Commentaire des lectures du dimanche 21 juillet 2013

XVIème Dimanche du Temps Ordinaire - Année C

Rome, (Zenit.org) Congrégation pour le clergé | 1163 clics

XVIème Dimanche du Temps Ordinaire - Année C

Citations:

Gn 18,1-10a:               www.clerus.org/bibliaclerusonline/fr/9abtfsr.htm   

Col 1,24-28:                  www.clerus.org/bibliaclerusonline/fr/9bfdofa.htm  

Lc 10,38-42:                 www.clerus.org/bibliaclerusonline/fr/9b0xucj.htm   

Les lectures de la Liturgie de la Parole d’aujourd’hui nous induisent à considérer le mystère de la révélation de Dieu et de la réponse de l’homme à celle-ci, une réponse suscitée par la grâce qui est la foi. Dans la première lecture, Abraham reçoit la visite de trois mystérieux personnages. On sait que, pour différents commentateurs classiques, il s’agit d’une évidente anticipation de la révélation trinitaire, laquelle s’accomplira dans le Nouveau Testament. Pour d’autres auteurs – Saint Augustin, par exemple – seule l’identité de l’un des trois personnages correspondrait à celle de Dieu, c’est-à-dire du Verbe, étant donné que les deux autres personnages sont tout simplement des anges qui accompagnent le premier (interprétation préférable en considération de la suite du texte biblique, même si les  deux interprétations pourraient s’harmoniser).

Au-delà de ces remarques, l’essentiel du récit consiste en une théophanie, en une manifestation de Dieu. Ce n’est pas l’homme qui parvient à ouvrir une brèche dans les nuages pour s’emparer de la connaissance de Dieu. C’est Dieu qui se révèle à l’homme. Ce qui n’empêche pas que la philosophie ait trouvé des voies raisonnables pour démontrer l’existence de Dieu et certains de ses attributs ; mais la pleine connaissance de Dieu, dans les limites où cette connaissance est possible en cette vie, est offerte par Dieu seul, de manière surnaturelle (révélation divine).

La seconde lecture confirme tout cela en examinant la catégorie du « mystère ». Dans son Epître aux Colossiens, Saint Paul décrit son ministère comme une « mission que le Seigneur m’a confiée auprès de vous afin d’accomplir la parole de Dieu, le mystère caché de tout temps et dans tous les âges, mais révélé maintenant à ses saints à qui Dieu a voulu faire connaître la glorieuse richesse de ce mystère parmi les peuples : le Christ en vous, espérance de la gloire ». Dans le langage commun d’aujourd’hui, le mystère indique une connaissance obscure, ésotérique. Cependant, dans les Ecritures, les choses sont différentes. Certes, St Paul nous dit que la parole de Dieu est un mystère caché depuis des siècles, mais il ajoute immédiatement : « révélé maintenant ». À qui ? « À ses saints », c’est-à-dire à ses fidèles. C’est à eux que Dieu a voulu  faire connaître ce mystère parmi les peuples dans la Personne de Jésus-Christ. Concernant le mystère dans le Nouveau Testament, il faut d’abord remarquer ceci : il ne s’agit pas d’une connaissance ésotérique et encore moins d’une non connaissance, mais d’une connaissance à laquelle on ne peut arriver que si Dieu l’accorde d’en-haut. Et Dieu a fait cette concession d’une manière parfaite dans le Christ, le Verbe incarné.

On peut relever un autre aspect. Dans la mentalité commune on peut penser que du moment qu’un mystère est révélé, il n’est plus tel. Avant, il s’agissait d’un mystère, c’est-à-dire de quelque chose de secret, mais maintenant qu’il a été révélé ce mystère a disparu. Mais St Paul nous enseigne quelque chose de différent. L’Apôtre nous dit que maintenant le mystère a été révélé aux saints. Il ne dit pas : ce qui autrefois était un mystère ne l’est plus aujourd’hui parce qu’il a été dévoilé. Il nous dit au contraire que l’objet de ce dévoilement est précisément le mystère, qui est dévoilé en tant que tel. En d’autres termes, la révélation de Dieu n’élimine pas le caractère mystérieux de Dieu, mais le propose de nouveau. Le mystère de Dieu, qui d’abord était caché, est désormais connu justement en tant que mystère. Et le contenu de cette révélation est Dieu en lui-même et son projet concernant le monde et l’homme. Un projet qui trouve son apogée et son accomplissement définitif en Jésus-Christ, mystère central et fondamental de la parole et de l’action de Dieu dans le temps.

On peut résumer tout ce qui précède avec la formule : « À. Dieu qui se révèle est due  l’obéissance de la foi» (Conc. Vat.II, Dei Verbum, n. 5). L’homme en tant que destinataire de la révélation surnaturelle et gratuite de Dieu, est récepteur, ou auditeur, de la parole du Seigneur. Dans une lettre à une fille spirituelle, le Docteur de l’Eglise Saint Jean d’Avila affirme : « Si tu as bien écouté ce que nous avons dit jusqu’ici, tu t’es rendu compte à quel point il nécessaire d’être à l’écoute afin de plaire à Dieu notre Seigneur » (Audi filia chap.56).

L’écoute de Dieu, attitude fondamentale du chrétien, est soulignée enfin également dans la page de l’Evangile d’aujourd’hui qui raconte l’épisode de Marthe et de Marie. Certes, le service plein d’amour de Marthe est apprécié et béni, mais l’attitude de Marie qui écoute est encore plus importante. On a tendance à voir une opposition totale entre les deux attitudes, sans doute différentes, des deux sœurs. Il faut remarquer cependant que la faute de Marthe n’a pas été de servir Jésus de façon concrète, de même que le mérite de Marie n’a pas été de rester assise à ses pieds sans rien faire. Le mérite de Marie a été d’écouter. Marthe aurait pu sans doute se consacrer vertueusement aux occupations domestiques si dans le même temps elle avait aussi écouté le Maître. Le reproche de Jésus ne concerne pas le fait que Marthe travaille (dans une parabole de l’Evangile, un maître reproche à certains de ses ouvriers journaliers « de ne rien faire de toute la journée », cf. Mt 20,6). Le Maître reproche à Marthe de travailler en ayant fermé ses oreilles à la parole de Dieu. Il existe sans doute différentes vocations et différentes occupations dans l’Eglise. Ce qui compte, c’est de les accomplir en restant toujours à l’écoute du Seigneur.