CCEE: rencontre avec le pape François

Solidarité avec les chrétiens d'Orient

Rome, (Zenit.org) Junno Arocho Esteves, Anita Bourdin | 691 clics

Lors de sa première rencontre avec le pape François, la présidence du Conseil des Conférences épiscopales d’Europe (CCEE), ce vendredi matin, 10 mai, elle a exposé son programme d'action, notamment sa solidarité avec les chrétiens du Moyen-Orient. La délégation devait ensuite rencontrer des chefs de dicastères romains. 

La délégation comprend le cardinal Péter Erdő, archevêque d’Esztergom-Budapest, président du CCEE et les deux vice-présidents : le cardinal Angelo Bagnasco, archevêque de Gênes, en Italie, président de la Conférence épiscopale (CEI),  et Mgr Józef Michalik, archevêque di Przemyśl, en Pologne, tous deux vice-présidents du CCEE. 

La fin de la persécution, il y a 1700 ans

Lors d'une rencontre avec la presse, au siège de Radio Vatican, le cardinal Erdö a souligné que le pape a "écouté avec intérêt la présentation de leurs activités et de leurs projets pour l'année à venir".

Ils ont notamment annoncé un congrès marquant le 1700e anniversaire de l'Edit de Milan de l'empereur Constantin, qui mit fin à la persécution des chrétiens dans l'empire. Il est organisé conjointement par le patriarcat oecuménique de Constantinople et par le CCEE sur le thème de la "liberté religieuse aujourd'hui". Il sera inauguré par le patriarche Bartholomaios Ier. Il rassemblera des intervenants juifs, chrétiens - orthodoxes et catholiques -, et musulmans.

A propos de la liberté religieuse, le cardinal Erdö a, fait observer que "c'est un thème tellement significatif" que le CCEE y consacrera sa prochaine assemblée plénière à Bratislava, en octobre 2013. Le titre sera en effet: "Dieu et l'Etat: l'Europe, entre laïcité et laïcisme".

Les discriminations aujourd'hui

A propos de la "christianophobie" en Europe, au Moyen-Orient et à travers le monde, le cardinal Erdö a souligné les données du rapport récent de l'Observatoire européen qui manifestent une tendance croissante à la discrimination contre les chrétiens.

Les évêques européens ont exprimé leur solidarité avec les chrétiens du Moyen Orient et spécialement aux coptes d'Egypte  (cf. http://www.zenit.org/fr/articles/europe-solidarite-avec-les-chretiens-coptes-d-egypte) et avec les chrétiens de Syrie, spécialement les deux évêques orthodoxes d'Alep enlevés le 22 avril. 

Il a précisé: "Nous espérons de pouvoir obtenir une solution par le dialogue non seulement pour eux mais aussi pour la situation inhumaine du pays. Bien sûr, tous les chrétiens prient pour la paix dans la région. Nous considérons que les enlèvements sont une provocation et nous ne pouvons qu'exprimer notre espérance à ceux qui souffrent".

L'initiative citoyenne "Un de nous"

Le cardinal Bagnasco a souligné l'importance de l'initiative citoyenne européenne "Un de nous" (http://www.undenous.fr) soutenue par le CCEE: une pétition pour l'arrêt du financement européen de la recherche sur l'embryon, car l'embryon humain est "l'un de nous".

Il s'agit aussi d'obtenir une protection juridique pour la vie humaine et l'intégrité de tout être humain dès sa conception. La campagne a recueilli dans toute l'Europe des milliers de signatures, réclamant un législation pour la protections e l'enfant à naître. Dimanche prochain, 12 mai, la Marche pour la Vie de Rome sera l'occasion de recueillir d'autres signatures.

Il a souligné en outré le rôle des jeunes dans la campagne: "Les jeunes sont beaucoup plus libres que les adultes. Ils sont libres par rapport aux schémas idéologiques, aux querelles du passé, et donc plus disponible pour voir la vérité des citations, ou changer d'opinion. C'est un fait important, une grande promesse pour l'Europe".

"C'est un geste concret et positif pour la défense et la promotion de la vie humaine dans toutes ses formes et étapes, pour éviter que la conscience européenne ne perde le respect des valeurs fondamentales", a souligné l'archevêque de Gênes qui a déclaré: "Nous soutenons cette initiative: c'est une réponde non seulement des chrétiens, mais des Européens".

En Pologne, la campagne à une croissance exponentielle a précisé Mgr Michalik : beaucoup de jeunes ont anticipé à la récolte des signatures. Mais surtout, l'originalité de l'initiative, a-t-il fait observer,  est qu'elle est promue par des laïcs: "Bien sûr, nous soutenons cette campagne, mais nous n'en sommes pas les initiateurs. C'est merveilleux de voir l'éveil de la conscience humaine grâce à cette campagne". Elle vise, a ajouté l'évêque, la collecte de 600 000 signatures, ce qui constitue un "signe positif pour l'Europe".

A ce jour, dans les 27 pays de l'Union, on compte 338.224 signatures, dont 20 352 recueillies en France, 1 315 en Belgique, 882 au Luxembourg.

Cette visite a Rome est intervenue sous le signe de la Journée de l’Europe, hier, 9 mai, et au moment où l'Union européenne s'apprête à accueillir son 28e membre, la Croatie, le 1er juillet 2013.