Chrétiens d’Irak : Mgr Casmoussa en appelle aux Nations-Unies

Il est archevêque syro-catholique de Mossoul

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ROME, Mercredi 3 novembre 2010 (ZENIT.org) - Après le massacre de chrétiens perpétré le jour de la Toussaint dans une église de Bagdad (Irak), Mgr Basile Georges Casmoussa, archevêque syro-catholique de Mossoul, a invité les Nations-Unies à intervenir pour sauver la communauté chrétienne en Irak.

Nous sommes « sans protection », a déploré Mgr Casmoussa à Radio Vatican, en invitant les Nations Unies à « entrer dans le jeu » pour sauvegarder toute la communauté chrétienne d'Irak.

Revenant sur l'attentat tragique de dimanche perpétré par la branche irakienne d'Al Qaeda, Mgr Casmoussa a estimé que c'était l'une des rares fois où un attentat contre des chrétiens était revendiqué.

« Je crois que les retombées de cette tragédie seront très lourdes sur les chrétiens d'Irak », a-t-il ajouté en évoquant un véritable « carnage ». « Pour notre communauté chrétienne, c'est vraiment une catastrophe humaine et religieuse », a-t-il dénoncé. « Ça va semer la panique ».

Malgré tout, « nous continuons de tendre la main pour le dialogue, pour la convivialité, pour travailler ensemble, pour oublier le passé, pour dépasser nos peines », a-t-il ajouté.

Mgr Casmoussa a aussi estimé que les autorités ne faisaient pas tout leur possible pour défendre les chrétiens d'Irak. On attend la mise en place « d'une politique de paix et de tranquillisation », a-t-il affirmé.

« Il y a une volonté de liquider l'affaire », a-t-il dénoncé en déplorant que les journalistes soient tenus à l'écart depuis le tragique attentat de dimanche.

D'autre part, « les règles doivent changer pour donner les mêmes droit aux chrétiens qu'à tous les autres citoyens ». « Il doit y avoir un projet national pour construire le pays en tant que nation » et ne pas privilégier tel ou tel parti politique, a-t-il ajouté.

Mgr Casmoussa a enfin invité avec force les autorités du pays à « sécuriser les églises, les communautés chrétiennes, par des lois qui leur redonnent confiance dans leur pays et dans leur avenir ». « De belles paroles et de beaux discours ne suffisent pas », a-t-il insisté.

Marine Soreau