Chine: Troisième destruction d´une église de catholiques « clandestins »

Une église toujours reconstruite

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CITE DU VATICAN, Vendredi 16 novembre 2001 (ZENIT.org) - Dans la région de Zhejiang, pour la troisième fois en 18 mois, les autorités ont fait procéder à la destruction de l´église que les catholiques « clandestins » du village de Linjiayuan ont jusqu´ici toujours rebâtie, annonce Eglises d´Asie, la revue des Missions étrangères de Paris eglasie.org, dans son édition du 16 novembre.



Eglises d´Asie (EDA) précise que dans le sud de la province du Zhejiang, les catholiques «clandestins» du village de Linjiayuan, situé dans le district de Cangnan, n´en finissent pas de donner du fil à retordre aux autorités locales. Pour la troisième fois en dix-huit mois, celles-ci ont fait procéder, le 25 octobre dernier, à la destruction de l´église du village. Selon un catholique de Linjiayuan, où 500 familles catholiques représentent environ 70 % de la population du village, « les autorités nous ont dit que si nous nous décidions à rejoindre l´Association patriotique locale, notre église ne serait plus détruite ». Précisant que la communauté catholique de Linjiayuan était très en colère, il a ajouté que « bien entendu » il avait été décidé de ne pas adhérer à l´association, synonyme d´appartenance à la partie « officielle » de l´Eglise catholique en Chine.

La première fois que les autorités du district de Cangnan ont détruit l´église de Linjiayuan remonte au dimanche de Pâques 2000, le 23 avril, rappelle EDA. En juin de cette année, les catholiques du village avait rebâti leur édifice en l´espace de trois jours et trois nuits. Six mois plus tard, le 8 décembre 2000, la police intervenait à nouveau pour mettre à bas la nouvelle église. Cette année, profitant de la semaine du 1er au 7 octobre dernier, période que les autorités nationales avaient exceptionnellement décrétée comme étant chômée, les villageois ont de nouveau reconstruit leur église. Le 4 octobre, une soixantaine de fonctionnaires de la Sécurité publique avait bien essayé de les en empêcher mais en vain.

Finalement, le 25 octobre, plus de 500 fonctionnaires de police emmenés par les responsables locaux de la Sécurité publique et du Bureau des Affaires religieuses ainsi que par un représentant des autorités de la province sont intervenus et, durant trois heures, de huit à onze heures du matin, ont totalement rasé l´édifice religieux, long de 30 mètres, large de 7 mètres et haut de près de 4 mètres. « Lors des précédentes démolitions, ils laissaient les poutres de bois intactes et nous pouvions les réutiliser pour reconstruire, témoigne un catholique de Linjiayuan, cité par l´agence Ucanews. Cette fois-ci, le bois a été réduit en miettes. » Pour célébrer la messe, les fidèles ne disposent plus que d´un modeste abri, semi-ouvert et recouvert de paille.

La répression qui s´est abattue sur la communauté catholique de Linjiayuan remonte à 1997, constate EDA. Avant d´être détruite une première fois, l´église ainsi que la résidence du curé furent fermés et des scellés apposés à six reprises. En février 2000, les fidèles furent soumis à des pressions pour rejoindre l´Association patriotique et une vingtaine d´entre eux cédèrent. Linjiayuan appartient au diocèse de Wenzhou où Mgr James Lin Xili et ses prêtres ont régulièrement été arrêtés et envoyés en détention. Mgr Lin est actuellement placé en résidence surveillée. L´un de ses prêtres, le P. Paul Jiang Sunian, a été condamné à six années de prison fermes en avril 2000. Le diocèse de Wenzhou fait partie de ces diocèses de la province du Zhejiang où la partie « clandestine » de l´Eglise est forte et où les autorités ne cessent de s´efforcer d´en contenir l´essor.
© Eglises d´Asie