Brésil : Marche pour la vie le 26 juin

Par la présidente de « Brésil sans avortement »

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Thácio Siqueira

Traduction d’Anne Kurian

ROME, vendredi 22 juin 2012 (ZENIT.org) – Alors que les parlementaires brésiliens étudient à la fois une proposition de dépénalisation de l’avortement, et une proposition de « statuts pour l’enfant à naître », une Marche pour la vie aura lieu le mardi 26 juin.

La 5e Marche nationale des citoyens brésiliens pour la vie, organisée par le mouvement national de défense de la vie, « Brésil sans avortement », aura lieu dans la capitale du Brésil, Brasilia.

Lenise Garcia, professeur à l’Institut  de biologie de l’Université de Brasilia, membre de la Commission bioéthique de la Conférence épiscopale, et présidente du mouvement “Brésil sans avortement”, a accordé un entretien à Zenit.

Zenit – Un projet de loi intitulé « Loi de l’enfant à naître » est à l'étude. En quoi est-ce qu’il rejoint la défense de la vie au Brésil?

Lenise Garcia – Le projet du “Statut de l’enfant à naître” rend explicite et concret quelque chose qui est déjà prévu dans notre législation: le droit inaliénable à la vie depuis la conception. Il traite de principes tels que: "La dignité humaine et la nature de l’enfant à naître est reconnue depuis la conception, lui garantissant une pleine protection juridique" (Art. 3), et "tous les droits de l’enfant à naître sont reconnus depuis la conception, spécialement le droit à la vie, à la santé, au développement, à l’intégrité physique et d’autres droits personnels prévus (articles 11 à 21 de la loi n° 10,406 du 10 janvier 2002, cf.Paragraphe 1 de l'article 3).

Le projet contient aussi des propositions concrètes, telles que: "Le diagnostic prénatal est ordonné au respect et il protège le développement, la santé et l’intégrité de l’enfant non encore né" (Art. 11); "Le diagnostic prénatal doit être précédé du consentement informé de la femme enceinte" (Paragraphe 1); "Les méthodes de diagnostic prénatal qui présentent des risques disproportionnés ou inutiles pour la mère ou pour l’enfant à naître sont interdits" (Paragraphe 2).

Une fois approuvé, le “Statut de l’enfant à naître” rendra difficile l’interprétation des lois que certains font aujourd’hui, qui laisse des vides juridiques, utilisés pour pratiquer l’avortement.

Pour les mouvements pro-vie, il est également important d’avoir un ordre du jour positif, qui ne se contente pas de la lutte “contre” la légalisation de l’avortement, mais qui montre que nous sommes “en faveur” de la vie, y compris celle qui est en situation complexe et délicate.

Qu’est-ce qui est requis pour l’approbation de ce projet ?

Les projets nés au Congrès doivent suivre une longue procédure au Brésil. Ce projet particulier a été approuvé par la Commission Aide sociale et Famille de la Chambre des députés, mais il doit encore aller à la Commission Finance et Taxation, ainsi qu’à la Commission Constitution, Justice et citoyenneté. Une fois approuvé à la Chambre, le texte doit aller au Sénat. Tout ceci peut se faire rapidement, si la population est attentive à suivre la procédure. Sinon, la tendance du Parlement est “l’oubli” des projets controversés. D’où l’importance de la manifestation de la population pour l’approbation de la Loi de l’enfant à naître.  

Il existe aussi un projet pour approuver l’avortement?

Le Code criminel est en train d’être revu. Le Sénat a d’abord désigné une commission de juristes, qui va présenter un projet à analyser aux parlementaires. Ce projet n’a pas encore été officiellement présenté; cependant, certaines parties ont été rendues publiques, et, dans le domaine des crimes contre la vie, il contient des points assez inquiétants concernant l’avortement et l’euthanasie. Par exemple, la proposition dit que l’avortement n’est pas un crime jusqu’à la 12e semaine quand, sur demande de la femme enceinte, le “docteur ou le psychologue déclare que la femme ne réunit pas les conditions pour assumer la maternité.” Il est évident qu’en donnant des règles si floues, de nombreuses portes s’ouvriraient.

A quoi sert la manifestation dans les rues?

Nous savons qu’une majorité de la population brésilienne est contre la légalisation de l’avortement. Il faut que cela soit démontré aux parlementaires afin qu’ils puissent agir selon le désir de ceux qui les élisent. Sortir dans les rues est une façon efficace de faire cette démonstration. Par exemple, la Commission des juristes qui est en train d’élaborer la proposition pour le Code pénal inclut de nombreuses idées qui sont dans ses propres pensées mais pas dans celles des brésiliens. Cependant, ils sont nos représentants légitimes. Les sénateurs devraient l’être, puisqu’ils sont élus pour cela. Un des objectifs de la Marche est de leur rappeler leur représentativité, pour leur montrer que nous faisons attention.

Qui se joindra à la manifestation?

Nous avons la participation de personnes de nombreuses religions et même sans religion. Tout citoyen qui comprend et veut promouvoir la dignité humaine de chaque personne, y compris dans les phases initiales de l’existence, est invité à participer. Lors d’évènements précédents, nous avions la présence de catholiques, évangéliques de différentes dénominations, bouddhistes, croyants de "Seicho-no-le", participants de la "Légion de la bonne volonté" (Good Will) et de nombreux autres.