Brésil: "un cri pour la vie" et la libération des esclaves du XXIe siècle

Mobilisation à  l'occasion de la Coupe du monde de football

Rome, (Zenit.org) Anita Bourdin | 374 clics

Les religieux et les religieuses se mobilisent au Brésil pour lutter contre les esclavages du XXIIe qui s'accroissent lors des grands événements mondiaux comme la Coupe du mond ede football qui débutera le 12 juillet.

Une campagne internationale, auprès des joueurs, des supporteurs, des jeunes vulnérables, et de l’opinion publique, a été présentée ce mardi matin, 20 mai, au Vatican, par le cardinal brésilien Joao Braz de Aviz, préfet du dicastère pour la Vie consacrée, et par des trois religieuses engagées dans ce combat au niveau international : Soeur Carmen Sammut, MSOLA, présidente de l’Union Internationale des Supérieures générales (UISG) ; Soeur Estrella Castalone, FMA, des Philippines, coordinatrice du réseau « Talitha Kum » ; et Sœur Gabriella Bottani, SMC, Combonienne travaillant au Brésil, coordinatrice de « Un jeu pour la vie ».

Mme Antoinette C. Hurtado représentait l’ambassade des Etats Unis près le Saint-Siège qui soutient cette initiative.

Celle-ci est promue par le Réseau international de la vie consacrée contre la traite des personnes « Talitha Kum » - « Petite fille, lève-toi » - : paroles adressées par le Christ, en araméen, une petite fille qu’il a rappelée à la vie (Evangile selon saint Marc 5, 40-43).

Campagne au Brésil, un cri pour la vie

Les évêques du Brésil ont préparé cette campagne grâce à leur Campagne de Fraternité de carême, à laquelle le pape François a répondu par un message où il répète qu’il n’est pas possible de « rester impassible » face à cette « plaie sociale », rappelle sœur Gabriella Bottani.

Au Brésil ; la campagne de Talitha Kum, avec pour slogan « un cri pour la vie » touche 19 des 26 Etats fédéraux. Des groupes de religieux, de religieuses et de laïcs collaborent activement avec les ONG et les organisations gouvernementales pour des actions préventives de prise de conscience, dénonciation de la traite et réinsertion psycho-sociale des victimes.

Il s’agit aussi de contribuer à former les consciences, à proposer des chemins de libération et rachat.

La Campagne de Fraternité, avec pour thème « C’est pour la liberté que le Christ nous a libérés » a permis une « action capillaire » de toutes les communautés chrétiennes, instruments et compétences, pour dénoncer les situations de traite.

« Nous ne pouvons pas rester passif, mais nous mobiliser comme chrétiens et citoyens pour éradiquer et racheter la vie des filles et des fils de Dieu », insiste sœur Gabriella.

Jouer en faveur de la vie

Le Brésil est un pays d’origine, de transit, de destination des personnes victimes de la traite, à l’intérieur et hors frontières, notamment en Amazonie et sur littoral du Nordeste : des jeunes femmes venant de familles pauvres, ayant peu études, ont le profil typique des victimes de l’exploitation sexuelle.

Sous différentes formes : tourisme à but sexuel, exploitation de la prostitution de mineurs, qui ouvre la porte au trafic international.

La Coupe du monde se disputera dans 12 villes qui sont des routes de tourisme sexuel et de prostitution des jeunes.

Mais peu d’information est disponible pour les moyens de communication, fait observer sœur Gabriella. Ce manque d’information rend la traite un phénomène « quasi imperceptible » : des femmes deviennent « objet du plaisir sexuel », victimes de « la logique du marché », qui met « le profit au-dessus des personnes », dénonce la religieuse italienne depuis quelques années au Brésil.

Elle dénonce les « fausses promesses de travail » par lesquelles les jeunes sont trompés.

Elle rappelle que la rencontre les nations pour la Coupe du monde est un « moment pour célébrer la rencontre entre les peuples, la beauté du jeu » et les réseaux religieux veulent faire de la Coupe « un espace positif pour la culture des droits et de la vie ».

Ils mobilisent notamment les réseaux sociaux dont une page facebook, pour informer et indiquer comment intervenir.

Les tracts seront distribués dans les moyens de transports, les ports, les gares, les aéroports, les lieux touristiques, y compris par une information aux media d’autres pays, notamment Colombie, Pérou, auprès des personnes en situation de risque.

La « Vie consacrée et Eglise accompagnent ce grand événement, qui offre une opportunité de rencontre universelle », en manifestant « la valeur profonde du sport », et une « invitation à réfléchir sur la vie et le dialogue des cultures et des peuples ».

Sœur Gabriella invite à « élever sa voix » car « tous ont le droit de vaincre » - contrairement à la Coupe qui n’ira qu’à un vainqueur - pour avoir « vie en abondance », maison, soins de santé, écoles, travail digne, migration, liberté …

Voilà ce que signifie, pour Talitha Kum, « jouer pour la vie », et contre la traite et l’exploitation.