Catéchèse sur l’Eglise « une, catholique, apostolique et sainte »

Homélie de Benoît XVI le 29 juin

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ROME, Jeudi 30 juin 2005 (ZENIT.org) – Le pape Benoît XVI a offert une catéchèse très dense sur l’Eglise « une, catholique, apostolique et sainte », lors de la célébration eucharistique de la solennité des apôtres Pierre et Paul.



La célébration a eu lieu à 9 h 30, en la basilique Saint-Pierre, en présence de quelque six mille personnes, le 29 juin au matin. Le pape a remis le pallium, qui lui tient tant à cœur (cf. Zenit, 24 avril), à 33 archevêques métropolitains nommés dans l’année et au cardinal secrétaire d’Etat en tant que nouveau doyen du collège cardinalice.

Et, comme chaque année pour la fête des saints patrons de l’Eglise de Rome, le patriarche œcuménique de Constantinople a envoyé à Rome une délégation guidée par le métropolite de Pergamon, Ioannis, accompagné de Mgr Gennadios Limouris, métropolite de Sassima et de l'archimandrite Bartolomaios, sous-secrétaire du Synode du Patriarcat œcuménique. A l’issue de la célébration, le pape et le métropolite Ioannis sont descendus ensemble se recueillir sur la tombe de l’Apôtre Pierre.

Le pape a souligné que la fête des apôtres Pierre et Paul constitue une fête « de la catholicité », entendu comme « universalité » et « multiplicité qui devient unité », c’est-à-dire la « capacité des peuples à se dépasser pour regarder vers le Dieu unique ».

Citant saint Irénée de Lyon – qu’il avait cité longuement la veille, en sa fête, en présentant le Compendium du Catéchisme de l’Eglise catholique – Benoît XVI rappelait que « diverses sont les langues selon les régions mais une et identique est la force de la tradition ».

« L’unité des hommes dans leur multiplicité est devenue possible parce que Dieu, ce Dieu unique du ciel et de la terre s’est montré à nous, parce que la vérité essentielle sur notre vie, sur notre [question] « d’où ? » et « vers où ? » est devenue visible lorsqu’Il s’est montré à nous et en Jésus Christ, il nous a fait voir son visage, lui-même ».

« Cette vérité sur l’essence de notre être, ajoutait le pape, nous unit et nous fait devenir frères. Catholicité et unité vont ensemble. Et l’unité a un contenu : la foi que les Apôtres nous ont transmise de la part du Christ ».

A propos de l’apostolicité de l’Eglise, le pape soulignait qu’elle est elle aussi source d’unité. Le Seigneur, rappelait le pape, a institué ses douze apôtres « les indiquant ainsi comme chefs du peuple de Dieu, qui, devenu désormais universel, comprend tous les peuples ».

Il poursuivait : « L’Eglise est apostolique parce qu’elle confesse la foi des apôtres et cherche à en vivre. Il y a une unicité qui caractérise les Douze appelés par le Seigneur, mais il existe en même temps une continuité dans la mission apostolique ».

Benoît XVI soulignait à ce propos que « la Parole de Dieu n’est pas seulement écrite, mais, grâce aux témoins que le Seigneur a insérés, par le sacrement, dans le ministère apostolique, elle reste une parole vivante ».

Le pape soulignait ensuite le sens du pallium, cette bande de laine blanche ornée de six croix noires, signes à la fois du pouvoir juridictionnel et de la communion avec Rome.

« Le pallium, expliquait le pape, est un symbole de notre mission apostolique. Il est l’expression de notre communion qui a sa garantie visible dans le ministère pétrinien. Ainsi, le service pétrinien est lié à l’unité et à l’apostolicité, lui qui réunit visiblement l’Eglise de toutes les régions et de tous les temps, en en défendant de cette façon chacun de nous contre tout glissement vers de fausses autonomies, qui se transforment trop facilement dans des particularisations de l’Eglise et peuvent compromettre ainsi son indépendance interne ».

A la délégation orthodoxe, il faisait remarquer qu’en dépit des divergences subsistant quant « à l'interprétation et à la portée » du ministère pétrinien, catholiques et orthodoxes sont cependant « unis dans la succession apostolique, profondément unis par le ministère épiscopal et par le sacrement du sacerdoce », ils confessent « la même foi des Apôtres, telle qu'elle nous a été donnée dans les Ecritures et telle qu’elle est interprétée dans les grands conciles ».

Le pape faisait observer que le monde actuel est marqué par le « scepticisme » et les « doutes » tout en étant « riche du désir de Dieu ». La mission des chrétiens est ainsi de « témoigner ensemble du Christ Seigneur et, sur la base de cette unité, qui nous est déjà donnée, d’aider le monde à croire ».

Le pape exhortait : « Prions le Seigneur de tout notre cœur pour qu’il nous guide à l’unité plénière de façon à ce que la splendeur de la vérité, qui seule peut créer l’unité, devienne à nouveau visible dans le monde ».

Pour ce qui est de la sainteté de l’Eglise, le pape faisait remarquer : « L’Eglise n’est pas sainte par elle-même : elle est faite de pécheurs », mais elle est « toujours sanctifiée à nouveau par l’amour purificateur du Christ ».

Mentionnant le Compendium du Catéchisme de l’Eglise catholique, à peine publié en italien, le pape disait y voir, justement, un « guide pour la transmission de la foi ». Certes, disait-il, il ne se lit pas « comme un roman », il faut le « méditer, calmement, dans ses différentes parties, et permettre que son contenu, avec l’aide des images, pénètre dans l’âme ».

Le pape a remis les pallium après l’homélie, le cardinal Sodano prêtant serment en premier.

Parmi les 33 archevêques qui ont reçu le pallium, 4 venaient d’Afrique, 11 d’Europe, 5 d’Asie et 12 du continent américain. Parmi eux, le nouvel archevêque de Cracovie, Mgr Stanislas Dziwisz, secrétaire de Jean-Paul II, le nouvel archevêque de Paris, Mgr André Vingt Trois, et le nouvel archevêque de Tours, Mgr Bernard-Nicolas Aubertin, Mgr Joseph Ngo Quang Kiet, archevêque de Ha Noi et Mgr Marcel Honorat Léon Agboton, archevêque de Cotonou, et Mgr Daniel J. Bohan, archevêque canadien de Regina.

La salle de presse du Saint-Siège a indiqué que Mgr Alojzij Uran, archevêque de Lubjana, n’a pas pu venir à Rome et qu’il recevra le pallium par l’intermédiaire du représentant du pape en Slovénie.

La célébration s’est achevée vers midi, ce qui a décalé l’angélus vers midi dix : depuis la fenêtre de son bureau, le pape s’est excusé du retard auprès des milliers de fidèles restés sous le soleil place Saint-Pierre. La basilique étant comble dès 9 h 15, des milliers d’entre eux avaient suivi la célébration sur les écrans géants de la place.

Le pape a ensuite pris son déjeuner à la Maison Sainte-Marthe avec à sa table la délégation du Phanar et quelques proches collaborateurs de la curie romaine.