Carême : Pèlerinage intérieur vers « la source de la miséricorde »

Premier message de carême de Benoît XVI : la compassion du Christ

| 1182 clics

ROME, Lundi 30 janvier 2006 (ZENIT.org) – Le premier message de carême de Benoît XVI sera à l’enseigne de la compassion du Christ, révèle Mgr Karel Kasteel, secrétaire de Cor Unum, dans un entretien à Radio Vatican. Pour le pape, explique-t-il, le carême constitue un « pèlerinage intérieur » vers « la source de la miséricorde ».



Le message est d’ores et déjà dans les librairies romaines, souligne Radio Vatican : le carême commence dans un peu plus d’un mois, le 1er mars prochain, mercredi des Cendres.

Le pape a rédigé le message, explique Mgr Kasteel, lors de son séjour estival à Castelgandolfo.

« Il fait partie, dit-il, de sa pensée et de son magistère, exprimés dans l’encyclique “Deus Caritas Est” (rédigée à la même époque, ndlr), mais spécifiquement adressé aux fidèles qui désirent faire du carême une période féconde pour le développement de leur vie spirituelle. Le Saint-Père nous rappelle que le carême «est un temps privilégié de pèlerinage intérieur vers Celui qui est la source de la miséricorde». La miséricorde est la charité du cœur face à la misère. C’est ce que dit le mot misère. Le thème du nouveau message est donc : «Jésus, en voyant les foules, ressentit de la compassion» (Mt 9, 36) ».

Mgr Kastelle résume ainsi le message : « Dieu nous protège et nous soutient, même dans une vallée obscure. Le tentateur, au contraire, nous suggère de désespérer ou de placer une espérance illusoire dans l’œuvre de nos mains. Au contraire, aujourd’hui aussi le Seigneur écoute notre cri pour vivre dans la joie, dans la paix, l’amour. Dieu ne permet pas que les ténèbres de l’horreur dominent : «Il y a une limite imposée au mal par Dieu», comme le disait le serviteur de Dieu Jean-Paul II (dans son livre «Mémoire et identité»). Et le pape Benoît XVI le propose à nouveau et va au-delà. A notre époque, «le développement humain est de la plus haute importance. Le Christ continue de fixer son regard sur les peuples. Jésus connaît les pièges qui entravent le développement du projet divin en faveur de l’humanité». Jésus s’offre pour réaliser un tel projet. Et il dit des paroles très fortes : il n’est absolument pas possible de séparer la réponse aux besoins matériels de la satisfaction des nécessités profondes des coeurs. Et il nous rappelle notre responsabilité vis à vis des pauvres du monde, des pauvres matériels ou sociaux les pauvres du divin. Déjà, Paul VI, identifiait les dégâts du sous-développement comme une soustraction d’humanité. Il faudrait relire «Populorum Progressio» (…) ».

« En premier lieu, commentait Mgr Kasteel, il y a les valeurs suprêmes de Dieu, mais aussi la coopération pour le bien social commun. Dans la foi, de même que Jésus regardait les foules, on trouve la réponse aux besoins de notre époque. L’Eglise est engagée dans l’aide au prochain, proche ou lointain ».

Mgr Kasteel recommandait : « Pendant le carême, nous devons annuler l’opposition entre notre égoïsme et le regard du Christ. Et c’est pour cela que nous regardons vers les saints et les missionnaires qui nous donnent l’exemple, aujourd’hui et par le passé, d’autant plus à une époque d’interdépendance mondiale. Il n’existe pas de projet économique ou social sans charité. Ce n’est pas seulement une technique, mais c’est l’amour du Christ qui doit nous pousser. Telle est la logique évangélique. La bienheureuse Mère Teresa disait : «La première pauvreté des peuples est de ne pas connaître le Christ». De là découle tout le reste ».

Mgr Kasteel insistait tout particulièrement sur la liberté de religion : « Il faut par conséquent la liberté religieuse, de façon à pouvoir proclamer le Christ et son salut. Le pape affirme que c’est une erreur que de prévoir avant tout les structures externes. C’est une erreur de penser que l’on doit avant tout améliorer la terre et ensuite penser au ciel. Il répète les paroles de Jean-Paul II : «Nous savons que le Christ est venu apporter le salut intégral» (Redemptoris missio, Il) ».