Canada : une décision judiciaire en faveur de la légalisation de l'euthanasie

Protestation des évêques catholiques

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P. John Flynn

Traduction d’Anne Kurian

ROME, lundi 25 juin 2012 (ZENIT.org) – Le gouvernement canadien est sommé, par décision judiciaire, de légaliser l’euthanasie. La Conférence des évêques du Canada déplore la décision.

La Cour suprême de la province canadienne de la Colombie britannique (BC) établit, dans un jugement rendu le 15 juin 2012, que la loi canadienne interdisant le suicide assisté n'est pas valide.

Le Parlement a donc une année pour élaborer un projet de loi permettant l’euthanasie. Mais le gouvernement peut aussi faire appel de cette décision auprès de la Cour suprême du Canada.

Le jugement de la Cour suprême statue sur le cas de Gloria Taylor, qui souffre d’une sclérose latérale amyotrophique (SLA). Le juge, Lynn Smith, précise que Gloria Taylor est exempte des lois actuelles, ce qui signifie qu’elle ne doit pas attendre que le Parlement ait légiféré si elle désire mourir.  

La Conférence des évêques du Canada déplore la décision, dans une déclaration du 17 juin: « Nous sommes les intendants, non pas les propriétaires de cette vie que Dieu nous a confiée. Ce n’est pas à nous d’en disposer ».

Pour les évêques, il s’agit d’une option fondamentale : « Est-ce que nous traitons les malades, les personnes âgées, ou handicapées, en les encourageant au suicide ou en les tuant par l’euthanasie? Ou bien au contraire, est-ce que nous choisissons une culture de la vie et de l’amour où chaque personne, à chaque instant et en toute circonstance, est considérée comme un don?”

Mgr J. Michael Miller, archevêque de Vancouver, qualifie ce jugement de « faussé », dans un communiqué du 16 juin, par ce qu'il  « reflète une vision déformée de l’égalité des droits, mettant l’autonomie de la personne au-dessus de la dignité humaine et de la valeur de la vie ».

Il souligne que « la véritable liberté signifie la liberté de vivre sa vie en sécurité, dans la certitude que ceux qui prennent soin de nous sont au service de la vie, non pas de l’élimination de la vie »

Il fait observer que « ce chemin (de l’euthanasie, ndlr) a été pris en d’autres endroits du monde, et toutes les sécurités mises en place au départ se sont retrouvées soit ignorées soit contournées. »

Pour l’archevêque, « l’euthanasie ne fait pas seulement du mal aux personnes auxquelles la vie est enlevée, mais à ceux qui sont responsables de cet acte ». C’est pourquoi il demande « avec insistance » au gouvernement de « faire appel de cette décision extrêmement défectueuse et dangereuse. »