« Ce moment doit être vécu avec beaucoup de sérénité »

Le diagnostic du cardinal brésilien Raymundo Damasceno Assis

Rio de Janeiro, (Zenit.org) Thácio Lincon Soares de Siqueira | 961 clics

« Le catholique doit vivre ce moment de la vie de l’Eglise avec une grande sérénité et en union de prière avec le pape Benoît XVI et pour le conclave qui élira le nouveau pape », a déclare le cardinal Raymundo Damasceno Assis, archevêque d’Aparecida et président de la Conférence nationale des évêques du Brésil (CNBB), dans un entretien accordé à Zenit.

Le cardinal, né en 1937, a répondu à quelques questions au sujet de l’annonce de la fin du Benoît XVI.

Zenit – Un pape peut-il renoncer  au ministère pétrinien ?

Card. Raymundo Damasceno – Selon le canon 332 du droit canon, le pape peut renoncer à sa charge. Pour être valide, il faut que la renonciation soit libre et dûment manifestée. Il n’est pas demandé qu’elle soit acceptée par quelqu’un ou par un groupe de personnes. Pour toutes les autres charges, les démissions doivent être acceptées par quelqu’un.

Quelles sont les raisons qui peuvent amener un pape à démissionner ?

La raison pour la démission d’un pape est simplement une cause juste qui peut être fondée sur des motifs objectifs ou subjectifs. Le pape Benoît XVI a donné, comme motif de sa démission, le fait que « ses forces, en raison de l’avancement de son âge, ne sont plus aptes à exercer adéquatement le ministère pétrinien ».

Que va-t-il se passer maintenant ?

Après sa renonciation, Benoît XVI ne sera plus pape, il sera évêque émérite de Rome.

Que voulez-vous dire ? Un pape « émérite » ?

Dans l’Eglise, il ne peut pas y avoir deux papes. Parmi les douze apôtres, Jésus a constitué Pierre comme chef, chef du collège apostolique. Le successeur de Pierre est le chef, le chef du collège épiscopal, successeur du collège apostolique.

Quelle importance Benoît XVI a-t-il eu pour l’Eglise au Brésil ?

Outre l’importance de son enseignement pour toute l’Eglise, le pape Benoît XVI a manifesté une affection particulière pour le Brésil : il a canonisé le premier saint brésilien, saint Antonio de Santana Galvao, et il a convoqué la Vème Conférence générale des évêques d’Amérique latine et des Caraïbes à Aparecida, qu’il a inaugurée le 12 mai 2007. Son discours d’ouverture de la Vème Conférence est un des discours les plus importants de son pontificat.

Dans quel esprit un catholique doit-il accueillir cette nouvelle ?

Le catholique doit vivre ce moment de la vie de l’Eglise avec beaucoup de sérénité et en union de prière avec le pape Benoît XVI et pour le conclave qui élira le nouveau pape. Le Christ est le pasteur suprême de l’Eglise que l’Esprit Saint assiste sur son chemin historique. La chaîne des anneaux dans la succession de la Chaire de Pierre n’a jamais été interrompue. Prions pour que le nouveau pape ait beaucoup de sagesse et de force pour conduire la « barque de Pierre » et guider le peuple de Dieu.