Chemin néocatéchuménal : "Grande mission" dans le monde entier

Lancement sur cent places de Rome

Rome, (Zenit.org) Salvatore Cernuzio | 1473 clics

« Il a plu à Dieu de sauver les croyants par cette folie qu'est la proclamation de l'Évangile » (1Co1 1,21) . Cette affirmation de l’apôtre Paul constitue le noyau de la « Grande mission » lancée par les responsables du Chemin néocatéchuménal, Kiko Argüello et Carmen Hernández, à la demande des Conseils pontificaux pour les laïcs et pour la nouvelle évangélisation.

« La Grande mission », qui consiste à « porter l’Evangile à l’homme d’aujourd’hui » sur les places de toutes les villes du monde, durant les cinq dimanches du temps pascal, s’est ouverte dimanche 7 avril. Les thèmes proposés tournent autour de questions comme : Qui est Dieu pour toi ? As-tu expérimenté dans ta vie que Dieu existe ? Toi, pourquoi vis-tu ? L’Eglise c’est quoi ?

Le procédé est le même sur les 10.000 places des quelques 120 nations où aura lieu ce parcours d’initiation chrétienne : une estrade, une icône, un ambon, une croix et des groupes de jeunes armés de guitares, cymbales et tambours, pour témoigner aux passants les merveilles que le Seigneur a accompli dans leur vie.

A Rome, une centaine de places sont concernées, selon un programme fixé avec le cardinal Agostino Vallini, vicaire du pape pour Rome, qui a célébré une liturgie durant laquelle il a béni les 500 communautés de Rome participant à cette mission, samedi 6 avril, en la basilique Saint-Paul-Hors-les-Murs.

Le responsable Kiko Argüello explique cette mission pour les lecteurs de Zenit.

Zenit - Comment l’idée de ces grandes rencontres sur les 100 places de Rome s’est-elle développée ?

Kiko Argüello - Saint Paul dit que « Dieu a voulu sauver le monde par la folie de la prédication ». Cette lettre a été écrite en grec et à la place du mot « prédication » saint Paul utilise le mot kerygma, qui signifie Bonne Nouvelle. On peut donc dire que le christianisme, avant d’être une philosophie, une morale ou une doctrine, est fondamentalement une « nouvelle » qui doit être proclamée et qui sauve celui qui l’accueille. Cette nouvelle est que Dieu a envoyé son Fils unique pour qu’il donne sa vie pour chaque homme. Et si l’homme accepte cette vie qui lui est offerte, il recevra le salut, la victoire sur la mort, car le Christ s’est livré pour chacun de nous afin que notre péché puisse être pardonné et que nous puissions recevoir l’Esprit Saint qui fait de nous de nouvelles personnes.

En cette Année de la foi, dans quelle mesure ces nouvelles méthodes pour annoncer Jésus-Christ, sont-elles importantes ?

Pour le Chemin, proclamer cette « nouvelle » est fondamental. Le problème est de comprendre qu’aujourd’hui beaucoup de gens, à cause de préjugés, conflits personnels ou expériences passées, ferment leurs oreilles à n’importe quelle sorte d’information, surtout celles de nature religieuse. C’est pourquoi, comme dit Jésus-Christ, avant de proclamer le kérygme il est nécessaire de préparer les personnes à l’écoute. Mais comment faire? Comme il est dit dans les Actes des Apôtres, avant  toute annonce du kerygma, Dieu accomplit un miracle, il accomplit un événement extraordinaire qui met l’homme dans les conditions d’ouvrir les oreilles. Mais ces miracles cessent quand un autre miracle encore plus grand apparaît : l’Eglise en tant que communauté que l’on aime.

Quel est l’objectif de ces grandes missions ?

Sortir sur les places signifie pour nous donner un grand témoignage de tant de jeunes qui, par leur propre expérience, attirent les passants qui, ne serait-ce que par curiosité, parce que touchés d’abord par leurs chants, écouteront la Bonne nouvelle du Christ Ressuscité.

C’est ce que souhaite le Chemin Néocatéchuménal et ce que nous faisons d’ailleurs depuis des années avec les missio ad gentes. Grâce à ce type de mission, nous avons vu beaucoup de conversions, surtout de personnes athées ou vraiment loin de l’Eglise, étonnées et attirées par les chants, par la cordialité entre les frères, par les expériences ou par l’écoute du kérygme, qui touche profondément l’esprit de l’homme, à partir du moment où, comme dit saint Paul, « c’est l’esprit du Christ qui rend témoignage à notre esprit ».

Mais pourquoi sur les places ?

N’oublions pas que nous sommes à un moment de transition historique. A chaque époque, les hommes ont cherché à trouver dans le 'sacré' un refuge, un quelque chose qui les défende des catastrophes naturelles, des infirmités et ainsi de suite. Aujourd’hui, l’homme n’a plus besoin de la religion, car il a à ses côtés la technologie, les découvertes scientifiques, etc. Comme l’Eglise qui a utilisé la religiosité, une « catéchèse du temple », aujourd’hui nous devons trouver de nouvelles méthodes qui puissent atteindre l’homme contemporain. Certains disent qu’aujourd’hui les « temples », donc les institutions, les églises, ont été abandonnés et que ce sont maintenant les places qui se remplissent. Voilà pourquoi nous croyons  que montrer dans ces lieux une nouvelle forme de dialogue avec les personnes, surtout à travers les paroles des jeunes, peut être un événement. 

Le pape François, depuis le début de son pontificat, n’a cessé d’appeler à sortir, à suivre le Christ, et à évangéliser. Le pape a-t-il connaissance de votre initiative ?

Après que Benoît XVI eut annoncé l’Année de la foi, nous avons pensé que pour une période si spéciale, annoncer l’Evangile dans les rues pouvait être une bonne idée. Puis quand le nouveau pape a été élu nous avons été surpris d’entendre dans ses homélies, dans ses audiences, cette invitation constante à « sortir » de soi-même, des paroisses, des foyers, pour aller évangéliser dans les rues et dans les périphéries. Cela a été pour nous une confirmation. En effet, quand nous avons proposé au Saint-Père l’idée d’évangéliser sur les places, il a dit que c’était une mission « magnifique » et cela nous a beaucoup encouragé.

Quelles sont les relations du pape François avec le Chemin Néocatéchuménal ?

Il a toujours été avec nous un père et un bon pasteur. L’équipe itinérante responsable du Chemin en Argentine a raconté que quand nous avons eu des problèmes dans certaines paroisses, il est lui-même intervenu en parlant avec le curé ou en nous demandant de changer de paroisse.

Que préparez-vous pour la Journée mondiale de la jeunesse à Rio de Janeiro?

Après la rencontre avec le Saint-Père, nous confirmons la rencontre avec tous les jeunes du monde. A Rio de Janeiro, comme ce fut le cas sur la Plaza de Cibeles à Madrid, il y aura un appel vocationnel, centré cette fois-ci surtout sur l’évangélisation en Asie. C’est à dire que nous inviterons les jeunes, filles et garçons, à se montrer généreux avec le Seigneur, qui nous demande de L’aider à porter la Bonne Nouvelle dans tous les coins de la terre.

Traduction d’Océane Le Gall