Clefs d'interprétation des événements de l'Eglise

Audience du pape François aux media, samedi 16 mars 2013

Rome, (Zenit.org) Anita Bourdin | 1242 clics

Le pape François a offert aux journalistes des clefs d’interprétation des événements de l’Eglise catholique lors de l’audience qu’il a accordée à quelque 5000 représentants des media, samedi matin, en la salle Paul VI du Vatican.

« Votre travail a besoin d’étude, de sensibilité, d’expérience, comme tant d’autres professions, mais il implique une attention particulière par rapport à la vérité, à la bonté et à la beauté », a insisté le pape.

Il a aussi fait comprendre qu’il avait compris combien ils ont dû travailler ces dernières semaines : « Au début de mon ministère sur le Siège de Pierre, je suis heureux de vous rencontrer, vous qui avez travaillé ici à Rome en cette période si intense, commencée par la surprenante annonce de mon vénéré Prédécesseur Benoît XVI, le 11 février dernier. Je salue cordialement chacun de vous. »

Le pape a exprimé ainsi ses remerciements : « Ces derniers temps, le rôle des mass media est allé toujours crescendo, si bien qu’il est devenu indispensable pour raconter au monde les événements de l’histoire contemporaine. Je vous adresse donc un remerciement spécial pour votre service compétent des jours derniers, – vous avez travaillé, hé ! vous avez travaillé ! – au cours desquels les yeux du monde catholique et pas seulement, se sont tournés vers la Ville Éternelle, en particulier vers ce territoire qui a pour « centre de gravité » la tombe de saint Pierre. Pendant ces semaines vous avez eu l’occasion de parler du Saint-Siège, de l’Église, de ses rites et traditions, de sa foi et en particulier du rôle du Pape et de son ministère. »

Le pape a indiqué la foi comme clef de lecture indispensable aux événements concernant l’Eglise catholique : « Un remerciement particulièrement chaleureux va à ceux qui ont su observer et présenter ces événements de l’histoire de l’Église en tenant compte de la perspective plus juste dans laquelle ils doivent être lus, celle de la foi. Les événements de l’histoire demandent presque toujours une lecture complexe, qui parfois peut aussi comprendre la dimension de la foi. Les événements ecclésiaux ne sont certainement pas plus compliqués que les événements politiques ou économiques ! »

Il ajoute que l’Eglise n’est pas de nature politique mais spirituelle : « Cependant ils ont une caractéristique fondamentale particulière : ils répondent à une logique qui n’est pas principalement celle des catégories, pour ainsi dire, mondaines, et justement pour cela il n’est pas facile de les interpréter et de les communiquer à un public vaste et varié. En effet l’Église, tout en étant certainement aussi une institution humaine, historique, avec tout ce que cela comporte, n’a pas une nature politique, mais essentiellement spirituelle : elle est le Peuple de Dieu, le saint Peuple de Dieu, qui marche vers la rencontre avec Jésus Christ. C’est seulement en se mettant dans cette perspective qu’on peut rendre pleinement raison de ce que l’Église catholique accomplit. »

Quant au sens du ministère de Pierre, il souligne que la clef, c’est le Christ et l’Esprit Saint: « Le Christ est le Pasteur de l’Église, mais sa présence dans l’histoire passe par la liberté des hommes : parmi eux l’un est choisi pour servir comme son Vicaire, Successeur de l’Apôtre Pierre, mais le Christ est le centre, non le Successeur de Pierre : le Christ. Le Christ est le centre. Le Christ est la référence fondamentale, le cœur de l’Église. Sans lui, Pierre et l’Église n’existeraient pas et n’auraient pas de raison d’être. Comme l’a répété plusieurs fois Benoît XVI, le Christ est présent et guide son Église. Dans tout ce qui est arrivé, le protagoniste est, en dernière analyse, l’Esprit-Saint. Il a inspiré la décision de Benoît XVI pour le bien de l’Église ; il a orienté les Cardinaux dans la prière et dans l’élection. »

« Chers amis, il est important de tenir compte de cet horizon interprétatif, de cette herméneutique, pour mettre au point le cœur des événements de ces jours-ci », a ajouté le pape François, avant de s’adresser à ceux qui cherchent à comprendre les « motivations » de l’Eglise : « De là naît avant tout un remerciement renouvelé et sincère pour les fatigues de ces jours particulièrement prenants, mais aussi une invitation à chercher à connaître toujours plus la vraie nature de l’Église, et aussi son cheminement dans le monde, avec ses vertus et avec ses péchés, et connaître les motivations spirituelles qui la guident et qui sont les plus authentiques pour la comprendre. »

Le pape a manifesté son estime du travail des journalistes en disant : « Soyez certains que l’Église, pour sa part, prête une grande attention à votre précieux travail ; vous avez la capacité de recueillir et d’exprimer les attentes et les exigences de notre temps, d’offrir les éléments pour une lecture de la réalité. Votre travail a besoin d’étude, de sensibilité, d’expérience, comme tant d’autres professions, mais il implique une attention particulière par rapport à la vérité, à la bonté et à la beauté ; et cela nous rend particulièrement proches, parce que l’Église existe pour communiquer justement ceci : la Vérité, la Bonté et la Beauté « en personne ». Il devrait apparaître clairement que nous sommes tous appelés non à nous communiquer nous-mêmes, mais à communiquer cette triade existentielle que forment vérité, bonté et beauté. »