Colombie : L’Eglise mène campagne pour les femmes enceintes

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ROME, Mercredi 30 janvier 2008 (ZENIT.org) - La Conférence épiscopale de la Colombie (CEC) réaffirme que les campagnes du ministère de la protection sociale doivent aider les femmes « à affronter de manière plus positive leur grossesse, et non les conduire à sacrifier la nouvelle vie qui grandit en elles ».

Le président de la CEC, Mgr Luis Augusto Castro Quiroga, précise que la vie est « une valeur non négociable, une valeur qui intéresse aussi les enfants conçus mais pas encore nés ».

Mgr Castro Quiroga souligne qu'il faut réaffirmer la valeur de la vie « face à cette campagne ambiguë que mènent, selon lui, le ministère de la protection sociale et différentes ONG qui se disent soucieux du bien-être de la femme, ce qui est important, mais se montrent totalement indifférents au sort de l'enfant à naître ».

« Il est vrai qu'il y a des réponses apparemment faciles et efficaces, mais, bien que celles-ci soient légales car approuvées par la cour constitutionnelle, elles sont éthiquement condamnables dans la mesure où elles portent atteinte à la vie d'être humains innocents », explique-t-il.

« Cette tentative de vouloir créer la confusion chez la femme en matière d'éthique, de vouloir influencer sa conscience en encourageant, par le biais des médias, une attitude plus indulgente pour répondre à la nécessité d'obtenir de meilleurs résultats en matière d'avortement nous paraît tout simplement absurde, surtout si cela conduit à la tentation de vouloir légaliser toute sorte d'avortement », ajoute-t-il.

L'archevêque de Tunja affirme que la vie, dans le sein de la mère « constitue un test pour chaque démocratie, son épreuve du feu. Une personne démocratique doit être le plus grand et le plus enthousiaste défenseur de ceux qui ne peuvent se défendre eux-mêmes, des personnes plus faibles, qu'il s'agisse de la femme victime d'abus que de l'enfant à naître, et non les mettre l'une contre l'autre ».

« Nous sommes étonnés par certaines décisions administratives, vraiment éclatantes, qui ont été prises sur certaines questions liées à la santé sexuelle et reproductive ; par exemple la décision d'inclure la pilule du lendemain et les préservatifs gratuits dans le Plan de santé obligatoire, précise l'archevêque. Un ‘zèle' qui nous surprend alors que nous sommes tous témoins des graves problèmes que vit notre pays dans le domaine de la santé ».

L'annonce a été faite à Bogotá lors de la séance inaugurale de l'assemblée des évêques et des archevêques catholiques de Colombie, en cours jusqu'au 1 février sur le thème « La mission de la femme dans l'Eglise et dans la société ».

Pour Mgr Castro Quiroga « la participation de la femme à la pastorale est énorme et mérite la meilleure des assemblées, en signe de gratitude, d'appréciation et d'encouragement à poursuivre sa vie ministérielle dans l'Eglise, comme disciple et missionnaire de Jésus Christ pour qu'en Lui nos peuples trouvent la vie ».

Il souhaite qu'elle « continue à montrer sa créativité de constructrice de paix et de justice pour permettre à la femme de tenter de sortir de sa situation précaire actuelle, qui est sans limites. L'Organisation Mondiale de la santé reconnaît que 70% des 1,2 milliard de personnes qui vivent dans la pauvreté - ces êtres humains dont l'existence dépend de moins d'un dollar par jour - sont constitués de femmes ».

« Les femmes sont à la tête de 80 à 90 % des familles pauvres du monde, et dont seulement 1% d'entre elles sont propriétaires de leur terre. Ces femmes représentent les deux tiers de la population analphabète mondiale. Ceci s'appelle la ‘féminisation de la pauvreté », souligne-t-il.

« En tant qu'évêques nous venons à cette assemblée pour écouter la femme chrétienne, ses joies et ses espoirs, ses frustrations et ses désirs ; pour mieux capter les profonds changements qui touchent la femme d'aujourd'hui et pour être solidaires avec toutes les réponses qui de l'Evangile et d'Aparecida peuvent être dessinées, dans une fraternelle collaboration, au bénéfice de la femme colombienne qui vit et se bat pour la vie, pour l'Eglise et pour la société », conclut-il.