Chili : Les leçons du tremblement de terre et les abus sexuels

Message des évêques du Chili au terme de leur assemblée plénière

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ROME, Lundi 26 avril 2010 (ZENIT.org) - Les critères pour affronter les cas d'abus sexuels commis par des prêtres sur des enfants et les leçons que la société chilienne doit tirer du récent tremblement de terre sont quelques uns des aspects contenus dans le message des évêques chiliens au terme de leur 99ème assemblée plénière, diffusé le 20 avril dernier par le président de la conférence épiscopale, Mgr Alejandro Goic.  

Ce message sera distribué, pour information et réflexion, aux agents de l'évangélisation, aux communautés et aux fidèles dans les différents diocèses, mouvements, instituts d'éducation et autres institutions de l'Eglise. Les évêques ont aussi adressé un « message à l'opinion publique », qui est une synthèse pour les journalistes du message précédent, rendu public par Mgr Goic lors d'une conférence de presse à Santiago. 

Durant leur réunion, qui s'est tenue du 12 au 16 avril à Punta de Tralca, les évêques ont remercié le pape pour les marques d'affection et de proximité qu'il a manifestés à l'égard de l'Eglise et du peuple chilien, mais surtout pour ses prières et ses paroles de réconfort après le tremblement de terre et le raz-de-marée, et pour son précieux don, l'image de la Vierge du Carmen missionnaire, qui a commencé son pèlerinage à travers le pays en portant l'Evangile au Chili.

Les évêques soulignent dans leur message que la catastrophe du 27 février dernier a ébranlé la vie de nombreuses personnes, familles et communautés ecclésiales. « C'est comme si cette tragédie nous avait mis devant une miroir, montrant qui nous sommes réellement, avec nos qualités et nos faiblesses, mais qui a aussi mis en valeur l'identité de notre pays, nous interrogeant sur nos relations au sein de la famille, à l'égard de nos voisins, de la communauté », ajoutent-ils. 

Les évêques expliquent aussi que la situation des zones les plus touchées par le séisme exige que l'on affronte définitivement la question de la dette sociale, celle des disparités scandaleuses et du manque de meilleures opportunités pour les jeunes plus vulnérables. Ils invitent ensuite à ce que toujours plus d'écoles catholiques continuent à s'unir à l'initiative qui consiste à mettre ses propres structures à la disposition des institutions endommagées. 

Ils invitent par ailleurs les nouvelles autorités à faire de leurs importante responsabilités un service, à mettre toujours les personnes au centre des politiques publiques et à s'occuper, de manière préférentielle, des plus pauvres et des plus vulnérables, des groupes les moins protégés de la population et de la classe moyenne constamment frappée en temps de crise.

Abus sexuels

Concernant la délicate question des abus sexuels commis sur des enfants par des membres du clergé, les évêques ont exprimé leur adhésion au pape Benoît XVI face aux « injustes et fausses accusations qu'il a reçues » et l'ont remercié pour ses claires orientations en la matière.

« Nous, évêques, avons médité sur notre façon à nous d'avoir affronté, comme pasteurs et comme Eglise, les cas qui ont été dénoncés dans notre pays. Nous avons vu que ces crimes étaient pour nous un défi à valoriser plus encore la fidélité des prêtres et des personnes consacrées à leur mission apostolique ; à valoriser les processus de discernement vocationnel, d'admission aux séminaires et d'accompagnement spirituel des prêtres ».

« Dans le sacerdoce, il n'y a pas de place pour ceux qui abusent de mineurs, et aucun prétexte ne saurait justifier un tel crime. Nous demandons pardon aux personnes directement touchées et aux communautés qui, au Chili, ont vu des prêtres être motifs de scandale, et nous les exhortons à nous en faire part. Notre engagement à veiller incessamment à ce que ces très graves crimes ne se répètent plus est total ». 

Le message des évêques chiliens se termine donc par un appel à ce que ces faits si douloureux n'empêchent pas de valoriser avec une immense gratitude ce que l'Esprit saint réveille dans le pays : « Un vrai printemps de solidarité et de fraternité et une grande espérance fondée sur la rencontre avec Jésus Christ vivant, qui nous transforme, faisant de nous ses disciples et missionnaires ».