Burundi : La nonciature dans les bombardements de Bujumbura

On craint une « ethnification » du conflit

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ROME, Vendredi 25 avril 2008 (ZENIT.org) - « Il n'y a ni morts ni blessés et les dommages sont assez limités », disent les sources de la nonciature de Bujumbura, contactées par Fides : le bâtiment de la nonciature a été touché par un coup de canon lancé des positions des rebelles sur les collines qui dominent la capitale burundaise.

« Vers 21h30 hier soir, le 22 mars, une grenade ou peut-être des roquettes ont atteint la cour interne de la nonciature. Par chance il n'y avait personne au siège diplomatique, car le nonce apostolique, Mgr Paul Richard Gallagher, est en congé, et le secrétaire de nonciature était en train de rentrer au siège », indiquent les sources de Fides. « Nous sommes en train d'évaluer les dommages ; il y a des vitres et des fenêtres cassées, mais à première vue il ne semble pas y avoir de dommages plus graves, comme des structures en danger », ont-elles ajouté.

« Nous ne pensons pas que les rebelles voulaient toucher délibérément la Nonciature, ils voulaient probablement toucher la résidence du Président, qui est voisine du siège diplomatique. Le palais présidentiel se trouve au contraire à environ un kilomètres de distance », précise la source de Fides.

Le bombardement sur Bujumbura a duré jusqu'à minuit avec l'emploi de canons et de lance-roquettes de la part des rebelles des Forces Nationales de Libération (FNL). L'offensive rebelle a explosé la semaine dernière (voir Fides 18/4/2008). Les combats, qui concernent les contours de la capitale et 4 provinces de l'Ouest, ont provoqué la mort d'une trentaine de personnes, un bilan qui est voué à augmenter.

L'armée burundaise a bombardé plusieurs positions des rebelles de la région de Rokoko, à une vingtaine de kilomètres de Bujumbura, à la frontière de la République Démocratique du Congo.

Durant les précédentes offensives contre la capitale, des inconnus avaient ouvert le feu contre la résidence de Léonard Nyangoma, leader du parti principal de l'opposition, le Conseil National pour la Défense de la Démocratie (CNDD). Dans un communiqué publié par la presse locale, Nyangoma demande au gouvernement une enquête sur cet épisode et se demande s'il ne s'agit pas d'actes d'intimidation envers l'opposition. Dans le communiqué, on condamne les violences et ont fait appel à tous les partis afin que la raison prévale et que l'on évite toute forme de régionalisme ou « d'éthnification » du conflit.