Canada : « Mariage » entre personnes de même sexe, réaction des évêques

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CITE DU VATICAN, Jeudi 9 décembre 2004 (ZENIT.org) – « Nous exhortons les membres du Parlement à mener un débat complet, informé et vigoureux sur cette question et nous demandons la tenue d’un vote libre qui permettra à tous les députés de voter selon leur conscience », écrivent les évêques du Canada qui réaffirment l’enseignement de l’Evangile et de l’Eglise sur le mariage chrétien dans la déclaration ci-dessous (cf. www.cccb.ca), en date du 9 décembre, à l'occasion de la décision de la Cour Suprême du Canada dans le renvoi sur le mariage.



1. Les membres de la Conférence des évêques catholiques du Canada (CECC) souscrivent à l’affirmation de la Cour suprême du Canada, dans sa décision sur le renvoi relatif au mariage entre personnes de même sexe, à l’effet que « La protection de la liberté de religion offerte par l’Al. 2a) de la Charte a une portée étendue et la jurisprudence de notre Cour sur la Charte la défend jalousement (paragraphe 53). Nous sommes rassurés du fait que « les autorités religieuses sont protégées contre la possibilité que l’État les contraigne à marier civilement ou religieusement deux personnes de même sexe contrairement à leurs croyances religieuses » (paragraphe 60), et que ce jugement confirme que la liberté de religion protège contre « l’utilisation forcée de lieux sacrés pour leur célébration » (paragraphe 59).

2. L’Église catholique continuera à célébrer le sacrement de mariage comme l’union d’un homme et d’une femme. Nous comptons bien que soit respectée la liberté de conscience et de religion de tous et de chacun par le gouvernement fédéral, les gouvernements provinciaux et territoriaux, et que personne ne soit forcé d’agir à l’encontre de ses croyances.

3. Nous prenons note que la Cour a choisi de ne pas répondre à la quatrième question portant sur l’exigence hétérosexuelle du mariage, interpellant ainsi le Parlement à se pencher sur la question.

4. Nous continuons à soutenir que le mariage est une alliance d’amour entre un homme et une femme – relation capable d’engendrer la vie. Ses buts fondamentaux sont le bien du couple, la procréation et l’éducation des enfants, et ils sont nécessaires à la survie de la société. En tant que relation engagée et solide d’un homme et d’une femme, le mariage est un élément fondamental de la stabilité sociale et de la vie familiale. À titre d’institution sociale, le mariage est ordonné au bien commun et non aux droits individuels.

5. Après les tribunaux, c’est donc le Parlement qui devient la scène des débats entourant le mariage, puisque le gouvernement a promis d’y déposer un projet de loi. Nous exhortons les membres du Parlement à mener un débat complet, informé et vigoureux sur cette question et nous demandons la tenue d’un vote libre qui permettra à tous les députés de voter selon leur conscience.

6. En tant que leaders pastoraux de la communauté catholique du Canada, nous avons l’intention de participer à ce débat. Nous encourageons aussi tous les citoyens à s’impliquer par tous les moyens possibles dans le débat qui s’amorce et à faire connaître leurs points de vue à leurs représentants à la Chambre des Communes et au Sénat. Nous appelons plus particulièrement les laïcs catholiques — et surtout ceux qui ont l’expérience du mariage— à jouer un rôle actif dans ce vaste débat. Il est vital que les Canadiennes et les Canadiens prennent cette fois le temps de participer au dialogue sur cette institution fondamentale au sein de laquelle naît et grandit la prochaine génération.