Card. Ratzinger: Le relativisme est « le plus grand problème de notre époque »

Nouveau livre du préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi

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ROME, lundi 29 septembre 2003 (ZENIT.org) – Conscient du fait que le dialogue interreligieux est devenu l’un des points chauds de la théologie, le cardinal Joseph Ratzinger a voulu offrir sa propre contribution à ce dialogue, en publiant un nouveau livre intitulé : « Foi, vérité, tolérance – le christianisme et les religions du monde » («Fede, verità, tolleranza - Il cristianesimo e le religioni del mondo», aux éditions Cantagalli).



« Le vrai problème est celui de la vérité », écrit le préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi. Le relativisme selon lequel toutes les opinions sont vraies (même si elles sont opposées), particulièrement répandu, y compris « dans la théologie », « est le plus grand problème de notre époque », estime-t-il.

Dans son nouveau livre, le cardinal Ratzinger cherche à comprendre « si le relativisme est réellement la condition préalable nécessaire pour la tolérance, si les religions sont vraiment toutes égales, ou s’il est possible de connaître la vérité ».

Le livre du cardinal, d’un peu moins de 300 pages, est en réalité une série rééditée de conférences que le cardinal Ratzinger a données au cours des dix dernières années. Le premier chapitre est un article publié en 1964 dans lequel il fait une étude phénoménologique des religions pour présenter la différence spécifique avec le christianisme.

« Il semblerait que la tolérance et le respect de l’autre aient imposé l’idée de l’équivalence de toutes les religions », écrit-il dans le chapitre intitulé : « Variations sur le thème de la foi, de la religion et de la culture ».

« En Jésus Christ, un nouveau don, le don essentiel – la vérité – nous a été offert, et nous avons par conséquent le devoir de le donner aux autres librement », constate cependant le cardinal Ratzinger, à la lumière de la Révélation chrétienne.

« Dire qu’il y a réellement une vérité, une vérité inaliénable, valide dans l’histoire, dans la figure de Jésus-Christ et dans la foi de l’Eglise, est considéré comme du fondamentalisme et se présente comme un attentat contre l’esprit moderne, et comme une menace multiforme contre son bien suprême, la tolérance et la liberté », reconnaît le cardinal.

Cependant, affirme-t-il, « renoncer à la vérité ne sauve pas l’homme ». Au contraire, estime-t-il, « la foi chrétienne pousse inexorablement vers la question de la vérité », en gardant bien à l’esprit que « la vérité ne fait violence à personne ».

« La foi chrétienne concerne tous les hommes, seulement si elle est vérité », poursuit le cardinal Ratzinger. Si elle ne l’est pas, elle n’est que la simple expression d’une culture.

Dans le nouveau monde sans dogmes, ou dans un monde dans lequel le seul dogme est le relativisme selon lequel toutes les opinions sont vraies (même si elles sont opposées), le grand défi est, selon le cardinal, de faire en sorte que « foi et raison se rencontrent ».

Mais s’il est possible de trouver la vérité, quelle peut être la relation entre les différentes religions ? Le cardinal répond par une question : L’homme « ne doit-il pas se mettre en recherche, s’efforcer de purifier sa conscience et ainsi se rapprocher – au moins cela !- des formes de religions les plus pures ? »

Les chrétiens ne doivent donc pas « transmettre uniquement un ensemble structuré d’institutions et d’idées, mais ils doivent chercher en permanence à atteindre la profondeur de la foi, le vrai contact avec le Christ ».

« Ce qui conduit les hommes vers Dieu c’est la dynamique de la conscience et de la présence silencieuse de Dieu dans la conscience et non la canonisation de ce qui existe, que l’on trouve ici et là, qui exempte les hommes d’une recherche plus profonde », affirme le cardinal Ratzinger.