Brésil : Benoît XVI plaide pour des célébrations sans « ambiguïtés »

Message du pape en vue du congrès eucharistique national

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ROME, Vendredi 16 avril 2010 (ZENIT.org) - Benoît XVI plaide pour des célébrations eucharistiques sans « ambiguïtés » ni « réductions ». Pour Benoît XV, « l'attitude première et essentielle du chrétien », n'est pas de « faire » mais « d'écouter, de s'ouvrir, de recevoir ». Il rappelle le lien entre eucharistie et sacrifice de la Croix. Il souhaite que grâce à l'eucharistie les catholiques du Brésil vivent un nouvel élan missionnaire.

Le pape a confié ce message sur l'eucharistie hier matin aux évêques de la région Nord II du Brésil (Amazonie) qu'il a reçus en audience à l'occasion de leur visite ad limina et en préparation au congrès eucharistique national. Le pape a notamment commenté l'épisode évangélique des Pèlerins d'Emmaüs (Luc 24).

« Le centre permanent et la source du ministère pétrinien est dans l'eucharistie, cœur de la vie chrétienne, commencement et sommet de la mission évangélisatrice de l'Eglise », a confié le pape.

Il rappelle la « présence réelle » du Christ, « pain vivant pour l'humanité », dans le pain et le vin consacrés.

Et il encourage le culte eucharistique. Car le négliger provoque une perte du sentiment chrétien du « mystère ». C'est aussi ce qui se produit lorsque ce n'est pas Jésus qui est au centre de la messe mais une communauté préoccupée de beaucoup de choses au lieu de se recueillir et de se laisser « attirer par le Seigneur ».

Pour Benoît XVI au contraire « l'attitude première et essentielle du chrétien », n'est pas de « faire » mais « d'écouter, de s'ouvrir, de recevoir ».

Mais le pape n'encourage pas pour autant la « passivité » ou l'indifférence : il invite les baptisés à coopérer activement à la vie de l'Eglise. Car par nature elle est à la fois « humaine et divine », « visible et dotée de réalités invisibles » « fervente dans l'action et vouée à la contemplation », « présente dans le monde et en pèlerinage ».

Le pape résume son exhortation par cette formule : « Si la figure du Christ n'émergeait pas dans la liturgie », ce ne serait pas une « liturgie chrétienne, toute dépendante de son Seigneur, suspendue à sa présence créatrice ».

Le pape a déploré qu'au nom de « l'inculturation » on tombe parfois dans le « syncrétisme » et l'on introduit dans la célébration de la messe des « rites pris à d'autres religions ou à des particularismes culturels ».

Or, « le mystère eucharistique est trop grand, a souligné le pape en citant Jean-Paul II, pour supporter « des ambiguïtés ou des réductions », particulièrement lorsque « dépouillée de sa valeur sacrificielle, il est vécu comme s'il ne dépassait pas le sens et la valeur d'une rencontre fraternelle conviviale ».

Le culte, insiste le pape ne peut pas naître de notre « imagination » : ce serait un « cri dans le noir » ou une simple affirmation de soi.

« L'Eglise, fait observer le pape, peut célébrer et adorer le mystère du Christ présent dans l'eucharistie justement parce que le Christ lui-même s'est donné à elle le premier dans le sacrifice de la Croix ».

L'Eglise, conclut le pape, « vit de cette présence » et « sa raison d'être et d'exister est de répandre cette présence dans le monde entier ».

Anita S. Bourdin