Chine : décès de Mgr Jin Luxian

Il était l'évêque "officiel" du diocèse de Shanghai

Rome, (Zenit.org) | 664 clics

Mgr Aloysius Jin Luxian, 97 ans, évêque « officiel » du diocèse de Shanghai, est décédé le 27 avril 2013, annonce "Eglises d'Asie", l'agence des missions étrangères de Paris (EDA).

Pour EDA, la mort de Mgr Jin marque « la disparition d’une personnalité complexe et controversée dont l’empreinte aura marqué l’histoire de l’Eglise en Chine de ces soixante dernières années » : « Témoin et plus encore acteur de premier plan de cette histoire, l’évêque, qui appartenait à la Compagnie de Jésus, était pour Pékin, l’ordinaire du diocèse de Shanghai ; pour le Saint-Siège, il en était son coadjuteur ».

Selon la même source, la messe de funérailles, prévue ce lundi 29 avril, vient « tester l’unité de l’Eglise en Chine, entre des fidèles et un clergé shanghaïen désireux de témoigner de leur lien avec l’Eglise universelle et des autorités décidées à affirmer leur contrôle sur la communauté catholique de Chine populaire ».

La logique ecclésiale, explique EDA, voudrait que la messe des funérailles soit célébrée par l’évêque auxiliaire de Mgr Jin, Mgr Ma Daqin, dont l’ordination épiscopale s’est tenue en cette même cathédrale le 7 juillet dernier. Mais, depuis cette date, Mgr Ma est en résidence surveillée dans des locaux du séminaire de Sheshan et empêché par la police d’exercer son ministère épiscopal.

Or, les fidèles comme les prêtres et les religieuses de Shanghai « refuseraient que la messe soit célébrée par quelqu’un d’autre que Mgr Ma ».

Du côté des autorités, les pressions se multiplient pour que la messe des funérailles soit présidée par l’un ou l’autre des évêques qui ont été placés à la tête des instances « officielles » de l’Eglise : par exemple Mgr Fang Xingyao, évêque de Linyi (Shandong) et président de l’Association patriotique au plan national, qui apparaît « comme un homme soumis aux autorités ». Ou encore Mgr Joseph Ma Yinglin, évêque de Kunming (Yunnan) et président de la Conférence des évêques « officiels »,  qui n’est pas en communion avec le pape.

EDA publie également une courte biographie de Mgr Jin Luxian, présenté comme une figure complexe, qui a vécu la prison, a été consacré évêque sans mandat pontifical – même s’il a été reconnu plus tard par le Saint-Siège – et qui a beaucoup œuvré pour son diocèse. Un évêque qui a voulu vivre « prudent comme le serpent et candide comme la colombe ».

En 2005, Mgr Jin figure au nombre des quatre évêques de Chine populaire que Benoît XVI a personnellement invités à prendre part au Synode sur l’Eucharistie (mais Pékin n’autorisera aucun de ces évêques à partir pour Rome).

En juillet 2010, à l’occasion d’une interview accordée à Ignatius Insight, publication jésuite américaine, Mgr Jin déclarait : « Je suis né sous le règne du pape Benoît XV et je mourrai probablement durant le règne du pape Benoît XVI. Ma vie s’est trouvée ainsi encadrée par deux bons papes et j’ose espérer que j’ai été un bon évêque. » A cette date, il ne pouvait prévoir la renonciation de Benoît XVI, tout comme il était sans doute loin d’imaginer que celui qui serait appelé à lui succéder ne serait pas en situation de présider sa messe de funérailles, retenu en résidence surveillée et prisonnier d’un régime qui ne conçoit pas que les religions puissent s’organiser indépendamment de son contrôle.