Chili : Protestation pour l’objection de conscience des pharmaciens

Amendes ordonnées par le ministre de la santé

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ROME, Lundi 29 octobre 2007 (ZENIT.org) – L’Eglise et les groupes pro-vie se mobilisent contre les sanctions du gouvernement contre les pharmacies qui ne vendent pas la pilule abortive non seulement contre la vie mais également contre la liberté, rapporte l’agence vaticane Fides.



Le ministre de la santé du Chili a imposé une amende de 33 millions de pesos à trois chaînes de pharmacies qui n’ont pas la pilule abortive parmi leurs produits.

Jusqu’à présent, les principaux laboratoires chiliens s’étaient refusé de produire la pilule et c’est pourquoi elle devait être importée de l’étranger, mais depuis cinq mois le produit est désormais disponible dans le pays. Le ministre a souligné que les pharmacies doivent les acheter. Dans le cas contraire, elles risquent une nouvelle amende deux fois supérieure et la fermeture des locaux des trois chaînes.

Mgr Fernando Chomali, évêque auxiliaire de Santiago et membre de l’Académie pontificale pour la Vie, a affirmé dans un article intitulé « l'intolérance des tolérants » que « le gouvernement pénalise ces pharmacies qui ne vendent pas le produit parce que, selon lui, elles violent le droit des personnes d’accéder au produit ».

« Toutefois, disait-il, en utilisant cette pilule, d’autres droits encore plus fondamentaux sont violés, comme le droit à la vie du nouveau-né, protégé par la Constitution ; le droit des pharmacies, en vertu du principe d’autonomie, à ne pas vendre un produit pour ses caractéristiques clairement nuisibles. Et finalement le droit à être bien informés de l’effet réel de la pilule ».

En outre, selon Mgr Cromali, « obliger à une collaboration matérielle et formelle pour la vente d’un produit qui endommage la santé est clairement un acte contraire à la raison et au droit », donc « il constitue non seulement un abus de pouvoir, produit d’un concept erroné de démocratie, mais également un acte d’intolérance au nom de la tolérance ».

Face à cette situation, de nombreux groupes pro-vie se sont mobilisés en affirmant qu’on ne peut admettre que l’on s’engage à vendre un produit abortif.

L'organisation « Muévete Chile » (« Chili, réagis») a lancé une campagne pour soutenir les pharmacies qui ont refusé de vendre la pilule et ont convoqué les Chiliens à manifester leur soutien à ces chaînes, en rappelant qu’avec cette sanction non seulement on porte atteinte à la vie mais aussi à la liberté.

Le réseau des institutions pour la vie et la famille a également émis un communiqué en soutenant ces pharmacies, en affirmant qu’ « avec cette persécution et sanction des pharmacies on porte atteinte directement à l’objection de conscience des professionnels ».

« De plus, on porte atteinte à la liberté de commerce, parce qu’on impose un produit qui n’est pas nécessaire, ni urgent ni thérapeutique », disent-ils.