Colombie : Le pape prie pour ceux qui ont été cruellement privés de liberté

Audience de Benoît XVI au nouvel ambassadeur de Colombie près le Saint-Siège

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ROME, Mardi 19 octobre (ZENIT.org) - Benoît XVI a condamné toute sorte de violence et a souhaité prier pour tous ceux qui ont été privés de liberté en Colombie.

Le pape a reçu, le 18 octobre, le nouvel ambassadeur de Colombie près le Saint-Siège, César Mauricio Velásquez Ossa, venu lui présenter ses lettres de créance.

Dans ce pays où sévissent les FARC - Forces armées révolutionnaires de Colombie -, responsables de nombreux enlèvements, le pape a assuré ceux qui « ont été injustement et cruellement privés de liberté », de sa « proximité spirituelle » et de ses « prières ».

« Je prie aussi pour leurs proches et, en général, pour les victimes de la violence sous toutes ses formes, suppliant Dieu de mettre fin à tant de souffrances, afin que tous les Colombiens puissent vivre réconciliés et en paix sur cette terre bénie », a-t-il affirmé.

Dans son discours, Benoît XVI a aussi évoqué le bicentenaire de la révolution qui a conduit à l'indépendance du pays et à la proclamation de la République. « Je suis certain que cet anniversaire significatif sera une occasion unique pour accueillir les leçons que l'histoire nous offre, pour intensifier les initiatives et les mesures afin de consolider la sécurité, la paix, la concorde et le développement intégral de tous vos concitoyens et de regarder avec sérénité et espérance l'avenir qui s'approche ».

Evoquant ensuite le « patrimoine spirituel » de la Colombie, pays catholique à 90 %, le pape a souhaité que l'Eglise, dans le cadre du bicentenaire, « continue à offrir le meilleur d'elle-même au peuple colombien ».

« L'Eglise en Colombie n'exige aucun privilège », a-t-il affirmé. « Elle aspire seulement à pouvoir servir les fidèles et tous ceux qui lui ouvrent les portes de leur cœur, la main tendue et toujours disposée à renforcer tout ce qui encourage l'éducation des jeunes générations, le soin des malades et des personnes âgées, le respect pour les peuples indigènes et leurs traditions légitimes, l'éradication de la pauvreté, le trafic de drogue et la corruption, l'attention pour les détenus, les réfugiés, les émigrants et les travailleurs, tout comme l'assistance aux familles dans le besoin ».

Dans le cadre de la collaboration entre le Saint-Siège et la Colombie, le pape a souhaité rappeler l'importance, pour l'Eglise, « de protéger et de promouvoir la dignité inviolable de la personne humaine, pour laquelle il est fondamental que l'ordre juridique respecte la loi naturelle dans des domaines aussi importants que la sauvegarde de la vie humaine, de sa conception jusqu'à son terme naturel, le droit de naître et de vivre dans une famille fondée sur le mariage entre un homme et une femme, et le droit des parents de donner à leurs enfants une éducation en accord avec leurs critères moraux ou leurs croyances ».

« Tout cela constitue les piliers irremplaçables dans l'édification d'une société vraiment digne de l'homme et des valeurs qui lui sont consubstantielles », a-t-il poursuivi.

Après une carrière de journaliste dans différents organes de presse, le nouvel ambassadeur de Colombie près le Saint-Siège, a notamment été doyen de la faculté de communication sociale et de journalisme auprès de l'université de La Sabana (1999-2007). Agé de 44 ans, il a ensuite été secrétaire du Bureau de presse de la présidence de la République (2007-2010). Il est l'auteur de nombreux livres et articles sur journalisme et éthique, sur le terrorisme, la communication et la sécurité.

Marine Soreau