Catéchèse de Benoît XVI : audience du mercredi 1er août 2012

La prière, une force pour faire le bien

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ROME, jeudi 23 août 2012 (ZENIT.org) – « Souvent nous reconnaissons ce qui est bien, mais nous ne sommes pas capables de l’accomplir. Avec la prière, nous parvenons à le faire », affirme Benoît XVI, qui encourage à « frapper avec confiance à la porte du Seigneur », avec l’assurance que Dieu « prend soin de ses enfants ».

Le pape a en effet repris ses catéchèses sur la prière, interrompues pendant le mois de juillet, lors de l’audience du mercredi 1er août, à Castelgandolfo, résidence d’été des papes. Il a commenté les enseignements sur la prière de saint Alphone de Liguori, dont l’Eglise célébrait la fête ce même jour.

Catéchèse de Benoît XVI en italien

Chers frères et sœurs,

Nous fêtons aujourd’hui la mémoire liturgique de saint Alphonse-Marie de Liguori, évêque et Docteur de l’Eglise, fondateur de la congrégation du Très Saint Rédempteur, les Rédemptoristes, et patron des confesseurs et des moralistes. Saint Alphonse est un des saints les plus populaires du XVIIIème siècle, pour son style simple et direct et pour sa doctrine sur le sacrement de pénitence : à une époque de grand rigorisme, fruit de l’influence janséniste, il recommandait aux confesseurs d’administrer ce sacrement en manifestant l’étreinte joyeuse de Dieu le Père qui, dans sa miséricorde infinie ne se lasse pas d’accueillir le fils repenti. La fête de ce jour nous offre l’occasion de nous arrêter sur les enseignements de saint Alphonse sur la prière, si précieux et pleins d’un souffle spirituel. Il considérait que son traité Le grand moyen de la prière, qui remonte à l’année 1759, était le plus utile de tous ses écrits. En effet, il décrit la prière comme « le moyen nécessaire et assuré pour obtenir le salut et toutes les grâces dont nous avons besoin pour y arriver » (Introduction). Cette phrase est la synthèse de la conception de la prière de saint Alphonse.

Avant tout, si nous disons que c’est un moyen, cela nous rappelle quel est le but à atteindre : Dieu a créé par amour, pour pouvoir nous donner la vie en plénitude ; mais à cause du péché, ce but, cette vie en plénitude s’est pour ainsi dire éloignée – nous le savons tous – et seule la grâce de Dieu peut la rendre accessible. Pour expliquer cette vérité fondamentale et faire comprendre immédiatement combien le risque de « se perdre » est réel pour l’homme, saint Alphonse avait forgé une maxime connue, très élémentaire, qui dit ceci : « Si vous priez, votre salut est assuré, et si vous ne priez pas, votre perte est certaine ». Commentant cette phrase lapidaire, il ajoutait : « Il est très difficile, sinon impossible, de se sauver sans prier… mais il est sûr et facile de se sauver en priant » (II, Conclusion). Et il disait encore : « Si vous ne priez pas, il n’y a pour vous aucune excuse, parce que la grâce de la prière est donnée à tous les hommes … si nous n’opérons point notre salut, toute la faute en sera à nous-mêmes, parce que nous n’aurons point prié ». En disant que la prière est un moyen nécessaire, saint Alphonse voulait faire comprendre que dans toutes les situations de la vie, on ne peut se passer de la prière, surtout dans les moments d’épreuve et de difficulté. Nous devons sans cesse frapper avec confiance à la porte du Seigneur, sachant qu’en tout il prend soin de ses enfants, il prend soin de nous. C’est pourquoi nous sommes invités à ne pas craindre de recourir à lui et de lui présenter avec confiance nos requêtes, avec l’assurance que nous obtiendrons ce dont nous avons besoin.

Chers amis, telle est la question centrale : qu’est-ce qui est vraiment nécessaire dans ma vie ? Je réponds avec saint Alphonse : « la santé et toutes les grâces dont nous avons besoin pour cela » (ibid.) ; naturellement, il parle non seulement de la santé du corps, mais surtout de celle de l’âme, que Jésus nous donne. Plus qu’autre chose, nous avons besoin de sa présence libératrice qui rend notre être pleinement humain, et qui ainsi nous comble de joie. C’est seulement à travers la prière que nous pouvons l’accueillir, accueillir sa grâce qui, en éclairant toute situation, nous fait discerner quel est le vrai bien et en nous fortifiant, rend notre volonté efficace c’est-à-dire qu’elle la rend capable de réaliser le bien connu. Souvent nous reconnaissons ce qui est bien, mais nous ne sommes pas capables de l’accomplir. Avec la prière, nous parvenons à le faire. Le disciple du Seigneur sait qu’il est souvent exposé à la tentation et, pour la vaincre, il ne manque pas de demander de l’aide à Dieu dans la prière.

Saint Alphonse rapporte l’exemple, très intéressant, de saint Philippe Neri qui, « dès le premier moment de son réveil, au matin, disait à Dieu : Seigneur, étendez aujourd’hui vos mains sur Philippe, sinon Philippe vous trahira » (III, 3). Quel réalisme ! Il demande à Dieu d’étendre la main sur lui. Nous aussi, conscients de notre faiblesse, nous devons demander humblement l’aide de Dieu, confiants dans la richesse de sa miséricorde. Dans un autre passage, saint Alphonse dit que « nous sommes dénués de tout bien, mais si nous demandons, nous ne serons plus pauvres. Si nous sommes pauvres, Dieu est riche et libéral » (II, 4). A la suite de saint Augustin, il invite chaque chrétien à ne pas avoir peur de demander à Dieu, dans la prière, cette force qu’il n’a pas et qui lui est nécessaire pour faire le bien, dans l’assurance que le Seigneur ne refuse pas son aide à celui qui le prie humblement (cf. III, 3). Chers amis, saint Alphonse nous rappelle que la relation avec Dieu est essentielle dans notre vie. Sans ce rapport à Dieu, il nous manque une relation fondamentale et cette relation avec Dieu se réalise dans le dialogue avec lui, dans la prière personnelle quotidienne et la participation aux sacrements. C’est ainsi que cette relation peut grandir en nous, que la présence divine grandit en nous et nous indique le chemin, l’éclaire et le rend sûr et serein, même au milieu des difficultés et des dangers. Merci.

Salutations de Benoît XVI en français

Chers pèlerins de langue française, je suis heureux de vous accueillir ce matin. En cette période de congés pour beaucoup d’entre vous, je vous invite à prendre le temps de prier personnellement chaque jour, car la relation avec Dieu est essentielle dans notre vie. N’ayez pas peur de demander au Seigneur la force qui vous manque et qui est nécessaire pour faire le bien, dans la certitude qu’il ne refuse jamais son aide à celui qui le prie avec humilité. Que saint Alphonse de Liguori, dont nous célébrons la fête aujourd’hui, vous aide à marcher avec confiance sur ce chemin ! Bon pèlerinage et bon temps de repos à tous !

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Traduction de Zenit, Hélène Ginabat