Bruxelles: "Dieu et l'Europe", encouragements de Jean-Paul II

Le pape soutient les demandes des euro-députés chrétiens

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CITE DU VATICAN, Jeudi 3 avril 2003 (ZENIT.org) - Dans un message aux participants du colloque "Dieu et l'Europe", qui se tenait aujourd'hui à Bruxelles, Jean-Paul II encourage les demandes de la Convention des Chrétiens pour l'Europe.



Ce colloque intitulé "Dieu et l'Europe: Liberté religieuse et liberté politique dans le traité fondateur de la nouvelle Europe" s'est en effet tenu aujourd'hui, à l'initiative d'un groupe de onze députés européens catholiques et la Convention des chrétiens pour l'Europe (cf. www.libertepolitique.com, et, pour le courrier: universite@libertepolitique.com ). L'initiative correspond à l'ouverture de la nouvelle session pour la convention européenne présidée par M. Valéry Giscard d’Estaing.

Le message adressé par Jean-Paul II à Mgr Faustino Sainz Muñoz, nonce apostolique auprès des Communautés européennes, pour les participants de ce séminaire exprime en substance la satisfaction du pape pour une telle initiative parce qu'elle permet de mieux comprendre la valeur de l'héritage religieux, et en particulier du patrimoine chrétien, qui imprègne la culture et les institutions du continent.

Jean-Paul II déclare encourager les demandes de la Convention des Chrétiens pour l'Europe présentées aux membres de la Constituante européenne, à savoir la reconnaissance de la dimension sociale de la liberté religieuse, le respect de l'identité et du statut juridique dont jouissent déjà les Eglises et les communautés religieuses dans les législations nationales, et la possibilité d'un dialogue structuré entre l'Union et les confessons religieuses.

Reconnaître les racines chrétiennes de l'Europe est une condition nécessaire pour que l'Europe soit vraiment unie et une lieu de liberté pour tout homme, c'est en effet, commente aujourd'hui Radio Vatican, la conviction qui émerge de cette journée de réflexion.

Le vice-président de la Convention des chrétiens pour l'Europe, Giorgio Salina, a souligné combien les institutions politiques sont tenues de reconnaître et sauvegarder les droits humains co-naturels dont le premier est la liberté religieuse.

Ce séminaire a rassemblé au siège bruxellois du Parlement des personnalités politiques, des juristes, des historiens, et des chercheurs de différents pays d'Europe, y compris des pays candidats à l'Union, particulièrement "préoccupés, disait le député italien Francesco Fiori, par le changement anthropologique et culturel qui se produit en Europe, et qui trouve dans ses attaques contre la famille sa traduction politique la plus immédiate".

Pour un autre italien, Cesare Mirabelli, président émérite de la Cour constitutionnelle italienne et consultant des Chrétiens pour l'Europe, "méconnaître les racines religieuses n'est pas un acte de neutralité, mais un choix politique qui aboutit à la restriction des libertés personnelles et sociales".

Onze députés catholiques européens se sont ainsi mobilisés avec des représentants de la société civile européenne pour soutenir les initiatives constitutionnelles en faveur du respect de la liberté religieuse en Europe, condition de toute liberté politique élémentaire, indique dans un communiqué Elizabeth Montfort, membre du Parlement européen (Fr) et Philippe de Saint-Germain, Délégué général de la fondation de Service Politique.

L'animation était en effet assurée par la Fondation de Service Politique (Paris) et la Convention des Chrétiens pour l’Europe (Barcelone). Ils sont soutenus par l'Institut des Relations Eglise-Etat (Aix-en-Provence), "The European Center for Law and Justice" (Strasbourg), la "Fondation Guilé" (Genève) et le Parti Populaire Européen.

La Convention européenne, chargée de préparer le futur traité fondateur de l'Europe réunifiée, vient d'examiner la question des références religieuses dans l'article 2, souligne le communiqué: « Les valeurs de l'Union ».

L'arrivée de dix nouveaux pays d'Europe centrale et orientale pose à nouveau la question de l'identité de l'Europe si l’on ne veut pas que celle-ci soit réduite un simple espace économique. C'est la raison de ce colloque qui aura lieu le jeudi 3 avril : « Dieu et l’Europe ? Liberté religieuse et liberté politique dans les traités fondateurs de la nouvelle Europe. »

Les initiateurs du colloque souhaitent que soit mentionné dans les textes juridiques de référence de la nouvelle Europe la source des principes qui ont donné naissance à notre communauté de nations et qui ont guidé le processus de la construction européenne, telles que la dignité de la personne humaine, la solidarité et la subsidiarité, valeurs reconnues et encouragées par l'enseignement social de l'Église.

Dans le plein respect d’une juste laïcité, ils souhaitent que soient reconnus :
-la liberté religieuse dans sa dimension individuelle et sociale,
-l'opportunité d'un dialogue entre gouvernants et communautés de croyants,
-le respect du statut juridique des Églises tel qu'il existe dans les États membres de l'Union.

Les parlementaires associés au projet représentent six nations : l’Espagne, la France, l’Irlande, l’Italie, les Pays-Bas, le Portugal. Les universitaires qui sont intervenus durant le colloque représentent également l’Allemagne, l’Autriche, la Belgique, la Hongrie, la Pologne, la Roumanie, la Slovaquie. Les États-Unis seront représentés. Mgr Faustino Sainz de Munoz a célébré la messe d’ouverture du colloque.

A l'issue du colloque, une Contribution pour la liberté religieuse et politique en Europe a été remise officiellement à la Convention.