Collège cardinalice : les 115 électeurs arrivés à Rome

Mais pas encore de date pour le conclave

Rome, (Zenit.org) Anita Bourdin | 1667 clics

Le Collège cardinalice s’est réuni deux fois en « Congrégations générales » ce jeudi 7 mars (9 h 30-12 h 30 et 17 h-19 h). Ce soir, tous les électeurs (115) étaient présents. Mais la date du conclave n’a pas été fixée : c’est « très normal, très naturel et très sage », explique le porte-parole du Saint-Siège, le P. Federico Lombardi.

La sagesse du cardinal doyen

Les cardinaux se donnent le temps de s’informer a souligné le P. Lombardi en rappelant que lorsque le conclave commence, avec 4 scrutins par jour, ils n’ont plus vraiment le temps de se parler. L’information nécessaire doit donc être acquise auparavant.

Aux rumeurs de préparation d’une messe « pro eligendo pontefice » à Saint-Pierre pour lundi prochain 11 mars après-midi ont été démenties par le P. Lombardi dont la patience devient légendaire, au point qu’un journaliste a titré « santo subito ».

Il a redit que ce temps de préparation au conclave était « fondamental » : les cardinaux « se donnent le temps », dans un situation « très neuve » ; et face aux « problèmes complexes du monde » d’une « information mutuelle ».

Il souligne qu’il est « très correct » et « très prudent » de la part du Doyen de ne pas précipiter les choses. En effet, il est « primus inter pares », mais pas « supérieur » aux autres cardinaux, il est « au service du collège cardinalice ». Il est par conséquent « très attentif à ne pas imposer son timing au collège : « avançons doucement, prudemment, pour approfondir les choses », c’est dit-il « très normal, très naturel et très sage ».

Il se garde donc d’indiquer « le terme et le temps disponible pour cette préparation » qui concerne 115 personnes !

Pour « arriver à décider de la date », il faudra « un consensus suffisant sur la conclusion de cette étape fondamentale », a ajouté le P. Lombardi.

Le conclave a un tel rythme de scrutins (4 par jour) qu'il faut prendre auparavant le temps de s'informer.

Présences matin et soir

Lors de la 5econgrégation générale de ce jeudi matin, 152 cardinaux étaient présents dont 2 nouveaux arrivés qui ont prêté serment en début de séance : un électeur, le cardinal polonais Nycz, archevêque de Varsovie, et le cardinal italien Coppa, non électeur. En tous donc, 114 électeurs étaient présents : on n’attendait plus que le cardinal vietnamien Pham Minh Man, archevêque d’Ho Chi Minh Ville, encore dans l’avion (comme indication, pour Paris, il faut plus de 13 h de vol, en vol direct).

L’après-midi, 151 cardinaux étaient présents. Deux cardinaux nouvellement arrivés ont prêté serment : le cardinal vietnamien Jean-Baptiste Pham Minh Man (électeur) et le cardinal Adam Joseph Maida (Etas-Unis, 82 ans, non électeur).

Les 115 cardinaux électeurs sont désormais tous arrivés à Rome. La séance a été l’occasion de 16 interventions, comme le matin, soit en tout, aujourd’hui 32 interventions, et depuis lundi,  83 interventions, lors de 6 sessions, soit une prise de parole de plus de la moitié des cardinaux.

Décisions jeudi matin

La « Congrégation particulière » qui est renouvelée tous les 3 jours par tirage au sort pour assister le Camerlingue compte à partir de ce jeudi les cardinaux Béchara Raï (Liban), Monsengwo (RDC), De Paolis (Italie).

Le cardinal doyen, Angelo Sodano, a lu un message adressé au nom du collège des cardinaux au gouvernement du Venezuela à l'occasion de la mort du président Chavez. C’est l’usage que le pape adresse un message pour la mort d'un Chef d'Etat, a rappelé le P. Lombardi.

Ce matin 16 cardinaux sont intervenus, dont 3, comme prévu par le Constitution Pastor Bonus, représentant les dicastères financiers du Versaldi (Préfecture des affaires économiques), Calcagno (APSA), Bertello (Gouvernorat).

Selon « Pastor Bonus » en effet (n. 71), la Chambre apostolique présidée par le Camerlingue doit fournir au collège cardinalice les informations nécessaires sur l’état du patrimoine du Saint-Siège qu’il a la mission de préserver.

Chaque année, ces finances font l’objet d’une communication – avec des bilans complets – de la part des 15 cardinaux de la Commission ad hoc, en juillet. Le bilan aujourd'hui, est limité, synthétique.

Les interventions du matin

Les 16 interventions ont porté sur des thèmes analogues à ceux des interventions précédentes: évangélisation, engagement dans le monde, dicastères, rapports avec les évêques, profil du pape, unité des chrétiens, pauvreté et engagement charitable.

Ils ont aussi réfléchi à la renonciation, un thème qui n’échappe pas à leur « considération » mais ne touche pas de façon déterminante leur tâche fondamentale qui est d’élire le successeur de Benoît VI.

On pourrait penser que 16 interventions, c’est peu, mais il faut compter, a fait observer le directeur de la salle de presse du Saint-Siège que les cardinaux ont aussi une pause de plus d’une demi heure pour des échanges plus personnels qu’il qualifie d’ « intenses ».

L’autorité, pendant la vacance du Siège apostolique est exercée par les cardinaux de façon collégiale, sous la présidence du Doyen et du « Doyenné » (vice-doyen, secrétaire).

La communication du collège

C’est aussi sous cette autorité, précise le P. Lombardi, qu’il met au point la communication quotidienne : il a demandé à assister aux assemblées aussi pour assurer cette information de façon plus adéquate, tout en préservant le secret demandé sur qui dit quoi.

Il vérifie donc avec le Doyen ce qu'il peut dire : sa présence a été approuvée par l'assemblée.

Il a lui-même prêté serment de réserve. Quant aux cardinaux, a-t-il précisé, il y a en quelque sorte deux niveaux de « secret » : un secret de « très haut niveau » pour le conclave, et un niveau « sérieux » pour les congrégations cardinalices, mais ce dernier est parfois « interprété avec plus d'élasticité », ce qui explique par exemple la communication des cardinaux des Etats-Unis, les premiers jours des congrégations.

Les cardinaux en assemblée peuvent aussi se donner des règles de secret plus sérieux: en 2005, il avaient adopté la décision de ne plus donner d'interviews.

Mais si un cardinal laisse filtrer des informations ? Pas d’excommunication  latae sententiae (en quelque sorte ipso facto), pour le personnel qui assiste les cardinaux, si.