Cardinal Sodano: La légalité internationale doit être respectée au Moyen Orient

Il condamne les menaces de mort contre Yasser Arafat

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ROME, lundi 26 avril 2004 (ZENIT.org) - La résolution du conflit entre Palestiniens et Israéliens en Terre Sainte passe par le respect du droit international, affirme le bras droit du pape Jean-Paul II. Celui-ci condamne les menaces de mort proférées contre Yasser Arafat.



"Dans quel code au monde une action similaire est-elle possible?" s'interrogeait le cardinal Sodano samedi au cours d'un entretien avec des journalistes italiens concernant les déclarations faites la veille par le premier ministre israélien Ariel Sharon contre le président de l'Autorité Nationale Palestinienne.

Hier dimanche, le vice-premier ministre israélien Ehud Olmert et deux autres ministres du gouvernement israéliens ont annoncé que les menaces de Sharon contre Yasser Arafat ne seraient pas mises à exécution dans l'immédiat.

"Les peuples ont créé un droit y compris en temps de guerre. Notre civilisation doit aller de l'avant et non faire marche arrière", a affirmé le cardinal Sodano, en marge de l'inauguration du centre "Marcianum", un centre d'études qui va de l'école maternelle à l'université et qui s'inspire de l'anthropologie et de la doctrine chrétienne, promu par le patriarcat de Venise.

"Où est aujourd'hui la légalité dans ces régions ? s'est interrogé le cardinal. Il existe des résolutions des Nations Unies et celles-ci doivent être appliquées. Nous ne devons pas les oublier. Si nous voulons la légalité, commençons aussi par là".

"Nous ne devons pas avoir deux poids et deux mesures, a poursuivi le cardinal dont les déclarations ont été publiées par toute la presse italienne hier dimanche. La légalité internationale est valide pour l'Italie, pour l'Irak, pour Israël et pour la Palestine".

Le 22 mars, le porte-parole du Saint-Siège, Joaquín Navarro-Valls condamnait dans une note officielle les assassinats programmés par l'armée israélienne de personnalités comme le Cheik Yassine, fondateur et leader spirituel du Mouvement de Résistance Islamique (HAMAS) à Gaza.

"Le Saint Siège s'unit à la communauté internationale pour déplorer cet acte de violence qui n'est justifiable dans aucun Etat de droit" avait affirmé le directeur du Bureau de Presse du Saint-Siège.

Pour ce qui concerne la situation en Irak, le cardinal italien estime que maintenant "c'est le moment de la solidarité. Comment ne pas se sentir proche de ces peuples ? C'est le moment d'aider l'Irak. Comment l'Eglise peut-elle oublier cette mission ?"

"Tous les mouvements… d'étudiants, d'intellectuels, de travailleurs, devraient prendre le drapeau de la solidarité", a-t-il ajouté.

En ce sens, a-t-il expliqué "l'ONU a son rôle à jouer. Mais le fait est que l'ONU est une parole. Elle dépend de ce que veulent les 191 Etats qui en font partie et en particulier de ce que veulent les Etats du Conseil de Sécurité, car c'est lui qui décide".

"Si l'un d'entre eux s'enferme dans un veto et un autre dans un autre veto, la responsabilité est de ces nations. Le veto en soi est déjà quelque chose d'absurde. Il devrait disparaître car il est le fruit de l'après-guerre. Il a peut-être eu son rôle à jouer pendant la guerre froide mais aujourd'hui c'est un anachronisme. C'est pour cette raison que plutôt que parler de l'ONU, je parle des Etats qui sont membres de l'ONU", a-t-il expliqué.

Pour ce qui concerne le rôle concret que devrait jouer l'ONU dans la transition irakienne, le cardinal affirme: "Laissons aux techniciens le soin de décider cela. Le Saint-Siège ne peut pas entrer dans le domaine des recettes concrètes".

Le cardinal Sodano n'est pas pessimiste: "Il y a beaucoup de signes d'espérance à l'horizon. On a l'impression que de nombreuses lumières sont en train de s'allumer. Espérons que nos grandes nations, riches de tant de civilisation, sauront trouver une solution et ce sera encore une fois à l'Europe et aux Etats-Unis d'aider l'Irak".