous soyons des pasteurs, pas des brosseurs de brebis!… ».

Traduction Océane Le Gall