« Cette image suggestive du peuple priant »

Confidences du pape sur le conclave et la bénédiction Urbi et Orbi

Rome, (Zenit.org) Anita Bourdin | 1614 clics

« Cette image suggestive du peuple priant et joyeux encore gravée dans mon esprit », confie le pape François. Il souligne aussi "l'authentique affection" vécue par le collège cardinalice et l'expérience de pentecôte pendant le conclave.

Au cours de l’audience accordée ce vendredi matin – la première – aux cardinaux présents à Rome, le pape François a en effet remercié tous ceux qui ont manifesté leur proximité.

« En ces jours, nous avons senti de manière presque sensible l’affection et la solidarité de l’Église universelle, ainsi que l’attention de nombreuses  personnes qui, bien qu’elles ne partagent pas notre foi, regardent l’Église avec respect et admiration », a-t-il confié.

Il a souligné ce mouvement universel qui a tourné l’attention vers le successeur de Pierre : « De tous les coins de la terre, s’est élevée la prière fervente et unanime du peuple chrétien pour le nouveau pape et ma première rencontre avec la foule massée sur la place Saint-Pierre a été riche en émotions. »

Il rappelle ces images que les vidéos en ligne permettent de revoir chaque jour : « Avec cette image suggestive du peuple priant et joyeux encore gravée dans mon esprit, je désire manifester ma sincère reconnaissance aux évêques, aux prêtres aux personnes consacrées, aux jeunes, aux familles, aux personnes âgées pour leur proximité spirituelle, si touchante et fervente. »

Le pape a souligné spécialement l’unité fraternelle du collège cardinalice : « Je ressens le besoin de vous exprimer à vous tous, chers et vénérés frères cardinaux,  ma plus vive et profonde gratitude pour votre collaboration diligente dans la conduite de l’Église pendant la vacance du Siège. »

Il a remercié le cardinal doyen, Angelo Sodano, le Camerlingue, le cardinal Tarcisio Bertone, - pour son travail précieux pendant cette phase délicate de transition -, et le cardinal Giovanni Battista Re « qui a été notre président pendant le conclave ».

« Ma pensée, a-t-il ajouté, se tourne avec une affection particulière vers les vénérés cardinaux qui, en raison de leur âge ou de la maladie, ont assuré leur participation et manifesté leur amour de l’Église à travers l’offrande de leur souffrance et de leur prière. Et je voudrais vous dire qu’avant-hier, le cardinal Mejia a eu un infarctus : il est à la clinique Pie XI. Mais on pense que sa santé est stabilisée et il nous salue. »

Le cardinal Jorge Maria Mejia est argentin comme le pape. Il est originaire de Buenos Aires et a les saints patrons de baptême que lui. Il est âgé de 90 ans. Il a été secrétaire du Saint-Siège pour les relations avec le judaïsme, vice-président du Conseil pontifical Justice et Paix et responsable de la Bibliothèque vaticane.

Le pape avait rendu visite à con compatriote, le matin même ce qui lui permet de donenr de ses nouvelles au collège des cardinaux.

Il a également remercié tout le personnel qui a permis « la préparation et au bon déroulement du conclave, assurant la sécurité et la tranquillité des cardinaux en cette période si importante pour la vie de l’Église ».

Le pape a évoqué le conclave comme l’expérience d’une « intense communion ecclésiale » : « Animés d’un profond sens de notre responsabilité et soutenus par un grand amour pour le Christ et pour l’Église, nous avons prié ensemble, partageant fraternellement nos sentiments, nos expériences et nos réflexions. Dans ce climat de grande cordialité, la connaissance réciproque et l’ouverture mutuelle ont grandi et c’est une bonne chose parce que nous sommes frères. »

« Quelqu’un m’a dit : les cardinaux sont les prêtres du Saint-Père. Cette communauté, cette amitié, cette proximité nous fera du bien à tous », a-t-il ajouté.

Puis il a évoqué le conclave comme une Pentecôte : « Et cette connaissance et cette ouverture mutuelle nous ont aidés à être dociles à l’action de l’Esprit-Saint. C’est lui, le Paraclet, l’acteur principal et suprême de toute initiative et de toute manifestation de foi. C’est curieux : moi, ça me fait réfléchir. Le Paraclet est l’auteur toutes les différences dans les Églises et il semble être un apôtre de Babel. Mais d’autre part, c’est lui qui fait l’unité de ces différences, non dans l’« égalité », mais dans l’harmonie. Je me souviens de ce Père de l’Église qui le définissait ainsi : « Ipse harmonia est ». Le Paraclet, qui donne des charismes différents à chacun de nous, nous unit dans cette communauté d’Église qui adore le Père, le Fils et lui, l’Esprit-Saint. »

Le pape a insisté sur cette « authentique affection collégiale qui unit le Collège cardinalice ».

Il a déclaré alors assez solennellement dans cette rencontre au ton familial : « J’exprime ma volonté de servir l’Evangile avec un amour renouvelé, en aidant l’Église à devenir de plus en plus dans le Christ et avec le Christ, la vigne féconde du Seigneur. Stimulés aussi par la célébration de l’Année de la foi, tous ensemble, pasteurs et fidèles, nous nous efforcerons de répondre fidèlement à la mission de toujours : apporter Jésus-Christ à l’homme et conduire l’homme à la rencontre avec Jésus Christ, qui est le chemin, la vérité et la vie, réellement présent dans l’Église et contemporain de tout homme. Une telle rencontre fait de nous des hommes nouveaux dans le mystère de la grâce, suscitant dans notre esprit cette joie chrétienne qui constitue le centuple donné par le Christ à celui qui l’accueille dans sa propre existence. »

« Comme nous l’a rappelé si souvent le pape Benoît XVI dans ses enseignements et, enfin, à travers son geste humble et courageux, c’est le Christ qui guide l’Église  par son Esprit. L’Esprit-Saint est l’âme de l’Église par sa force vivifiante et unifiante : d’une multitude il fait un seul corps, le Corps mystique du Christ », a déclaré le pape.