Chine : note de la Congrégation pour l'évangélisation des peuples

Préparation d'une ordination épiscopale sans mandat pontifical

| 950 clics

ROME, jeudi 5 juillet 2012 (ZENIT.org) –  La Congrégation pour l’évangélisation des Peuples publie, dans les colonnes de son agence, « Fides », une note sur la préparation l’ordination épiscopale du P. Joseph Yue Fusheng, au sein de l’Administration apostolique de Harbin (province de Heilongjiang (cf. Zenit du 4 juillet 2012). A ce propos, il est précisé ce qui suit, dans la traduction de Fides :

1/ Une ordination épiscopale, comme celle-ci, privée de mandat pontifical s’oppose directement à l’Office accordé par le Seigneur à Pierre et à ses Successeurs en tant que Chefs du Collège des évêques, Vicaires du Christ et Pasteurs de l’Eglise universelle, et porte atteinte à l’unité de l’Eglise et à toute l’œuvre d’évangélisation. Comme l’a écrit le Saint-Père Benoît XVI dans la Lettre aux évêques, aux prêtres, aux personnes consacrées et aux fidèles de l'Église catholique en Chine (27 mai 2007, n° 9), « on peut comprendre que les Autorités gouvernementales soient attentives au choix de ceux qui accompliront le rôle important de guides et de pasteurs des communautés catholiques locales, vu les changements sociaux que — en Chine comme dans le reste du monde — une telle fonction a aussi dans le domaine civil ». Mais il faut prendre en compte que « la nomination des Évêques de la part du Pape est la garantie de l'unité de l'Église et de la communion hiérarchique. Pour cette raison, le Code de Droit canonique (cf. canon n. 1382) établit de graves sanctions soit pour l'Évêque qui confère librement l'ordination épiscopale sans mandat apostolique, soit pour celui qui la reçoit : une telle ordination représente en effet une douloureuse blessure à la communion ecclésiale et une grave violation de la discipline canonique ».
« Lorsqu'il concède le mandat apostolique pour l'ordination d'un Évêque, le Pape – poursuit la Lettre – exerce sa suprême autorité spirituelle : autorité et intervention qui demeurent dans le strict domaine religieux. Il ne s'agit donc pas d'une autorité politique qui s'introduirait de manière indue dans les affaires intérieures d'un État et qui en lèserait la souveraineté ». La nomination des évêques est une question non pas politique mais religieuse.

2/ L’ordination épiscopale de Harbin a été programmée de manière unilatérale et produira des divisions, des lacérations et des tensions au sein de la communauté catholique en Chine. La communauté catholique de Harbin ne veut pas d’une ordination épiscopale illégitime. La survie et le développement de l’Eglise peuvent intervenir seulement en union avec le Pontife romain auquel, en premier, est confiée l’Eglise elle-même et non pas sans Son accord, comme cela est le cas des ordinations qui, comme celle-ci, sont privées du mandat pontifical. Si l’on veut que l’Eglise en Chine soit catholique, on ne doit pas procéder à des ordinations épiscopales qui n’auraient pas reçu l’approbation préalable du Saint-Père.

3/ Le Père Yue Fusheng a été informé depuis longtemps qu’il ne bénéficie pas de l’approbation pontificale : son ordination sera illégitime ; il sera privé de l’autorité de gouverner la communauté catholique diocésaine et le Saint-Siège ne le reconnaîtra pas en tant qu’évêque de Harbin. A son éventuelle ordination illégitime, restent donc associés par suite également pour lui-même les effets de la sanction encourue en cas de violation de la norme du canon 1382 du Code de Droit canonique (cf. Déclaration du Conseil pontifical pour les Textes législatifs du 6 juin 2011).

4/ Les Evêques consécrateurs s’exposent eux aussi aux graves sanctions canoniques prévues par la loi de l’Eglise (en particulier par le canon 1382 du Code de Droit canonique).

5/ Les Autorités gouvernementales ont été informées que l’ordination épiscopale du Père Yue Fusheng est privée de l’approbation du Saint-Père. Elle entrerait en contradiction avec les signes de dialogue, souhaité par la partie chinoise et par le Saint-Siège, que l’on cherche à poser.